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Dossiers

Comment répondre à la pénurie de main-d’œuvre actuelle ?

Par Alain Lallier


Entretien avec Marco Gaudreault, chercheur au CCTT-ÉCOBES du Cégep de Jonquière

Le CCTT-ÉCOBES (Centre d’Étude des COnditions de vie et des BESoins de la population) étudie les transformations qui s’opèrent actuellement au sein des organisations et les moyens pour y faire face. Dans cet entretien, Marco Gaudreault aborde l’importance de mieux préparer et accompagner les futures générations dans leur entrée sur le marché du travail pour qu’ils s’y épanouissent et souhaitent y rester.

Faciliter l’entrée sur le marché du travail en favorisant l’accès aux programmes d’études supérieures

La pénurie de main-d’œuvre affecte tous les secteurs du Québec. Des pistes de solutions sont proposées par des joueurs comme le Conseil du patronat du Québec pour tenter de réduire l’impact du problème sur les entreprises d’ici. En parallèle, des organismes comme le CCTT-ÉCOBES du Cégep de Jonquière favorisent plutôt d’encourager un plus grand nombre d’étudiants à accéder aux études supérieures pour qu’une nouvelle main-d’œuvre qualifiée fasse son entrée sur le marché du travail.

« Nous voulons que les taux d’accès soient non discriminatoires. L’idéal serait que tous les finissant.es de 5e secondaire sachent que le cégep offre une formation intéressante, que ce soit en préparation aux études universitaires ou pour la qualification dans un programme technique », affirme le chercheur Marco Gaudreault.

En plus de devoir mieux informer les étudiants des possibilités de carrière, il croit aussi que nous devrions mieux les accueillir et les soutenir au sein des différents établissements scolaires, particulièrement lorsqu’ils ou elles sont en situation de handicap.

« On a mis en place de nombreuses mesures d’aide pour ces étudiant.es au fil des ans. L’enjeu consiste à reconnaître leurs besoins rapidement pour limiter les écueils dès leur arrivée au cégep.D’autant plus que certains étudiant.es n’ont plus droit à toute la gamme des services d’aide ou des mesures de soutien qu’ils.elles ont connus durant leurs études au secondaire. À l’aide de nos recherches et de nos outils,nous aidons les collèges à développer leurs services. Et ils le font à une vitesse grand V », explique-t-il.

Des clientèles de plus en plus diversifiées au sein des Cégeps
Les clientèles des cégeps se sont énormément diversifiées dans les 10 à 15 dernières années. Non seulement une plus grande proportion des jeunes obtiennent leur DES, mais il y a aussi treize fois plus d’étudiant.e.s en situation de handicap qu’il y a douze ans.

Les travaux d’ÉCOBES sur ces problématiques sont menés conjointement avec un autre membre du Réseau des CCTT, le CCTT-CRISPESH, qui se consacre à l’inclusion de toutes les personnes en situation de handicap, incluant les étudiant.e.s. Le CCTT-ÉCOBES fait régulièrement appel à l’expertise du CCTT-CRISPESH sur ces questions.

Prendre en considération le changement de culture
Parmi les clientèles qui méritent une attention particulière figurent aussi les élèves issus de l’immigration. Plusieurs d’entre eux arrivent sur nos bancs d’école en 2e ou 3e secondaire et reçoivent de l’accompagnement via les programmes d’intégration et de francisation. Lorsqu’ils entrent au collège, ils découvrent un réseau qui mise plutôt sur l’autonomie des étudiant.es, ce qui crée un très gros contraste avec tout l’encadrement reçu auparavant. Pour plusieurs communautés culturelles, c’est même un choc. Pour certains, cette liberté individuelle dans le parcours scolaire heurte leurs valeurs familiales.

Pour Marco Gaudreault, il faut donc travailler à rendre l’ensemble des intervenant.e.s dans les collèges conscients de cet enjeu. « Il y a plusieurs années, on entendait des profs dire : qu’est-ce que les parents viennent faire au collège ? De quoi se mêlent-ils ? Les jeunes sont majeurs, les jeunes sont maîtres de leur destin », dit-il.

Les parents comme alliés de la transition vers plus d’autonomie

Tranquillement, la culture a changé, explique le chercheur.L’implication des parents est maintenant souhaitée. Ce n’est plus vu comme une intrusion.

« Chez les jeunes de la génération Z, les parents se positionnent souvent comme des alliés. Les collèges ont compris cela. Maintenant, la plupart des intervenant.e.s s’adaptent à cette nouvelle réalité : on accepte et on considère la culture familiale et la culture d’origine », constate le chercheur.

Ses collègues et lui s’activent aujourd’hui à transférer ces connaissances au niveau de l’accueil de jeunes de cultures différentes du milieu scolaire vers celui des entreprises, car là encore, le choc de culture est bien présent.

