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Antidote au cégep: la ministre McCann fait volte-face

Article publié par Le Journal de Québec - DAPHNÉE DION-VIENS et VINCENT LARIN

14 septembre 2021 - La ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, fait volte-face et ferme définitivement la porte à l'utilisation du logiciel de correction Antidote lors de l'épreuve uniforme de français au cégep.

Elle a indiqué mardi avoir pris cette décision après avoir analysé les résultats de la cohorte de mai 2020 à cet examen, l'une des seules fois où l'utilisation du logiciel a été autorisée, puisque l'épreuve se déroulait en virtuel.

Pas moins de 96% des participants ont alors obtenu au moins la note de passage, soit 15% de plus qu'à l'habitude, a-t-elle révélé.

«C'est vraiment un écart très important et on ne peut pas ne pas faire de lien entre l'utilisation d'Antidote et ces résultats qui sont vraiment hors du commun», a-t-elle expliqué. 

Volte-face

Pourtant, lundi après-midi, lors d'un entretien avec Le Journal, la ministre McCann s'était dite prête à examiner toutes les pistes de solution pour améliorer la maîtrise du français des cégépiens, y compris le recours à un logiciel de correction pour réaliser l'épreuve uniforme de français.

La ministre avait alors affirmé qu'elle souhaitait que cette proposition «soit examinée» par le groupe de travail mandaté pour rehausser la qualité de la langue au collégial.

Cette position a été dénoncée par le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, comme étant «complètement inacceptable». 

Pour la députée libérale Hélène David, il s'agit d'une tentative de «niveler par le bas les exigences du français au niveau collégial», a-t-elle indiqué sur Twitter.

La ministre McCann, qui a tenu à rectifier le tir mardi midi, s'en est défendue. Elle souhaite maintenant que l'épreuve uniforme de français permette de bien évaluer «ce que l'étudiant a comme connaissances», a-t-elle affirmé.

Les quelque 2000 élèves qui ont réussi l'épreuve uniforme de français grâce à Antidote pourront tout de même faire une demande d'admission à un programme universitaire, a admis Danielle McCann, citant le contexte particulier de la COVID-19.

Le Journal rapportait lundi que la Fédération des cégeps propose d'aller de l'avant avec l'utilisation d'Antidote pour l'épreuve uniforme de français, une mesure qui ne fait pas l'unanimité parmi les experts, alors que le quart des cégépiens échouent en orthographe lors de cette évaluation.

À la Fédération des cégeps, son président-directeur général, Bernard Tremblay, a précisé mardi que le recours à un logiciel de correction pourrait être d'abord utilisé comme «mécanisme d'apprentissage» dans les cours de français, avant de penser l'autoriser lors de l'épreuve uniforme de français.

Selon M. Tremblay, il est «peut-être un peu tôt» pour fermer complètement la porte à l'utilisation d'Antidote au collégial. «L'objectif n'est pas de faciliter le passage de l'épreuve (...) mais plutôt de se demander comment on permet à des jeunes de mieux réussir, sachant que sinon, ils n'auront pas leur diplôme collégial et en seront pénalisés toute leur vie», a-t-il affirmé.



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