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Association des cadres des collèges du Québec

Lumière sur les cadres des cégeps

Inspirer des gestionnaires en les amenant sur le terrain du football peut surprendre. Matthieu Proulx, ex-joueur de football professionnel, diplômé en droit et analyste sportif, avait beaucoup à partager sur la force du nombre lors de la 2e Journée des cadres des cégeps. Sa conférence a illustré l’importance du travail d’équipe, de la confiance et du leadership partagé pour atteindre des objectifs communs. Comme quoi, dans un réseau qui incarne la collégialité, l’expertise de chacun et le travail d’équipe peuvent transformer des idées ordinaires en résultats extraordinaires.

Par Thérèse Lafleur, rédactrice

Une journée pour reconnaître et inspirer

Le 30 avril 2026, le Cégep de Rosemont, accueillait la 2e Journée des cadres des cégeps. La rencontre a été amorcée par une capsule vidéo saluant le travail de ces gestionnaires. Dans cette présentation, la ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron souligne l’engagement quotidien, leur professionnalisme et leur contribution essentielle. « Vous créez des conditions nécessaires au bon fonctionnement de nos établissements. Dans un réseau aussi vaste et diversifié que le nôtre, cette intelligence collective est une force inestimable. »

Mélanie Jo Lacerte, présidente de l’Association des cadres des collèges du Québec (ACCQ) y témoigne aussi que « dans un contexte en constante transformation, vous faites preuve d’une grande rigueur, d’une capacité d’adaptation remarquable et d’un profond dévouement envers vos équipes et vos milieux. »

Ensemble, vous bâtissez des milieux de travail dynamiques, humains et tournés vers l’avenir.Marie Montpetit, présidente-directrice générale, Fédération des cégeps

Sur place, le mot de bienvenue est revenu à la présidente-directrice générale de l’ACCQ, Stéphanie Poissant. Elle a rappelé les initiatives de l’ACCQ, notamment la série de balados Gérer dans un monde pluriel.

Caroline Roy, directrice générale du cégep hôte, a pris le relai pour remercier celles qui ont pris en main l’accueil à Rosemont : Geneviève Courcy, directrice adjointe des études et Marie-Claude Bastien, directrice adjointe des études par intérim. Madame Roy a insisté sur l’importance d’affirmer constamment que les cégeps sont agiles et en mesure d’affronter des enjeux inédits.

Optimiser son équipe

Dans sa conférence Vers l’excellence collective : les clés de la performance en équipe, Matthieu Proulx montre les voies à privilégier pour performer ensemble.

« Le travail d’équipe est un sujet qui me passionne parce que j’ai constaté que les grandes choses se réalisent en équipe. Dans mes conférences, je parle de football parce que, pour moi, c’est le sport ultime d’équipe. Pour opérer au football, une équipe compte plus de 80 joueurs, une quinzaine d’entraîneurs, des soigneurs et du personnel administratif. Les joueurs de 5 pieds/150 livres et ceux de 6 pieds/400 livres ont la même valeur dans l’équipe, mais des rôles très différents. Tout le monde compte l’un sur l’autre et si personne ne fait sa tâche, l’équipe au complet se plante. Alors, le football est un bon véhicule pour illustrer le travail d’équipe, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. »

Monsieur Proulx identifie six clés pour mener à bien le travail d’équipe, soit :

  1. être capable d’utiliser ses ressources ;
  2. viser un objectif commun fort et partagé ;
  3. exercer un leadership fort ;
  4. avoir un fonctionnement clair et agile ;
  5. connaître et accepter son rôle ;
  6. maintenir une communication ouverte.

