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Le contingentement dans les cégeps anglophones divise

Article publié par Le Devoir.com - Zacharie Goudreault

Le Collège Dawson, le Cégep John Abbott et le Collège Vanier, tous basés sur l'île de Montréal, ont uni leurs voix vendredi pour réagir au projet de loi 96.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

15 mai 2021 - L'intention du gouvernement Legault de mettre en place une forme de contingentement dans les cégeps anglophones afin d'assurer la protection de la langue française soulève l'ire d'établissements postsecondaires qui opèrent dans la langue de Shakespeare, tandis qu'un syndicat y voit plutôt un moyen d'assurer « un meilleur équilibre » entre le réseau collégial francophone et anglophone de la province.

Le projet de loi 96, présenté jeudi par le gouvernement Legault, prévoit une panoplie de mesures visant à assurer la protection de la langue française comme « langue officielle et commune » de la province. Parmi celles-ci, on compte la mise en place d'un gel de la proportion des étudiants dans les cégeps anglophones à au plus 17,5 % de toutes les places disponibles dans l'ensemble du réseau collégial de la province. Le projet de loi prévoit aussi des mesures pour limiter la croissance annuelle du nombre de places disponibles dans les collèges anglophones du Québec.

Par voie de communiqué, le Collège Dawson, le Cégep John Abbott et le Collège Vanier, tous basés sur l'île de Montréal, ont uni leurs voix vendredi pour réagir au projet de loi 96. Tout en reconnaissant l'importance de protéger la langue française dans la province, les directeurs généraux de ces trois établissements dénoncent la mise en place proposée de « plafonds d'inscriptions » dans le réseau collégial anglophone de la province.

« Il est important pour nous de souligner que nous croyons que la décision de plafonner les inscriptions exclusivement pour les cégeps anglophones aux niveaux actuels ne répondra pas aux désirs de nombreux jeunes Québécois (es) de fréquenter nos établissements. Par ailleurs, de nombreux parents d'ici souhaitent que leurs enfants deviennent bilingues dans un Québec français », écrivent-ils. Les trois établissements entendent ainsi poursuivre leurs « discussions » sur ce point avec le ministère de l'Enseignement supérieur, que chapeaute la ministre Danielle McCann.

« Limiter notre capacité à servir ces étudiant(e) s dans le secteur public en encouragera plusieurs à quitter la province », préviennent par ailleurs les directeurs généraux de ces trois établissements.

La Fédération des cégeps, qui regroupe 43 établissements francophones et cinq anglophones, évoque pour sa part la possibilité que ce projet de loi bénéficie aux collèges privés non subventionnés. Ces derniers, présents dans plusieurs grands centres de la province, font face à « très peu de contraintes » de la part du gouvernement Legault, contrairement aux collèges publics, souligne le président-directeur général de la Fédération, Bernard Tremblay.

Les jeunes, s'ils veulent aller dans un établissement anglophone, ils peuvent se tourner vers des collèges privés non subventionné

— Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps

Le projet de loi prévoit par ailleurs d'imposer la même épreuve uniforme de français pour l'ensemble du réseau collégial public.

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