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Faute d'argent, les jeunes demandeurs d'asile doivent souvent renoncer au cégep

Article publié par Le Devoir - Karla Meza

À cause du prix des études postsecondaires, bon nombre de jeunes de demandeurs d'asile sont obligés de tronquer leur parcours scolaire et de mettre sur pause leur rêve de faire des études aux côtés de leurs camarades.
Photo: iStock
 

21 février 2021 - Faire des études postsecondaires peut n'être qu'un rêve inaccessible pour les jeunes demandeurs d'asile au Québec. Considérés comme des étudiants internationaux, ceux-ci doivent payer des droits de 27 à 40 fois plus élevés que ceux des résidents permanents pour faire des études au cégep.

Ces jeunes sont ainsi obligés de tronquer leur parcours scolaire et de mettre sur pause leur rêve de faire des études aux côtés de leurs camarades. Valentina Castellanos et Jorge Blas ne se connaissent pas. Or, ils ont plusieurs choses en commun. Ils sont tous deux arrivés en tant que demandeurs d'asile au Québec avec leur famille à leur adolescence, et ils ont tous deux bifurqué du chemin qu'ils rêvaient de suivre en raison de leur statut migratoire.

Des coûts exorbitants

Valentina est arrivée de Colombie avec ses parents et ses deux frères en 2012, à l'âge de 14 ans. Après avoir terminé ses études secondaires au Québec en 2016, elle souhaitait poursuivre un programme préuniversitaire au cégep, tout comme plusieurs de ses copains. « On m'a dit que je devais payer plus de 6000 $ par session si je voulais m'inscrire. Ça m'a démolie, car je n'avais pas le moyen de trouver cet argent », dit la jeune résidente de Saint-Hyacinthe, à l'aube de ses 23 ans.

« J'ai cherché de l'aide partout, même au bureau de la députée, mais on n'a pas pu m'aider. C'était très frustrant de voir toutes les portes se fermer en raison de mon statut. » Elle s'est tournée vers le marché du travail en restauration, puis en tant qu'opératrice de machinerie, avant de devenir maman de deux enfants. « Tous mes amis en Colombie avançaient dans leurs études et moi, je n'y pouvais rien. »

« On n'a pas de marge de manoeuvre », indique Pierre Vigeant, directeur des affaires étudiantes et des communications au cégep de Drummondville. « On doit appliquer les critères du ministère, mais c'est dommage pour les demandeurs d'asile », ajoute-t-il.

Les frais exigés des résidents inscrits à temps plein au cégep de Drummondville s'élèvent actuellement à 235,84 $ par session d'études. Les demandeurs d'asile, quant à eux, doivent payer des droits de scolarité variant de 6372 $ à 9877 $ par session, selon le programme choisi. Ces droits sont comparables à ceux établis dans les cégeps à travers la province.

« On a de l'empathie pour les demandeurs d'asile qui vivent cette situation-là, car c'est une autre difficulté qui s'ajoute à tout ce qu'ils vivent déjà. Mais malheureusement, nous n'avons pas d'autonomie là-dessus », soutient pour sa part Geneviève Lapointe, directrice de communications au Service régional d'admission du Montréal métropolitain (SRAM), qui regroupe 36 cégeps.

« Les jeunes qui n'ont pas les moyens de payer ces frais doivent attendre d'avoir un statut de réfugié confirmé au Canada avant de reprendre leurs études. C'est regrettable pour eux, mais c'est la vie », renchérit-elle.

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