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La nouvelle escouade bioalimentaire pour regrouper les forces en présence

Un regroupement de 12 CCTT pour répondre aux enjeux complexes qui se retrouvent dans nos assiettes

Fort de la collaboration de ces centres, le Réseau des CCTT, centres collégiaux de transfert de technologies et de pratiques sociales novatrices, est fier de présenter une troisième escouade, cette fois-ci, au niveau bioalimentaire. Entrevue avec Madame Marie-Pierre Dufresne, présidente de l’escouade bioalimentaire et directrice générale de Biopterre, CCTT en développement de bioproduits rattaché au Cégep de La Pocatière.

Marie-Pierre Dufresne, présidente de l’escouade bioalimentaire et directrice générale de Biopterre

La force de la collaboration

En fait, il faut comprendre que chaque centre a son propre écosystème d’innovation très complexe. En regroupant ceux-ci en escouade, on augmente leur force d’impact. Leurs expertises combinées et leur vision multifacette permettent d’adapter leurs interventions à la réalité du marché, et ce, de manière plus efficace et structurante, explique Marie-Pierre Dufresne, présidente de l’escouade bioalimentaire et directrice générale de Biopterre.

L’idée est donc de bénéficier de la collaboration entre des entités fortes et matures afin d’avoir des retombées à plus grande échelle. C’est ainsi que l’escouade bioalimentaire est née avec l’objectif de répondre à des enjeux sociétaux, dont on entend parler régulièrement tels que : les changements climatiques, la transition écologique, la décarbonation, la valorisation des résidus, la consommation d’eau, l’emballage et plusieurs autres.

Qui sont-ils?

Ce regroupement de 12 CCTT couvre l’ensemble de la chaîne alimentaire, de l’agriculture et de la pêche, en passant par la transformation et ces différents procédés, jusqu’à l’emballage et la mise en marché.

Afin de bien comprendre l’ampleur de l’action déployée par l’escouade voici les 12 CCTT de première ligne :

  • Agrinova – Agriculture – Collège d’Alma
  • Biopterre – Développement de bioproduits – Cégep de La Pocatière
  • CÉPROCQ – Procédés chimiques – Collège de Maisonneuve
  • CETAB+ - Agriculture biologique et de proximité – Cégep de Victoriaville
  • Cintech – Agroalimentaire – Cégep de Saint-Hyacinthe
  • CISA – Innovation sociale en agriculture – Cégep de Victoriaville
  • CNETE – Électrochimie et technologies environnementales – Cégep de Shawinigan
  • CTEAU – Technologies de l’eau – Cégep de Saint-Laurent
  • Écofaune boréale – Innovation écoresponsable du secteur du cuir, fourrure et produits dérivés – Cégep de Saint-Félicien
  • ITEGA – Emballage et génie alimentaire – Collège de Maisonneuve
  • Merinov – Pêche, aquaculture, transformation et valorisation des produits aquatiques – Cégep de la Gaspésie et Îles
  • Optech – Optique phototonique – Cégep André-Laurendeau

En chiffre, Mme Dufresne mentionne que les 12 CCTT regroupés comptent plus de 1 400 clients et plus de 1 500 projets de recherche annuellement ainsi que plus de 500 professionnels mis à la disposition des entreprises et du milieu. Visant à accélérer l’innovation technologique et sociale au sein de la filière bioalimentaire, l’escouade souhaite intervenir sur des enjeux transversaux et complexes mettant à contribution plusieurs maillons et acteurs de la chaine de valeur de ce secteur névralgique pour le développement socioéconomique du Québec.

D’ailleurs, comme le mentionne Mme Dufresne, l’escouade bioalimentaire n’est pas un cercle fermé. Au contraire, si l’expertise nécessaire à l’innovation se trouve dans un autre centre, elle fera appel à ses services.

Des exemples de projets développés

Écofaune boréale et Biopterre se sont unis afin de trouver une solution nouvelle à la gestion des résidus d’abattoir par le développement du projet De la tête aux sabots. Il faut considérer que le milieu bioalimentaire est contraint à une règlementation stricte, ce qui amène des défis supplémentaires à relever pour les chercheurs et les entreprises. Dans ce cas-ci, afin de revaloriser les biodéchets dans un contexte de circularité, l’équipe a développé des bioprocédés pour la production d’engrais et le tannage écoresponsable. En plus d’amener de nouveaux éléments, le projet a permis d’ouvrir les discussions entre les acteurs du milieu pour faire évoluer la situation.

Merinov, TransBIOtech et Kemitek se sont associés dans le projet Innovalgue, un projet qui a comme objectif de valoriser l’intégralité des algues cueillies et cultivées dans des industries telles que la cosmétique, la nutrition et les produits de santé naturelle. Le déploiement de ce projet se fera surtout au niveau de la culture de certaines espèces d’algues, de l’amélioration des connaissances, de l’extraction « verte » de leurs composés actifs et de la démonstration des effets positifs sur la santé et le bien-être. La mise en commun des expertises permettra d’accélérer le développement de produits et d’offrir aux producteurs plusieurs voies de valorisation.

Un monde de potentiel

L’escouade bioalimentaire a plusieurs enjeux sur lesquels travailler dans les prochaines années. D’abord, l’enjeu de la transformation du marché et des habitudes de consommation qui amène l’introduction de nouvelles protéines que ce soit végétales ou alternatives. Un autre enjeu important est celui de l’autonomiealimentaire et du développement de nouvelles filières. Enfin, il y a aussi des enjeux en lien avec la bioéconomie, la valorisation des matières résiduelles et la décarbonation du secteur bioalimentaire. Et ce dans un contexte où l’on s’intéresse à l’occupation dynamique du territoire.

Cette escouade a une grande valeur ajoutée dans le monde de la recherche appliquée. Partie prenante de l’enseignement supérieur, les éléments importants qui ressortent de leurs travaux ont un impact direct sur la formation collégiale. En effet, le milieu enrichit et bonifie ses programmes d’études afin que ceux-ci restent à la fine pointe de la technologie.