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Rentrée dans les cégeps et les universités - « Un plan de match » et bien des questions

Article publié par La Presse+ - Léa Carrier La Presse

14 janvier 2022 - Appelé à donner des directives claires sur le semestre qui s'amorce, Québec maintient le retour en classe dès lundi dans les cégeps et les universités. Mais des inquiétudes persistent quant à la distribution des tests rapides et les défis logistiques que soulève la propagation du variant Omicron.

Près d'une semaine après la rentrée universitaire et à quelques jours de la reprise des cours dans les cégeps, les établissements d'enseignement supérieur savent enfin à quoi s'en tenir. La Santé publique a donné le feu vert au retour en classe à partir du 17 janvier, mais une période de transition est permise jusqu'au 31 janvier.

« Il y avait beaucoup d'incertitude, mais au moins, la décision a été prise. On a un plan de match », souligne la présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), Caroline Quesnel.

Des syndicats ont salué mercredi la volonté du gouvernement de maintenir l'enseignement en présentiel, préférable pour une majorité d'étudiants et des membres du personnel enseignant, à condition que tout soit mis en place pour freiner la propagation du variant Omicron.

Des tests rapides « au cours des prochaines semaines »

Or, le flou persiste toujours sur la distribution de tests rapides, vivement réclamée par les syndicats. Dans un communiqué, le ministère de l'Éducation a confirmé que des tests rapides seraient mis à la disposition du personnel de l'enseignement supérieur, sans préciser combien. Leur distribution devrait se faire « au cours des prochaines semaines ».

Les tests rapides sont pourtant cruciaux pour surveiller les éclosions dans les établissements scolaires, fait valoir le président du syndicat des professeures et professeurs du Cégep Limoilou, Robin Cormier, d'autant que les tests PCR ne sont plus accessibles à la population générale.

« Il demeure important pour tout le monde dans le milieu scolaire de pouvoir connaître rapidement sa situation de santé. Une école ou un cégep est un milieu très ??oeouvert” au sens où l'on côtoie énormément de personnes différentes en relativement peu de temps. »

— Robin Cormier, président du syndicat des professeures et professeurs du Cégep Limoilou

Des enseignants ont aussi demandé l'accès à des masques N95 dans les classes afin de renforcer leur sentiment de sécurité. En point de presse, le nouveau directeur de la Santé publique, le Dr Luc Boileau, a laissé entendre que ces derniers ne contribuaient pas à rendre le milieu plus sûr dans un contexte scolaire normal. Des masques N95 seront toutefois distribués au cours de la prochaine semaine dans les classes spécialisées.

Dans un courriel envoyé à La Presse, le ministère de l'Éducation a réitéré que des masques N95 ne seraient pas fournis au personnel enseignant. L'élargissement du passeport vaccinal aux cégeps et aux universités, comme l'a récemment suggéré le président de la Commission de l'éthique de la science et de la technologie, Jocelyn Maclure, dans les pages de La Presse, n'est pas non plus envisagé.

Près de 93 % de la population étudiante a reçu deux doses de vaccin contre la COVID-19.

Des défis logistiques

Parce que le variant Omicron entrera inévitablement dans les classes des cégeps et des universités, le personnel enseignant doit se préparer à divers enjeux logistiques. Par exemple : comment prévenir les absences « opportunistes » si les étudiants ne peuvent plus fournir le résultat de leur test PCR ? En cas d'éclosion, est-ce que le cours bascule temporairement en ligne ? Et, bien sûr, il y a la crainte de retourner à l'enseignement à distance s'il y avait une nouvelle flambée des cas.

Selon les différents scénarios, la FNEEQ demande des « balises nationales claires » afin d'éviter des situations d'iniquité entre établissements d'enseignement supérieur.

Un nouveau protocole de gestion des cas contacts sera transmis aux établissements dès que possible, affirme le ministère de l'Éducation.

Une absence remarquée

L'absence de la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, à la table de la conférence de presse, jeudi, n'est pas passée inaperçue. L'impatience monte chez les enseignants et les étudiants, dont certains réclament une allocution publique.

« Pour mettre les choses en perspective, les élèves du primaire et du secondaire ont eu droit à deux conférences de presse du ministre de l'Éducation [Jean-François Roberge] en une semaine », a déploré le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Samuel Vaillancourt, jeudi après-midi.

Samuel Vaillancourt a rapporté que le manque de prévisibilité et l'incertitude avaient déjà poussé de nombreux étudiants à abandonner leur session.

« Ça fait déjà plusieurs mois qu'on fait la demande claire que la ministre [Danielle] McCann s'adresse à la population étudiante », a-t-il ajouté.

En soirée jeudi, la ministre Danielle McCann s'est finalement adressée à la population étudiante dans une courte vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

« Nous le répétons souvent : l'éducation et l'enseignement supérieur sont des priorités pour notre gouvernement et nous croyons qu'un retour en présence le plus rapidement est essentiel », a réitéré Mme McCann dans la vidéo, dans laquelle elle a aussi indiqué que la rentrée devait se faire de la façon « la plus sécuritaire possible ».



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