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Le Réseau Trans-tech : 20 ans d’évolution en réseau.



Par Monsieur Sébastien Piché enseigne au Cégep régional de Lanaudière à L'Assomption depuis 1996; il est également chargé de projet pour l'Association pour la recherche au collégial depuis 2007. Il s'intéresse à la recherche et aux fondements de l'éducation en enseignement supérieur. En collaboration avec Lynn Lapostolle et Monique Lasnier, il a publié La recherche collégiale : 40 ans de passion scientifique (PUL, 2011). Il est aussi l'un des auteurs d'un ouvrage didactique, Histoire de l'Occident (Modulo, 2011). Il est présentement membre de la Commission de l'enseignement collégial du Conseil supérieur de l'éducation.
Le texte qui suit est la transcription de l’allocution qu'il a  prononcée  à l’occasion du lancement du livre Le Réseau Trans-tech : 20 ans d’évolution en réseau en 20 dates clés, dans le cadre du cocktail du Réseau Trans-tech au congrès de la Fédération des cégeps, le 24 octobre 2012. Dans un style humoristique, l’auteur a voulu souligner la contribution des bâtisseurs du Réseau Trans-tech, depuis sa fondation jusqu’à nos jours.

Bonsoir chers amis,Je suis heureux d’être ici avec vous en cette occasion bien spéciale où nous soulignons les 20 ans du Réseau Trans-tech. L’heure est à la réjouissance, me direz-vous? Détrompez-vous, en ces temps de dénonciation de la collusion et de la corruption, l’heure est aux accusations. En effet, après toutes ces années, il est temps de révéler la vraie nature de cette organisation et de dénoncer tous ceux et celles qui l’ont bâtie. J’ai eu le privilège d’étudier toutes les archives du Réseau Trans-tech et de m’entretenir avec des acteurs clés. Vous tenez entre vos mains le résultat de mon enquête.

                  

Première rangée de gauche à droite: Gilles Charron, dg du CPIQ, président du C.A. de Trans-tech (2008-2010),Dominique Arnaud, Fédération des cégeps, Denis Beaumont, dg de TransBiotech, président du C.A. de Trans-tech (2005-2008), Alain Lallier, Portail du Réseau collégial, 1er président du C.A. de Trans-tech (1989-1990), Guy Forgues, président du C.A. de Trans-tech (1998).Sur la deuxième rangée, de gauche à droite : André Dion, dg de l’ICGQ, président du C.A. de Trans-tech (2001-2005), Jean Beauchesne, pdg fédération des cégeps, Gilbert Grenon, dg du CPA, président actuel du C.A. de Trans-tech (2011- …), Claire Boulé, Coordonnatrice générale actuelle du Réseau Trans-tech (2006- …)Absents sur la photo : Monsieurs Denys Larose, président du C.A. de Trans-tech (1992-1996) et Madame Nadine Lévesque, directrice générale de Trans-tech (2003 à 2005)

Sans plus attendre, j’accuse en tout premier lieu, et je l’invite à venir à mes côtés, M. Alain Lallier, ancien directeur général des cégeps de Trois-Rivières et du Vieux Montréal, personnage aujourd’hui dans l’ombre du site lescegeps.com. M. Lallier, je vous accuse d’avoir suivi les recommandations du directeur de votre Centre de métallurgie, d’avoir créé le Rassemblement des centres spécialisés du Québec et d’en avoir été le premier président officiel. À la saine compétition, seule garante de l’élimination des plus faibles au profit des plus forts, vous avez fait la promotion d’une association où les centres devaient collaborer et partager leurs expertises. Par votre faute, le gouvernement a appuyé cette vision dégénérative, collectiviste, des CCTT. M. Lallier, je vous accuse d’être le premier leader du Réseau Trans-tech.

J’accuse maintenant M. Denys Larose, ancien directeur général du Cégep de Sainte-Foy.
M. Larose, la liste de vos crimes est tellement longue qu’elle mériterait une commission d’enquête à elle seule. Vous avez présidé le Réseau Trans-tech de 1992 à 1996 et lui avez donné son premier plan stratégique, son image de marque et sa première direction générale. Vous avez convaincu le gouvernement de réserver l’appellation de « centre de transfert de technologie » au réseau collégial et, avec quelques malfaisants acolytes de la Fédération des cégeps, d’inscrire la recherche dans la mission des cégeps. Je vous accuse d’avoir écrasé les centres sous une taxe injuste de 4000$ par année pour financer vos rêves de grandeur. M. Larose, je vous accuse d’avoir structuré le Réseau Trans-tech.

J’accuse maintenant Mme Dominique Arnaud, directrice-adjointe à la présidence-direction générale de la Fédération des cégeps.Mme Arnaud, la crise financière du milieu des années 1990 a rendu envisageable le seul événement véritablement positif de l’histoire du Réseau Trans-tech, j’ai nommé : sa disparition. Je vous accuse d’avoir cherché à sauver le Réseau en l’hébergeant à un prix ridicule, de lui avoir fourni une de vos employées pour maintenir la cohésion du groupe, d’avoir payé pour ses communications et sa comptabilité. Je vous accuse d’avoir cherché des solutions aux problèmes financiers des CCTT et de leur réseau et d’avoir fait des démarches en ce sens auprès du gouvernement du Québec. Je vous accuse d’avoir toujours soutenu le Réseau. Sans vous, nous ne serions probablement pas ici ce soir. Je me réjouis au moins à l’idée que vous preniez enfin votre retraite demain.

