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Le Collège Champlain craint pour sa survie

Article publié par La Tribune - Viatka Sundborg

17 mai 2021 - Le gouvernement Legault met en péril la survie des cégeps anglophones en réduisant le nombre d'admissions des étudiants francophones, dénonce la direction du Collège Champlain.

« Les politiciens ne cessent de marteler que ce n'est pas une attaque aux communautés anglophones. Mais concrètement, en limitant le nombre d'admissions dans les collèges anglophones, le gouvernement provincial limite du même coup notre financement ce qui entrainera forcément une diminution des services pour l'entièreté de la communauté collégiale », explique Nancy Beattie, directrice du campus de Lennoxville au Collège Champlain.

Le président de l'association étudiante du Collège Champlain partage les inquiétudes de Mme Beattie. « De mon point de vue c'est quand même extrême comme proposition. Pour le Collège Champlain, cette nouvelle mouture c'est la mort de notre collège », craint Jérémy Girard, en ajoutant que cette proposition représente un changement drastique du nombre d'étudiants admis.


Au-delà des inquiétudes financières qu'engendre ce projet de loi, plusieurs membres de la communauté collégiale de Lennoxville déplorent les effets néfastes que pourrait avoir le projet de loi 96 sur l'apprentissage des étudiants collégiaux.

« J'ai fait mon primaire et mon secondaire en français. J'ai décidé de m'inscrire dans un cégep anglophone pour parfaire mon anglais puisque c'est très pratique pour voyager et un atout pour ma future carrière. Je n'ai pas arrêté d'utiliser ma langue maternelle pour autant. Mes études poste-secondaire anglophones sont plutôt un complément à mon éducation francophone qu'une menace pour celle-ci », témoigne Antoine Jacques, étudiant de troisième année en Sciences humaines profil criminologie au collège anglophone.

« Dans les cégeps anglophones, c'est d'abord l'anglais qui est enseigné et le français un peu délaissé et vice versa dans les cégeps francophones. Il n'y a pas de juste milieu et c'est ça l'injustice pour les étudiants qui sont d'abord francophones. C'est cette iniquité qui doit être adressée afin de répondre aux besoins réels des étudiants collégiaux. Chose que la nouvelle mouture de la loi 101 ne fait pas », poursuit M. Girard, qui étudie en soins infirmiers.

La directrice du campus de Lennoxville déplore également que la CAQ impose ses décisions à des étudiants qui sont bien souvent des adultes.


« Le gouvernement veut, par cette loi, décider à la place des adultes québécois. Dans n'importe quelle sphère de la vie, outre que celle des collèges où l'on oublie que les étudiants sont pour la plupart des adultes, la société québécoise n'aurait jamais laissé passer une telle autorité du gouvernement sur des choix privés », poursuit Mme Beatti.

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