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Le réseau des CCTT

40 ans d’innovation!

Cette année, 5 centres collégiaux de transfert de technologies (CCTT) célèbrent leurs 40 ans d’activités. Cette durée respectable démontre bien l’importance de cette structure dans le paysage du développement et de la recherche au Québec.

Réseau des CCTT – Synchronex

Les premiers CCTT ont débuté leurs activités en 1983. Ceux qui ont été des précurseurs de l’innovation au Québec sont les suivants :

  • CIMEQ, CCTT en microélectronique, Cégep Lionel-Groulx
  • Solutions Novika, CCTT en technologies physiques, Cégep de La Pocatière
  • Groupe CTT, CCTT en technologies textiles, géosynthétiques et matériaux souples, Cégep de Saint-Hyacinthe
  • Inovem, CCTT en ébénisterie et meuble, Cégep de Victoriaville
  • Merinov, CCTT en pêche, aquaculture, transformation et valorisation des produits aquatiques, Cégep de la Gaspésie et des Îles

Les 5 CCTT sont nés d’une vision voulant « permettre au collège de rayonner auprès des industries et de desservir les besoins des entreprises en termes de développement et d’innovation », explique M. Michel Lesage, directeur aux projets stratégiques et président-directeur général du Réseau des CCTT. Depuis la mise en place des centres, leur mission a un angle d’accompagnement et de recherche auprès des entreprises de leur secteur d’activités spécifiques.

Évolution du réseau

Au fil des années, les CCTT ont réussi à faire leurs preuves et ainsi aller chercher la reconnaissance de nombreuses industries, des gouvernements et du milieu de l’éducation. Ceci a eu pour impact de créer un cercle vertueux. M. Lesage mentionne que cette reconnaissance qui s’accompagne de programmes de financement a donné « accès à des leviers, des infrastructures et de l’équipement de pointe, ce qui a eu pour effet d’augmenter la pertinence des CCTT, d’accroitre leurs mandats, d’avoir accès à des chercheurs de renom, etc. C’est ainsi que le cycle de positionnement du réseau s’est implanté. »

M. Lefrançois, directeur d’Inovem donne un bel exemple d’innovation et de transfert d’un CCTT. « En 2010, Inovem a développé des procédés de finitions des produits en bois avec un faible impact environnemental. L’application de ceux-ci a été intégrée à la formation en ébénisterie afin que les entreprises puissent avoir des employés qualifiés rapidement. »

Quant à Merinov, M. Courtemanche, directeur général, explique que l’expertise développée au fil des années leur a permis de « devenir le plus grand centre intégré au Canada dans le domaine de la pêche ». D’ailleurs, ce CCTT  « a permis de positionner le Québec au niveau mondial quant à la qualité et la manière de produire et transformer les produits aquatiques ». Il est intéressant de savoir que Merinov possède 4 bureaux au Québec dans des régions éloignées ainsi que des employés en France et en Finlande.

Un aspect essentiel des CCTT est aussi le fait que les étudiants de différents domaines et niveaux d’études sont intégrés dans les activités de ceux-ci. Selon M. Lefrançois, « les CCTT sont des acteurs importants pour intéresser les jeunes à l’innovation, car ils ont un rôle à jouer dans cette transformation. »

Ces réalisations des 5 CCTT précurseurs ont démontré la pertinence de ces institutions autant au niveau de l’éducation, de l’innovation, de l’environnement que du développement économique. Un réseau a été aussi créé afin de représenter les CCTT auprès des instances gouvernementales, afin de faciliter le développement des centres. Le plus grand mandat du Réseau des CCTT est de favoriser les interactions entre les centres, ce qui aura pour effet l’actualisation des bonnes pratiques et l’établissement d’un réseau d’échanges professionnel et efficace. Tout ceci pour réaliser de grands projets collectifs.

Maintenant, le Réseau des CCTT est fier de compter 59 centres où se côtoient près de 2500 experts et chercheurs, et ce, sur l’ensemble du territoire québécois.

Souhaits pour l’avenir

Chaque CCTT a ses propres objectifs pour les prochaines années, mais tous s’entendent pour dire que leur plus grand désir est que les CCTT soient vus, perçus et reconnus à leur juste valeur. M. Courtemanche ajoute que « les CCTT devraient être reconnus comme la courroie de transmission entre le savoir fondamental et l’application industrielle, environnementale et sociale. »

Quant à M. Lesage, il espère ceci pour les CCTT : « qu’ils soient la ressource à qui on s’adresse pour travailler sur les grands enjeux sociétaux du Québec tels que : la pénurie de main-d’œuvre, le vieillissement de la population, l’autonomie alimentaire, etc. » L’assemblage des expertises issues des différents centres fera émerger des réponses puissantes à ces enjeux.

Évidemment, on ne peut passer sous silence l’aspect financier dans les souhaits. En fait, les CCTT aimeraient avoir des leviers financiers plus importants afin de passer à une autre vitesse et se concentrer sur le développement, la concertation et l’innovation plutôt que sur la recherche de financement.

Les CCTT ont changé le paysage de la recherche appliquée au Québec au cours des 40 dernières années. Ils ont su, avec persévérance, démontrer leur pertinence et cohérence dans la recherche appliquée, la transformation et la valorisation des savoirs.

Pour en apprendre davantage sur ces CCTT :