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L’entrepreneuriat : la signature du Cégep Garneau




 

 

 

Entrevue avec M. Carol Gilbert, directeur de l’École d’entrepreneuriat de Québec. Direction de la formation continue et des services aux entreprises du Cégep Garneau.

 

 

 

 

Espace Entreprendre est un concept initié par le Cégep Garneau qui vise à démontrer toute la mobilisation de sa communauté collégiale autour de l’entrepreneuriat. Le Cégep s’est donné une bannière comparable à celle de cégep en santé ou de cégep vert. Le cégep a ainsi  structuré la vision et les actions qui ciblent les étudiants, bien sûr, à développer leur fibre entrepreneuriale, tester leur intérêt… mais aussi les entrepreneurs !  Garneau a construit une expérience solide et fructueuse auprès des jeunes : l’entreprise-école Garneau Travail, en action depuis 15 ans. Carol Gilbert explique : « Nous voulions valoriser cette initiative et lui permettre de prendre de l’expansion. Nous voulions également voir dans les programmes réguliers comment nous étions capables de développer des cheminements d’entrepreneuriat qui pouvaient être juxtaposés à des grilles existantes. Nous avons commencé par le Département de techniques administratives, visant les jeunes qui se destinent à la gestion… et par la suite nous avons étendu cette approche à d’autres programmes du Cégep. »

La naissance de l’École d’entrepreneuriat de Québec
Il restait à voir comment pouvaient s’articuler en formation continue et en services aux entreprises nos interventions auprès de la communauté. À la suite  des consultations de l’écosystème entrepreneurial et de différents organismes voués à l’entrepreneuriat, le Cégep Garneau a élaboré un modèle d’affaires qui est devenu l’École d’entrepreneuriat de Québec. « Cette école veut permettre à tout individu au terme d’une formation scolaire secondaire, collégiale ou universitaire d’avoir une occasion de se lancer en affaire de façon structurée. Nous visons également les personnes sans emploi qui veulent se lancer en affaires afin qu’elles puissent avoir accès à un programme leur permettant d’avoir rapidement l’accompagnement nécessaire pour démarrer leur entreprise. Avec le lancement de l’École, nous ajoutions à notre offre de services et pouvions prétendre que le Cégep Garneau pouvait offrir un cheminement entrepreneurial à toutes les clientèles confondues.  »

Lors de l'ouverture de l'École - Francine Lortie, maître de cérémonie, Sam Hamad, Denise Trudeau, Hélène Drouin, Desjardins, Natacha Jean, conseillère Ville de Québec et responsable de l’entrepreneuriat, Carol Gilbert, directeur de l’École d’Entrepreneuriat de Québec.

Une région socio-économique orientée entrepreneuriat
Depuis 2013, la Ville de Québec s’est dotée d’une politique économique qui visait à développer l’entrepreneuriat dans la Capitale-Nationale. Dans cette foulée, le dynamisme régional s’est mobilisé. Des entrepreneurs aguerris ont interpellé les différents milieux pour les inviter à s’impliquer. Entrepreneuriat Laval existait déjà dans ce sens, au niveau universitaire. Au niveau secondaire, des cours étaient offerts en lancement d’entreprises. Au niveau collégial, les initiatives étaient moins nombreuses. Le Cégep Garneau a levé la main et multiplié les initiatives. Depuis, les cégeps Limoilou et Sainte-Foy ont également lancé des projets. Ce qui caractérise l’approche Garneau, c’est de travailler à intégrer toutes les clientèles confondues par tout type d’approche de la valorisation de l’entrepreneuriat au démarrage d’entreprise, en passant par l’expérimentation et le développement de compétences.