J’accuse maintenant M. Guy Forgues, qui a sévi à la direction générale de tellement d’endroits – Cégep de Trois-Rivières, Campus Notre-Dame-de-Foy, Collège Édouard-Montpetit, Association des collèges privés du Québec, et j’en passe – que c’en est indécent. M. Forgues, je vous accuse d’avoir favorisé la prise en charge du Réseau par les directeurs de CCTT et, non content d’avoir mis fin à la prédominance des DG de cégeps sur le conseil d’administration, d’avoir, de concert avec M. Boucher et Mme Arnaud, convaincu le gouvernement fédéral de soutenir les CCTT, leur offrant une bouée de sauvetage pour l’achat d’équipements. Par votre faute, non seulement les CCTT menacés de fermeture ont traversé la tempête, mais en plus ils ont développé un plus grand sentiment d’appartenance au Réseau Trans-tech. M. Forgues, je vous accuse d’avoir mis en place les bases d’un renouvellement du Réseau Trans-tech.

J’accuse maintenant M. André Dion, directeur général de l’Institut des communications graphiques du Québec. M. Dion, je vous accuse, à titre de président du Réseau entre 2001 et 2005, d’avoir mis en place une infrastructure tellement solide, avec une permanence installée à Québec, qu’elle existe encore aujourd’hui. C’est vous qui êtes responsable des liens privilégiés qui se sont établis entre le gouvernement du Québec et le Réseau, le premier faisant du second son interlocuteur privilégié lorsqu’il est question des CCTT. Vous, qui êtes pourtant à la tête d’un des plus gros CCTT, avez délibérément fait adopter des règles favorisant la participation des plus petits centres aux instances du Réseau. M. Dion, je vous accuse d’avoir assuré la pérennité du Réseau Trans-tech.

J’accuse maintenant Mme Nadine Lévesque, ancienne directrice générale du Réseau Trans-tech. Mme Lévesque, je vous accuse d’avoir insufflé un dynamisme malsain au sein du Réseau et d’avoir élaboré un plan stratégique dont la mise en œuvre a entraîné de multiples projets qui ont fait travailler les CCTT en collaboration plutôt qu’en compétition. Je vous accuse d’avoir inversé la perception que plusieurs avaient des CCTT qu’ils étaient davantage des lieux de tests de laboratoire que de recherche. Mme Lévesque, je vous accuse d’avoir suscité l’enthousiasme des centres envers leur réseau.

J’accuse maintenant M. Denis Beaumont, directeur général de TransBIOTech.
M. Beaumont, je vous accuse d’abord et avant tout d’être ambitieux et de ne pas savoir vous contenter de ce que vous avez. Aviez-vous besoin de mettre en place des communautés de pratique, le projet Réseautage, les techno-conseillers, les Rencontres express des CCTT avec le milieu, et j’en passe? Non content de tout chambouler à l’intérieur du Réseau, vous avez joué les paons en représentant le Québec à l’échelle pancanadienne dans un projet-pilote du CRSNG qui a mené à la mise en place de programmes fédéraux qui ont multiplié les opportunités pour les CCTT. M. Beaumont, je vous accuse de ne pas assez dormir.

J’accuse maintenant Mme Claire Boulé, coordonnatrice générale du Réseau Trans-tech.
Mme Boulé, je vous accuse d’avoir mis en place une équipe compétente, toujours à vos côtés aujourd’hui, même s’ils doivent se lever à 5h00 le matin pour préparer des événements comme celui d’aujourd’hui. En plus de faire émerger de multiples partenariats à l’intérieur du réseau, vous en avez établi plusieurs entre le Réseau Trans-tech et d’autres acteurs du monde de la recherche au Québec et au Canada. Mme Boulé, je vous accuse d’avoir fait en sorte qu’il y aura dorénavant, dans l’histoire du Réseau Trans-tech et des CCTT, un « avant » et un « après » Claire Boulé. Pour un historien, cela représente une surcharge de travail.

Finalement, j’accuse M. Gilles Charron, directeur général du Centre de productique intégrée du Québec. M. Charron, vous qui êtes depuis très longtemps dans le milieu des CCTT, je vous accuse de ne pas avoir freiné cette maladie coopérative. Pire, vous en avez rajouté, avec les rencontres express avec le milieu et les visites interactives en entreprises, menées conjointement avec le Centre national de recherche du Canada. Par votre faute, le Canada en entier veut maintenant faire comme nous, reproduisant à la dizaine cette « inflammation CCTTale ». Vous avez appuyé la création de l’Atelier des experts et des dizaines de chercheurs sont ici, ce soir, avec plein d’affiches scientifiques qu’il nous faudra lire en faisant semblant de comprendre quoi que ce soit à leurs dessins et graphiques incompréhensibles. M. Charron, je vous accuse d’avoir gâché la soirée de toutes les personnes réunies ici!

Mes amis, le Réseau Trans-tech était fondé en octobre 1992, il y a 20 ans, presque jour pour jour. Plus sérieusement, je vous invite à souligner le travail de ses bâtisseurs, ici réunis pour la première fois. Plusieurs autres personnes auraient pu être « mises en accusation ». Elles me pardonneront de vous avoir, tous, épargné une encore plus longue allocution. Pour toutes les personnes rassemblées autour de moi, et pour toutes les autres qui ont bâti le Réseau Trans-tech, je vous invite à leur donner une bonne main d’applaudissements! Longue vie au Réseau Trans-tech!

 





 
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