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Québec veut baliser les relations entre profs et étudiants

Hélène David, ministre de l’Enseignement supérieur, a dévoilé lundi sa stratégie en matière de prévention des violences sexuelles dans les cégeps et les universités. Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

22 août 2017 |Jessica Nadeau | Article publié par Le Devoir.com-  La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, veut baliser les relations entre professeurs et étudiants. C’est l’une des nombreuses « suggestions » qu’elle fait aux cégeps et aux universités dans le cadre de sa Stratégie d’intervention pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur, rendue publique mardi.
 
« Les établissements d’enseignement devraient se doter d’un code de conduite prévoyant les principes et balises devant guider, notamment, les relations intimes entre un membre du personnel qui se trouve en situation d’autorité et une étudiante ou un étudiant », peut-on lire dans le document ministériel, qui tient sur une trentaine de pages.
 
« Je ne suis pas née de la dernière pluie, j’ai fait ma carrière à l’université, je sais qu’il y a toutes sortes de choses qui sont susceptibles d’arriver. Il y a des étudiants qui restent très embêtés avec la situation, surtout quand ça finit mal. »
 
La ministre donne l’exemple d’un chargé de cours ou d’un directeur de maîtrise qui initierait une relation amoureuse avec une étudiante qu’il serait chargé d’évaluer. « On a entendu des témoignages à cet effet », ajoute la ministre.
 
Pas d’obligation
 
Dans sa stratégie ministérielle, la ministre « suggère très fortement » aux établissements postsecondaires de se doter d’une politique spécifique aux violences à caractère sexuel. Une enquête du Devoir avait d’ailleurs démontré, en mars dernier, que sur les 65 établissements postsecondaires du Québec, seulement 3 universités et 5 cégeps avaient une telle politique.
 
« Il y a des universités et des collèges qui ont une politique précise pour contrer les violences à caractère sexuel, il y en a qui n’en ont pas ; il y en a pour qui c’est mêlé à du harcèlement au travail ; d’autres pas, illustre la ministre. Il y a vraiment du travail à faire à ce niveau, et cette politique-là sera fortement suggérée, disons ça comme ça. »
 
"Il faut tout de suite que les victimes sachent à qui s’adresser, c’est le nerf de la guerre."
La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David

Depuis des mois, dans le cadre des consultations régionales qui ont mené à cette stratégie, la ministre a soutenu qu’elle allait « obliger » les établissements à se doter d’une telle politique. Pourquoi parle-t-elle aujourd’hui de suggestions ? « Il n’y a pas de changement de cap, répond la ministre David. C’est parce qu’il y a deux phases. Dans une stratégie, on suggère fortement, et puis on verra dans la loi-cadre s’il y a un autre vocabulaire. »
 
Elle promet de déposer un projet de loi dans les prochaines semaines pour venir baliser les pratiques, « parce que les ministres passent, mais les lois restent ».

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