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Les services aux élèves et la liberté d’enseignement menacés, dénonce la FNEEQ
Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale - Le Devoir
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La FNEEQ accuse la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, d’ingérence dans le contenu de cours sur la Palestine donnés aux cégeps Dawson et Vanier.
Ce texte fait partie du cahier spécial Syndicalisme
En raison des compressions de 151 millions de dollars dans le réseau collégial, plusieurs services aux élèves risquent d’être réduits à la rentrée, à la suite de l’abolition de postes, dénonce la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ). L’organisation syndicale craint aussi pour l’avenir de la liberté d’enseignement au sein des cégeps.
« Ce seront principalement nos collègues du personnel de soutien qui vont subir des pertes d’emplois », souligne Benoit Lacoursière, président de la FNEEQ. Il rappelle que, contrairement aux coupes dans le système scolaire primaire et secondaire, sur lesquelles le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a fait volte-face en juillet, celles de l’enseignement supérieur n’ont pas été annulées.
Ainsi, les techniciens en laboratoire, en informatique, les psychologues et les sexologues seront moins nombreux pour assurer des services aux élèves. « Il faut comprendre que ça s’ajoute à la décision du Conseil du trésor prise à l’automne dernier de geler les embauches, précise Benoit Lacoursière. Des emplois ne seront pas renouvelés, des gens en congé de maternité ou de maladie ne seront pas remplacés. » Depuis le 1er novembre 2024, près de 500 postes sont restés non pourvus à la suite du gel de recrutement décrété par Québec, selon la Fédération des cégeps.
Ces compressions risquent aussi d’empêcher l’entretien des bâtiments d’enseignement collégial, craint le syndicaliste. Moisissures, toits qui coulent, isolation déficiente… Un rapport publié en 2024 par la vérificatrice générale du Québec à l’Assemblée nationale concluait d’ailleurs que 65 % des immeubles étaient « en mauvais état ». « Si on sacrifie à court terme l’entretien de routine, on va en payer les conséquences à plus long terme », prédit M. Lacoursière.
La liberté d’enseignement mise à mal
La FNEEQ s’inquiète également de la restriction de la liberté d’enseignement dans le réseau collégial, accusant la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, d’ingérence dans le contenu de cours sur la Palestine donnés aux cégeps Dawson et Vanier.
Un rapport publié en juin recommandait à Québec d’adopter une loi afin d’encadrer l’autonomie intellectuelle dans les établissements collégiaux après qu’elle eut été appliquée « à géométrie variable » dans ces deux cégeps. « À notre avis, il n’y avait pas de raison de déclencher cette enquête, estime Benoit Lacoursière. Mais compte tenu de l’attitude de la ministre Déry dans la dernière année, on craint que, pour elle, encadrer la liberté académique signifie la restreindre. »