Pour l’exemple, il relate son passage du football collégial au Rouge et Or de l’Université Laval, de joueur vedette au collégial à joueur recru à l’université. Comment il a dû faire ses classes avant d’être partie prenante de l’équipe et en saisir la culture. « J’ai observé mes coéquipiers, posé des questions, étudié les vidéos et les cahiers de jeux. Et les gens qui étaient là depuis longtemps m’ont donné des réponses, m’ont épaulé et m’ont guidé. »

En se référant aux petites unités au football, monsieur Proulx insiste sur l’importance de la cohésion entre les membres de ces petites unités. Travailler ainsi permet de dégager des pistes pour aborder plus largement l’adversaire. « En démontrant notre engagement pour l’équipe et en ne s’investissant pas seulement pour notre petite unité, les entraîneurs ont perçu différemment nos propositions. J’ai aussi appris qu’un match ne se gagne pas le dimanche, mais dans la semaine de préparation. »

Mais quand les choses tournent mal, comment attaquer l’adversité ? Selon monsieur Proulx, il faut confronter. « Confronter, coacher, enseigner, corriger, critiquer, dites-le comme vous voulez, c’est une forme de confrontation. » Et lors de confrontation, trois réactions sont possibles. « Freeze, Flight, Fight » explique-t-il. « Freeze, c’est quand on est pris de court devant une situation, on fige. Flight arrive quand on quitte quand la situation ne fait pas notre affaire, on s’en va. Fight signifie que l’on comprend la situation et qu’on corrige le tir, on relève le défi. » En somme, pour obtenir le meilleur de chacun, il faut peser ces trois réactions à la confrontation envisagée pour savoir intervenir avec justesse.

Et quand une équipe est soudée et qu’elle partage un objectif commun, le succès est au rendez-vous selon monsieur Proulx. « Si on est aligné sur la mission, que c’est bien exprimé et surtout rappelé régulièrement, cela justifie les décisions et les directions qu’on va prendre ensemble. Au football, au lieu de voir seulement le trophée comme objectif ultime, nous avions des objectifs intermédiaires. »

Quand tout le monde rame dans la même direction, le navire est très difficile à arrêter.

Monsieur Proulx considère avoir tiré des leçons importantes de son football universitaire, soit la capacité d’utiliser les ressources ». Selon lui ce n’est pas nécessaire de briser les barrières, mais surtout d’éviter de travailler en silo. Il valorise le mélange jeunes vétérans et insiste sur la nécessité d’un bon leadership pour que chacun donne le meilleur de lui-même. Plus crucial encore, c’est l’obligation d’avoir un objectif commun fort et partagé. « J’ai aussi réalisé qu’en s’entourant de gens forts, on devient meilleur. »

Son parcours au football l’a amené à jouer sous la gouverne de différents leaders. « En présence d’un leader autoritaire, cela fonctionne bien au départ parce que le cadre est très très clair. Mais tranquillement les gens vont se sentir exclus, se démotivent et sous-performent. Un type de leader directeur-entraîneur veille à trouver les bons ingrédients pour former l’équipe sans nécessairement savoir “coacher”. C’est l’entraîneur-chef qui doit connaître la recette pour que ça fonctionne. C’est son approche de “coach” qui crée la chimie. » précise monsieur Proulx.

Selon lui, un vrai leader sait faire rayonner les autres et prendre le blâme s’il y a lieu. « C’est important de comprendre que le leadership s’exerce non seulement de haut en bas, mais de bas en haut ou avec les pairs. Il faut avoir l’humilité de reconnaître ses angles morts. Et le contact humain est essentiel afin de connaître la personne avant le professionnel. Communiquer son objectif et savoir écouter entrent en jeu. C’est ce qui distingue les grands leaders. »

Un leadership de qualité suppose aussi un fonctionnement clair, mais agile des équipes. Il mise sur l’efficacité. Un gestionnaire doit connaître son rôle et savoir trancher un débat, quitte à déplaire.

Enfin, il faut être capable de se parler, de dire les vraies choses et de s’encourager. « Si on ne communique pas bien, aucune autre clé ne fonctionne. » affirme monsieur Proulx.





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