Un modèle novateur
Le programme de l’École d’entrepreneuriat de Garneau n’est pas construit de cours et d’évaluations crédités par le Ministère. C’est un programme qui permet beaucoup de flexibilité. Tout au long de son cheminement, le futur entrepreneur profite de la rétroaction de l’écosystème entrepreneurial. Ces rétroactions lui permettent de réajuster son modèle d’affaires. « À la fin du parcours, ce n’est pas un diplôme qu’il reçoit, mais le démarrage de son entreprise qu’il réalise. Quand il arrive à l’École, il se met en action, il se met en mode créateur d’entreprise. Il peut y arriver de deux façons : soit qu’il ait déjà réalisé un plan d’affaires. À partir de là, l’École va l’accompagner à le réaliser. Ce qui va l’amener à revisiter chacune des étapes de ce plan, parfois à en déconstruire des parties pour le rendre plus réaliste en fonction d’un démarrage imminent. »

Seulement une idée ou un désir d’entreprise peuvent suffire
Mais on peut aussi arriver à l’École avec seulement une idée ou un désir d’entreprise. On se met alors en mouvement pour pouvoir en démarrer une. « Ce qui nous intéresse c’est que l’aspirant-entrepreneur arrive avec un besoin ou une problématique identifiée et pour laquelle il veut proposer une intervention. C’est l’élément de démarrage. Qu’est-ce que tu as identifié comme opportunités ? Qu’est-ce que tu as identifié comme besoin ? De là, on travaille avec lui pour élaborer un modèle d’affaires. »

Une approche pédagogique innovante
« Nous travaillons de deux manières avec les aspirants entrepreneurs : nous travaillons à développer les réflexes et les compétences nécessaires pour construire un modèle d’affaires, compétences d’ordre technique qui sont semblables d’un programme de formation à un autre. Mais, notre approche andragogique se veut innovante en ce sens que nous mettons l’accent sur les besoins du futur entrepreneur. Nous demandons à nos formateurs de s’adapter aux réalités des entrepreneurs de manière à ce que la formation soit éminemment concrète et basée sur le besoin de l’entrepreneur. Dès la fin de la formation, il peut mettre en opération son entreprise. »

Un accompagnement personnalisé
L’École doit fournir un accompagnement personnalisé qui vise à soutenir le développement de la personne dans son savoir-agir, dans son savoir-être.
Au départ, un test psychométrique permet de dessiner un profil de l’individu qu’on met en parallèle avec un profil entrepreneurial à succès qui a été documenté par une revue de littérature scientifique. Ce qui permet d’établir un plan de développement entre ses compétences et celles qu’il devrait développer pour utiliser son potentiel d’entrepreneur. Il est suivi par un coach professionnel tout au long de sa formation.

Tous les intervenants ont une certification. Tout le processus d’encadrement passe par des organisations certifiées. Tous les coachs sont certifiés ICF, TRIMA et en codéveloppement.

L’ensemble du l’écosystème entrepreneurial est sollicité
« Nous faisons intervenir l’ensemble de l’écosystème entrepreneurial. Souvent, les entrepreneurs doivent butiner d’un organisme à l’autre pour obtenir des services. Nous encourageons tous les organismes en entrepreneuriat à venir intervenir au sein de l’École. Nous faisons appel à des intervenants qui font profiter de leurs compétences. Nous les faisons intervenir juste au bon moment par rapport au cheminement des futurs entrepreneurs dans l’évolution de leur modèle d’affaires. Nous faisons aussi appel à d’autres intervenants qui offrent des services très pointus dans différents domaines qui ne sont pas couverts par les organismes en entrepreneuriat. S’ajoutent à cela des entrepreneurs qui viennent partager avec les aspirants leurs success-stories ce qui permet un peu de rétroaction sur ce qu’ils vivent. »

L’ensemble de ces interventions permet à l’apprenti entrepreneur de s’inscrire dans un milieu d’affaires, de sortir de son isolement. À l’École, il possède une place d’affaires où il peut se concentrer. Le lieu est aménagé pour favoriser le travail en équipe.

