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Quand la forêt se transforme en produits à valeur ajoutée



      Entrevue avec le directeur général du SEREX, M. Patrick Dallain

Le 24 janvier dernier, le Cégep de Rimouski annonçait une aide financière de 3 825 000 $ pour la mise à niveau des infrastructures du Service de recherche et d’expertise en transformation des produits forestiers (SEREX), rattaché au Cégep de Rimouski et au Centre matapédien d’études collégiales (CMÉC).

Cette somme provient du Fonds d’investissement stratégique (FIS) pour les établissements postsecondaires (2 125 000 $) du gouvernement du Canada et du Plan québécois des infrastructures (PQI) du gouvernement du Québec (1 700 000 $). Le coût total du projet est de 4 357 000 $. Le Portail du réseau collégial s’est entretenu avec monsieur Patrick Dallain sur les impacts de cette importante subvention et sur les activités de recherche du Centre collégial de transfert de technologie (CCTT).

Une mise à jour des installations

La subvention vise à mettre à jour les installations du SEREX. Le bâtiment qu’il occupe a été construit en 1969. Malgré les améliorations apportées au fil des ans, la construction souffre du poids des années. À l’origine, le bâtiment était occupé par une laiterie, et par la suite un motel industriel. Il devenait donc plus ou moins adapté aux besoins d’un centre de recherche. Une partie de la subvention servira à la mise à niveau des systèmes mécaniques et de ventilation. Une autre somme significative sera allouée à l’enveloppe du bâtiment, à savoir la fenestration et l’isolation afin d’améliorer l’efficacité énergétique.

L’édifice est situé à Amqui, à 110 kilomètres de Rimouski, mais à proximité du CMÉC, un satellite des cégeps de Rimouski et de Matane, qui offre d’ailleurs le programme en transformation des produits forestiers. L’apport financier permettra également au SEREX de combler des besoins en espace bureaux pour l’équipe actuelle et répondre à la croissance des prochaines années. Le SEREX compte présentement seize personnes en plus d’accueillir également sept à huit enseignants et une douzaine de stagiaires étudiants du cégep. Des améliorations seront de plus apportées aux laboratoires en matière d’efficacité.

Une nouvelle version du programme

En collaboration avec le Cégep de Rimouski et le CMÉC, le SEREX est à revoir le programme de Technologie en transformation des produits forestiers. À compter de l’automne 2017, le programme sera offert selon une nouvelle formule favorisant la formation en industrie et au SEREX. « Il y aura moins de temps en classe et plus de temps au SEREX et en usine. Nous disposons d’équipements de prototypage et d’une presse permettant l’apprentissage des procédés de fabrication de panneaux de bois. Les étudiants pourront également travailler avec le séchoir du SEREX avant de joindre l’entreprise. Ils seront donc plus familiers avec les différents procédés », explique monsieur Dallain. Ils pourront également parfaire leur apprentissage en participant à des projets réels dans un véritable contexte de recherche.

L'équipe du SEREX

Des champs de recherche stratégiques

Le SEREX a pour mission d’accompagner les entreprises dans la diversification de leur production dans le secteur de la transformation des produits forestiers. Plutôt que de se limiter à la production du bois d’œuvre qui sera soumis de nouveau à une taxe à l’exportation par les États-Unis, les travaux du SEREX encouragent la mise en marché de produits à plus haute valeur ajoutée et la diversification des marchés. Monsieur Dallain cite à titre d’exemple le travail sur différents panneaux composites à partir des sous-produits des usines de sciage. « Ces panneaux peuvent être utilisés en écoconstruction, un créneau en forte croissance. Il existe une grande demande aujourd’hui pour les produits à base de bois ou de fibres de bois. »

Des travaux au niveau des énergies renouvelables

Le SEREX travaille également au niveau des énergies renouvelables à base de la biomasse forestière que ce soit pour la combustion directe dans des chaudières, la fabrication de granules ou la caractérisation de la biomasse pour des applications énergétiques.

Au niveau de la pyrolyse du bois, le SEREX produit de l’huile pyrolytique, qui représente un substitut du pétrole soit au niveau du chauffage ou de l’extraction de produits chimiques en remplacement des produits issus du pétrole.

« Pour les écorces de résineux ou de feuillus, l’extraction de tannins permet aussi de créer de nouveaux produits non issus du pétrole. Nous parlons ici de bioraffinage car, au lieu de brûler les écorces issues des usines de sciage, on les récupère pour en tirer des produits à très haute valeur ajoutée et le résidu peut être brûlé par la suite. »

Calorifère à cônes

Les équipements du SEREX

Le SEREX peut compter sur un parc d’équipements diversifié : un séchoir à bois, des équipements de prototypage pour la fabrication de produits du bois, une presse à panneaux, un laboratoire de chimie équipé pour toutes les analyses au niveau des huiles pyrolytiques, des gaz de combustion et de l’extraction des molécules à partir des écorces, un tunnel pour analyser l’indice de la propagation de la flamme et un calorimètre à cône pour le comportement au feu, entre autres.(Voir le site web du SEREX à ce sujet).

Le séchoir du SEREX

Quelles sont les relations entre le SEREX et le Cégep de Rimouski ?

Chaque année, des enseignants du Cégep sont impliqués dans des projets de recherche. « Durant la dernière année, huit enseignants en provenance des différentes disciplines (sciences de la nature, architecture, génie mécanique ou mécanique du bâtiment) étaient dégagés par le Cégep et le CMÉC. Des stagiaires étudiants se joignent également à l’équipe durant la session et durant la période estivale. Ces échanges avec le Cégep et le CMÉC augmenteront avec la mise en place du programme renouvelé de transformation des produits forestiers. »

Une collaboration avec les autres CCTT dans le secteur du bois et des produits forestiers

Le SEREX collabore avec plusieurs autres CCTT qui œuvrent dans la foresterie et la transformation des produits forestiers. Un regroupement rassemblant les sept centres suivants a même été créé: Innofibre de Trois-Rivières pour les pâtes et papiers; Innovem de Victoriaville pour les meubles; le Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB) du Cégep de Baie-Comeau pour la forêt boréale; Bioptère de La Pocatière pour le volet agroforesterie et les produits non ligneux (champignons et petits fruits); le Centre technologique des résidus industriels (CTRI) de l’Abitibi-Témiscamingue pour la valorisation des résidus industriels et des sous-produits; le Centre d’enseignement et de recherche en foresterie (CERFO) de Sainte-Foy pour l’aménagement forestier et la sylviculture. « Nous travaillons de plus en plus ensemble. Nous nous rencontrons et échangeons des informations sur nos projets afin d’être plus complémentaires et de répondre de façon plus globale aux besoins de nos clients », de conclure Patrick Dallain.

Dossier préparé par Alain Lallier, éditeur en chef et édimestre au Portail du réseau collégial.



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