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Antidote au cégep pour faire baisser les échecs en français?

Article publié par Le Journal de Québec - Daphnée Dion Viens
 

Plus du quart des étudiants échouent en orthographe

13 septembre 2021 - Les cégeps plaident pour le recours à un logiciel de correction lors de l'épreuve uniforme de français, alors que plus du quart des cégépiens n'obtiennent pas la note de passage en orthographe à cet examen dont la pertinence est remise en question.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann a annoncé récemment la création d'un groupe de travail qui de proposer des solutions afin d'améliorer la qualité du français au collégial, puisque les résultats «ne sont pas à la hauteur», a-t-elle affirmé.

Selon les derniers résultats disponibles, 27,1% des cégépiens qui passent l'épreuve uniforme de français échouent au sous-critère «orthographe d'usage et orthographe grammaticale». 

Toutefois, plusieurs autres critères font partie de la grille d'évaluation si bien que le taux d'échec global est moins élevé, se situant à 16,7% (voir détails plus bas). La réussite de cette épreuve de français est obligatoire pour obtenir le diplôme d'études collégiales.

Logiciel de correction

Pour améliorer la qualité du français au collégial, la Fédération des cégeps propose de mettre en place différentes mesures, dont l'enseignement explicite de stratégies de révision et de correction de texte dans les cours de français.

L'utilisation d'un logiciel de correction devrait aussi être enseignée en classe et même autorisée pour tous les étudiants lors de l'épreuve uniforme de français, peut-on lire dans un document présentant des pistes d'action pour augmenter la réussite des cégépiens.

Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, se défend de niveler par le bas en mettant au jeu une telle proposition. Le logiciel de correction peut «être utilisé comme un moyen d'apprentissage» et non pas comme une «béquille», affirme-t-il. 

M. Tremblay compare les réticences entourant le recours à un logiciel de correction en classe au débat sur la calculatrice, il y a plusieurs années. «Je pense qu'on peut apprendre à compter et apprendre à utiliser une calculatrice», illustre-t-il.

Autoriser l'utilisation d'un logiciel de correction lors de l'épreuve uniforme de langue ne mènerait pas vers la réussite automatique des critères de maîtrise de la langue, puisqu'un logiciel comme Antidote exige tout de même une compréhension des règles de grammaire, ajoute M. Tremblay. 

Une épreuve à repenser

Le représentant du réseau collégial remet par ailleurs en question la pertinence de cette épreuve de français, sans aller toutefois jusqu'à réclamer formellement son abolition. 

«Plusieurs questionnent la pertinence actuelle de cette épreuve-là. Je pense qu'à partir du moment où il y a un comité d'experts qui réfléchit à la question du français au collégial, tout doit être sur la table», affirme M. Tremblay.

Le cégep est le seul ordre d'enseignement où la réussite d'un examen de français s'ajoute à la réussite des cours de français comme exigences pour l'obtention du diplôme.

«Est-ce nécessaire? Il faut au moins se poser la question», laisse-t-il tomber, tout en réclamant une réflexion plus large sur le rôle du collégial dans la maîtrise du français.

«C'est un leurre de penser qu'un étudiant qui sort du secondaire devrait avoir acquis une maîtrise parfaite du français. Il faut travailler sur le fait qu'il y a une poursuite de l'apprentissage du français au cégep. Ça veut dire qu'il faut revoir notre approche pour l'épreuve uniforme de langue (...) pour la voir dans une perspective plus constructive et moins pénalisante», ajoute-t-il.

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