La difficulté de comprendre les attentes de la génération Z
De plus en plus, des CCTT comme ÉCOBES (Centre d’étude des conditions de vie et des besoins de la population), le CCTT-IRIPI (Institut de Recherche sur l’intégration professionnelle des Immigrants), le CCTT-CRISPESH (Centre de Recherche pour L’inclusion des Personnes en situation de handicap), le CCTT-CISA (Centre d’innovation sociale en Agriculture), le CCTT-CCEG (Centre Collégial d’expertise en Gérontologie) ou le CCTT-CIRADD (Centre de Recherche en Développement Durable)offrent des conférences et élaborent des projets avec les entreprises pour qu’elles accueillent avec succès des travailleur.euses dont le profil est de plus en plus hétérogène.

« Pour les employeurs, c’est une difficulté supplémentaire. Par exemple, la génération Z a un besoin d’accès direct au patron, un besoin d’être écoutée, un besoin de pouvoir donner son avis sur presque tout, un besoin de contribuer, poursuit le chercheur. Les jeunes disent souvent : le travail,ce n’est pas une question de gagne-pain d’abord, mais une manière de se réaliser,de pousser au bout tout son potentiel.S’ils ne trouvent pas l’occasion d’y parvenir dans une entreprise, ils quittent rapidement pour une autre tentative. »

Des efforts et des investissements qui tombent souvent à l’eau
Les chercheur.euses du CCTT-ÉCOBES sont parfois confrontés à des témoignages dramatiques : après trois ans d’études, des jeunes font un stage de quatre mois, puis décident de tout abandonner.

« C’est le pire des scénarios pour la société et aussi pour le jeune, avoue monsieur Gaudreault. C’est ce que nous voulons éviter.Nous voulons aider les entreprises, ainsi que les lieux de stage et de formation, pour qu’ils évitent ces situations catastrophiques. Nous mettons collectivement beaucoup d’énergie et de ressources dans la formation. Les employeurs mettent beaucoup d’énergie dans le recrutement. »

Malgré tout, le taux de roulement à l’embauche continue d’augmenter.

« Toutes les études le démontrent : partout dans le monde,les jeunes votent avec leurs pieds en quittant leur emploi et en changeant de place. C’est catastrophique pour l’entreprise : les efforts mis en place dans le recrutement, dans l’accueil, dans la formation de base tombent à l’eau. Les employeurs doivent réaliser que ces investissements doivent être accompagnés d’un accueil mieux adapté aux différentes clientèles. Il ne faut pas se contenter d’un modèle unique. Il n’y a pas de recettes, mais de l’adaptation et de la diversification à implanter », affirme le chercheur.

Favoriser l’accueil et la rétention
Les mesures préconisées par le Conseil du patronat cherchent à attirer plus de travailleuses et de travailleurs dans les entreprises. Si on veut arriver à ramener en emploi tous les travailleurs qui sont en mesure de travailler, il faut d’abord amener les entreprises à travailler activement sur l’accueil et la rétention de cette main d’œuvre, selon Marco Gaudreault.

« C’est elle[l’entreprise] qui met l’argent ; c’est elle qui investit dans le recrutement. L’entreprise doit donc protéger son investissement. De meilleures mesures d’accueil et de rétention peuvent faire une grande différence.Les jeunes veulent un coach, pas un boss. Ensuite, il faut se rappeler plus que jamais qu’il faut donner du sens aux tâches demandées aux travailleuses et aux travailleurs. »

Des outils développés pour favoriser le mieux-être en emploi
Marco Gaudreault souhaite faire connaître un outil très pertinent, élaboré par sa collègue Marie-Ève Blackburn. Il s’agit du Guide d’intégration des jeunes en milieu de travail réalisé pour migrActionSaguenay–Lac-Saint-Jean. On y trouve, notamment, 10 suggestions pour bien intégrer les jeunes en milieu de travail.

Le CCTT-ÉCOBES a aussi développé un outil intitulé Renforcer le soutien aux étudiants et aux entreprises en matière de conciliation études-travail-famille qui prend tout son sens dans le contexte actuel. Pour Marco Gaudreault, les jeunes doivent apprendre à préserver la qualité de leur sommeil et à ne pas dépasser leurs limites.

« La fatigue, c’est la variable intermédiaire entre le nombre d’heures qu’on consacre au travail et la réussite des études. Soyons attentifs à la fatigue que les jeunes ressentent. Les jeunes ont tendance à courir tous les lièvres à la fois et on sait que c’est impossible. Dans un contexte de conciliation entre le travail et les études, et compte tenu du niveau de détresse et d’anxiété chez les étudiant.e.s, le niveau de fatigue est une manière d’être à l’écoute de soi-même. », explique-t-il.

« Les outils que nous avons développés sont là pour aider les individus à regarder leur hygiène de vie et à garder un certain équilibre pour bien performer et être heureux, et ce, tout en n’hypothéquant pas leur qualité de vie ou leur santé mentale et physique. »
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Cette série d’articles est élaborée en collaboration avec Le Réseau des CCTT –Synchronex

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