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Nommer, aimer, protéger - Des activités éducatives pour mieux comprendre la nature qui nous entoure

Photo: Lise Gobeille - Des étudiants au collège Dawson font une tournée des arbres remarquables du campus.

Chronique de Lise Gobeille dans le Devoir
30 septembre 2017 - La nature est indispensable pour la santé, mais beaucoup de gens la connaissent peu aujourd’hui. Voici deux exemples d’activités éducatives qui, directement ou indirectement, cherchent à combler les lacunes. La première est une idée originale de deux professeurs du collège Dawson : apprendre le français, langue seconde, en faisant un parcours guidé des arbres remarquables avec une passionnée des arbres. Et il y a les activités scientifiques offertes par le Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE) dans les écoles et les parcs nature de Montréal.

L’hortithérapie, l’insertion sociale par l’horticulture, la santé grâce à la pratique du jardinage, c’est connu, mais l’apprentissage du français avec les arbres, c’est une première. Et une bonne idée.

D’abord, on sait à quel point les membres des nouvelles générations sont plus captivés par leur écran que par l’observation des arbres quand ils circulent dans la rue. Puis, une telle visite permet d’acquérir un vocabulaire scientifique et d’apprendre à reconnaître et à nommer les arbres.

Cette idée est venue de l’enthousiaste professeur Christian Paré et de sa collègue Leila Safi, du Département de français au collège Dawson. Tous deux enseignent le français langue seconde, et l’arbre était le thème principal pour les sciences cette année. Les étudiants ont lu L’homme qui plantait des arbres, de Frédéric Back, et des poèmes sur l’arbre de Paul-Marie Lapointe. De plus, ils devaient présenter un arbre proche de chez eux.

Puis, ils ont pensé requérir les services de Suzanne Hardy pour faire une tournée des arbres remarquables du campus et dans le quartier Westmount. « Plus on est capable de nommer facilement ce que l’on voit, plus on se l’approprie, souligne Christian Paré. Et nommer donne le goût de protéger. »

Arbres remarquables

Premier arrêt : un gigantesque chêne blanc dans le parc Queen-Elizabeth devant le collège. « Ce dernier doit avoir au moins 100 ans, c’est une espèce rare et non exploitée commercialement, explique Suzanne Hardy. Regardez son extraordinaire tronc et sa ramure : cet arbre a pu atteindre son plein développement, car il est dans un parc. Remarquez aussi que le chêne conserve une partie de ses feuilles pendant l’hiver. »

Deuxième arrêt : un ginkgo biloba, rue Wood. « Celui-là aussi a au moins 100 ans, précise-t-elle. Introduits par des architectes-paysagistes des États-Unis, les ginkgos sont cultivés à Montréal depuis la fin du XXe siècle. Ces arbres très anciens étaient présents sur Terre avant les dinosaures. Observez bien l’écorce fissurée et la silhouette différente de celle du chêne. » Comme on peut le remarquer, notre guide prend plaisir à mélanger l’histoire et la botanique. Et ainsi de suite, jusqu’à notre retour sur le terrain du collège.
Photo: Lise Gobeille Des étudiants au collège Dawson font une tournée des arbres remarquables du campus.

Ici, elle souligne que c’est le fameux architecte-paysagiste Frederick Gage Todd, celui qui a réalisé notamment le parc des Champs-de-Bataille à Québec, qui en a fait l’aménagement. « Il aimait mettre en valeur les arbres indigènes », illustre-t-elle en désignant un caryer cordiforme, qui d’ailleurs se couvrira d’or très bientôt. La visite terminée, les étudiants semblent contents, et les professeurs referont l’activité en 2018.

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