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Pour mieux prendre le large



 

 

 

Entrevue avec monsieur Daniel Dion, directeur de l’Institut maritime du Québec, affilié au Cégep de Rimouski.

 

 

 

 

70e anniversaire et 3,200 diplômés

L’Institut maritime du Québec existe depuis 1944. Connu au départ sous le nom «École de marine », avec un statut d’école nationale. Elle sera jumelée au Cégep de Rimouski au tournant des années 1970. L’Institut a fêté l’an dernier son 70e anniversaire. 3,200  diplômés sont issus de l’Institut ; ils œuvrent dans le domaine maritime un peu partout dans le monde. Plusieurs de ces diplômés ont atteint maintenant un niveau de responsabilité supérieur ; ils travaillent pour différentes compagnies. Certains ont délaissé la navigation pour d’autres fonctions. « Nous avons l’habitude de dire ici : nous, ce ne sont pas des emplois qu’on vend, c’est plutôt la promotion d’une carrière. Le domaine maritime est tellement vaste que ça prend de nombreuses années pour en faire le tour et les possibilités sont très larges » de nous confier Daniel Dion.

Le transport maritime occupe une place stratégique dans l’économie québécoise et mondiale : « sans le transport maritime, il n’existerait aucun commerce national et international. On n’a qu’à penser aux biens qui arriveront de la Chine pour le prochain Noël, tous ces produits sont acheminés en Amérique du Nord par transport maritime. À peu près toute la consommation quotidienne nous arrive par bateaux et conteneurs. Au Québec, cette activité économique représente 26,000 emplois directs ou indirects. Nous consommons quotidiennement des biens sans réaliser qu’en aval il y a eu un navire et un équipage.

L’Institut a une mission unique de formation maritime au Québec. Et même le seul établissement de langue française en Amérique du Nord dans le domaine.

L’Institut offre 5 programmes : Technologie d’Architecture navale, Navigation, Techniques de génie mécanique maritime, Technique de la logistique de transport et Plongée professionnelle. Près de 385 étudiants qui viennent de partout au Québec y sont inscrits. 70 d’entre eux sont actuellement en stage un peu partout sur les mers du monde.

Technologie d’architecture navale

Un navire au départ, ça doit être construit. Pour y arriver, ça prend des plans approuvés par Transport Canada ou par des sociétés de classification. Il faut d’abord travailler sur le design du navire. Quand le navire prend la mer, il a besoin d’être entretenu, d’être modifié selon les besoins de l’armateur, d’être réparé s’il subit des avaries, d’être agrandi parfois. « Tout au long de la vie d’un navire, c’est le rôle des architectes navals et des techniciens en architecture navale de concevoir, d’inspecter et faire des travaux, d’élaborer des devis de cales sèches, de voir à la bonne conformité des réparations, s’il y a lieu et d’effectuer des changements en accord avec la réglementation qui évolue avec le temps ».

Depuis 3 ans, le taux de placement des étudiants diplômés est de 100 %. Cette donnée est valable pour tous les programmes de l’Institut. L’industrie maritime est actuellement en plein essor. Cette année, 25 étudiants sont inscrits en 1re année.

Le programme Navigation

Ce programme figure parmi les programmes fondateurs de l’Institut. On y forme des officiers de navigation qui ont la responsabilité d’assurer le quart sur la passerelle, d’assurer la bonne route du navire, de précéder à des changements au cours du voyage sous la supervision d’un officier supérieur, dont le capitaine. « Cette formation d’officier permet de progresser dans l’industrie en passant différents brevets pour accéder au poste de capitaine au long cours. L’Institut donne les compétences qui sont reconnues par les brevets octroyés par Transports Canada. Après une dizaine d’années d’expérience, les officiers peuvent aspirer au poste de capitaine au long cours ».

L’institut a mis en place un régime de stages en partenariat avec l’industrie maritime, ce qui permet d’obtenir le temps de mer requis pour obtenir les brevets. En plus des 3 années du DEC, les étudiants doivent faire une année de stage en mer. Quatre années de formation sont requises pour pouvoir aspirer à un travail d’officier. Le stage ne fait pas nommément partie du programme. Mais, pour pouvoir travailler comme officier, il faut obtenir le brevet requis.

Les étudiants peuvent poursuivre des études supérieures dans le domaine. Un diplôme spécialisé en science appliquée émis par l’Université du Québec à Rimouski permet d’acquérir des compétences en gestion pour les détenteurs de statut de capitaine au long cours ou pour une première classe en mécanique marine. « Puisqu’il y a une pénurie au niveau des officiers supérieurs, nous travaillons sur différents scénarios afin de faciliter cette progression de carrière intéressante pour nos diplômés qui veulent acquérir les compétences en gestion ».

Le programme de Techniques de génie mécanique de marine

« Un navire, c’est un peu comme une ville. De nombreux réseaux sont spécifiques au domaine maritime. Les étudiants apprennent à entretenir, diagnostiquer ces machines qui constituent en soi tout un système. On apprend à diagnostiquer les problèmes et à les résoudre. Plusieurs techniques sont rattachées à des mesures de sécurité. Nous suivons le plan de cours de Transports Canada. Pour aider les étudiants à acquérir ces compétences, l’Institut possède une salle des machines, des ateliers avec des moteurs marins, des équipements marins, des gouvernails. Le mécanicien de marine doit être capable de se débrouiller pour des réparations mineures, type soudure et usinage. Depuis au moins 15 ans, des simulateurs sont utilisés. Nous avons ici un simulateur qui est en tout point une réplique d’un navire. On fait fonctionner le navire où sont intégrés des problèmes mécaniques que les étudiants doivent corriger. Les étudiants apprennent à démarrer la machine, à redémarrer un navire arrêté pendant plusieurs mois ».

Le programme Technique de la logistique du transport

Le programme n’est pas exclusif au domaine maritime. Il couvre le ferroviaire, l’aérien et le transport routier, maritime,  et multimodal. Le contexte de mondialisation des marchés, les nouvelles ententes de libre-échange, le commerce électronique  nécessitent de plus en plus de logisticiens qui voient à l’organisation du transport des marchandises au meilleur coût.  Grâce à la polyvalence et à la qualité de cette formation, les élèves  diplômés sont en demande auprès des entreprises. Pour chaque finissant de ce programme, il y a 7 offres d’emploi. Il est également possible de poursuivre des études spécialisées dans différents champs du domaine de la logistique dans les principales universités québécoises, dont l’Université du Québec à Rimouski. Nous allons prochainement proposer des nouveautés qui rendront ce programme plus attractif pour les jeunes. Être capitaine au long cours pour les jeunes, c’est parlant. Être technicien en logistique du transport, ça l’est moins. Des efforts seront donc être consentis pour valoriser la carrière».

Le programme de Plongée professionnelle

Ce programme prépare au métier de scaphandrier sur les chantiers de construction sous-marins. « Ce sont des travailleurs sous-marins ». Ils vont devenir les yeux des ingénieurs qui inspectent un quai. Ils coulent du ciment, soudent sous l’eau, montent des structures de béton sous l’eau. Ils apprennent à plonger dans nos locaux. Ils doivent apprendre toutes les techniques de sécurité en plongée, mais également toutes les techniques de construction. C’est un métier qui se s’exerce principalement dans l’industrie de la construction. Ils doivent obtenir une carte de compétence. C’est un métier sous le décret de la construction. Ils peuvent travailler sur des devis de réparation de quais, de ports, d’inspection de barrages pour Hydro Québec. Ils peuvent être appelés à aller travailler dans la mer du Nord.   Le programme forme aussi des plongeurs autonomes de types « scuba ». Ces derniers vont travailler avec les scientifiques qui font des recherches sur la faune aquatique et maritime ». Le diplôme décerné est une AEC dite AEC souche.

Une programmation diversifiée en formation continue

L’Institut offre une programmation diversifiée et spécialisée. À Lévis, l’Institut a un Centre de formation aux mesures d’urgence (CFMU) où les officiers, navigateurs et membres d’équipage acquièrent des compétences en extinction d’incendies et en abandon de navires. Ce centre appartenait à Transport Canada et il a été cédé au gouvernement du Québec qui l’a cédé par la suite à l’Institut maritime. On parle ici de formation en espace clos, en incendie, en secourisme en mer, en matelotage. « Ce Centre deviendra très important pour l’Institut qui doit satisfaire les besoins de l’industrie.  Il deviendra le principal centre de formation continue ».

Innovation maritime

L’institut abrite aussi un CCTT : Innovation maritime qui répond aux besoins de recherche dans le domaine maritime. Le Centre a réalisé plusieurs projets. À titre d’exemple : Dans le cadre de leur formation, les étudiants en navigation de l’Institut maritime du Québec (IMQ) doivent être formés aux règles de route et à l’interprétation des feux de navigation. À cet égard, Michel Ouellet, enseignant à l’IMQ, et Innovation maritime, ont développé un outil informatisé permettant de faciliter cette formation. Il s’agit d’un outil pédagogique permettant de visualiser en 3 dimensions différents scénarios montrant des navires avec leurs feux de navigation respectifs. Les scénarios présentés en 3D sont manipulables dynamiquement afin que l’étudiant puisse les visualiser sous différents angles. Autre exemple : Afin d’offrir une source d’information pour ses partenaires, de valoriser le marché des croisières tout en maximisant les retombées socioéconomiques, tant pour les armateurs que pour l’économie québécoise, l’Association des Croisières du Saint-Laurent souhaitait détenir un outil de calcul d’itinéraires. Innovation maritime a développé une application Web permettant de créer un itinéraire et de calculer les temps de transit. L’application considère 22 ports que l’utilisateur peut choisir pour créer un itinéraire. Ces ports sont localisés non seulement au Québec, mais également dans les provinces de l’Atlantique et des États-Unis.

Les relations avec le collège

Au dire du directeur Dion, l’Institut entretient de très bonnes relations avec le Cégep de Rimouski. Tout en relevant du CA du collège, l’Institut jouit d’une grande autonomie. Il a son propre comité de gestion, de régie interne et un comité consultatif avec l’industrie. Le directeur de l’Institut siège au CA du collège à titre d’observateur et au comité de régie du Collège. «  Nous bénéficions d’un grand appui de la part du collège. L’Institut est logé dans ses propres bâtiments depuis toujours. Il profite des services fédérés du collège, telles ressources humaines, financières et corporatives».

Des projets pour l’avenir

Compte tenu de la pénurie d’officiers supérieurs, l’Institut veut mettre en place des programmes pour répondre à ces besoins. On vise entre autres à lancer un programme de spécialisation pour obtenir une certification de niveau supérieur. « Nous voulons aussi offrir plus de formation à distance particulièrement dans nos programmes de formation continue. Pour notre Centre de formation aux mesures d’urgence de Lévis, nous avons un plan d’agrandissement. Nous projetons aussi de mettre en place un DEP en matelotage qui permettrait un continuum de formation du DEP au BAC pour les prochaines années ».

Entrevue et texte réalisés par Alain Lallier, éditeur en chef et édimestre, Portail du réseau collégial

Voir la page Facebook de l'Institut : www.facebook.com/imqrimouski

Pour des détails concernant les programmes de l'Institut.



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