Des frais d’inscription de 10 000 $
Nous avons demandé à Carol Gilbert si l’exigence de payer des frais d’inscription de 10 000 $ ne pouvait pas avoir un effet dissuasif. Il nous explique que le milieu entrepreneurial consulté a insisté sur l’importance pour l’entrepreneur de développer une culture de conscience de l’importance de son investissement. « Nous vivons au Québec dans une culture de la gratuité. Ce qui fait en sorte que les entrepreneurs ne développent pas les bons réflexes pour se lancer en affaires sur des bases entrepreneuriales. Pour les organisations que nous avons consultées, il est important que celui qui veut se lancer en affaires investisse dans son projet. En le faisant, ça crée un engagement sérieux qui va les motiver et les garder motivés. »

Un programme de bourses et un panier de services
L’École s’est questionnée sur le frein que pouvait constituer ce niveau de frais. On a alors mis en place un programme de bourses qui fait appel au soutien d’autres gens d’affaires établis. « Par la Fondation du Cégep Garneau, on peut faire un don de 5 000 $ qui est retourné en bourse d’études pour diminuer les coûts d’inscription. Le candidat assume dans ce cas seulement 5 000 $ à son entrée à l’École. Afin qu’il comprenne qu’il y a aura un retour sur l’investissement, nous lui fournissons un ordinateur portable avec les logiciels de gestion paramétrés pour faire évoluer son modèle d’affaires. Nous lui fournissons de plus un portefeuille de services professionnels qui équivaut à 3 500 $. Sinon, il devrait payer ses honoraires (frais d’avocat ou frais de comptable) pour lancer son entreprise. Notre futur entrepreneur peut ainsi dire en l’espace de 6 mois : oui, j’ai investi, mais j’ai un retour sur mon investissement par les services qui me sont offerts. »

Des travaux pour 3 millions $ pour aménager l’École
De manière à donner vie au projet Espace Entreprendre, le Cégep Garneau voulait permettre à la communauté d’affaires en émergence de pouvoir trouver un lieu où seraient regroupés une multitude de services pour soutenir leur démarrage d’entreprise. « Nous avons décidé de convertir un des étages du pavillon de la Formation continue et des services aux entreprises et d’aménager l’École d’entrepreneuriat qui va compter 20 places d’affaires. Nous allons aussi y intégrer un incubateur d’entreprises pour six entreprises en démarrage pendant leurs 365 premiers jours de vie. S’y trouvent aussi des salles de rencontre, de vidéoconférence, une salle d’accompagnement, un espace dédié qui permet de faire du lancement de produits, des évènements de réseautage. Tout est ouvert 7 jours semaine, jour et le soir.

Un soutien important de part de la Fondation du cégep
Carol Gilbert rappelle que dans la Loi des cégeps, toutes les activités de la formation continue, particulièrement quand elles sont logées dans un pavillon indépendant, doivent s’autofinancer. « Nous n’avons pas accès aux subventions que le gouvernement accorde au secteur régulier. La Fondation vient dans ce sens jouer un rôle très important. En contribuant à l’École, les gens d’affaires peuvent ainsi profiter des avantages fiscaux sur leurs dons. La Fondation travaille en mode de réciprocité avec le milieu des affaires en formant des gens qui contribueront à la vitalité économique du milieu. Pour eux, c’est un bon retour sur l’investissement. Tout le monde sort ainsi gagnant, aidant à lancer des entreprises qui créent de la richesse. Ce choix de la part du Cégep Garneau de la filière entrepreneuriale reçoit des échos très positifs de la communauté des affaires. Déjà, tout notre programme de bourses a trouvé preneur auprès des entreprises. Des espaces pourront être commandités par des partenaires de la Fondation. Les entreprises vont aussi faire des contributions en services. »

L’École est démarrée
À l’été dernier, une première cohorte comptait 5 entrepreneurs dont trois ont démarré leur entreprise. Dès à présent, 9 entrepreneurs sont inscrits dans la démarche depuis le début janvier. Les entrées se font de façon continue avec des cohortes démarrant aux trois mois. Les cohortes se chevauchent. Cette formule permet une certaine émulation et stimulation entre nouveaux et anciens.

Les aspirants entrepreneurs de la première cohorte de l’École d’entrepreneuriat entourer de plusieurs des intervenants, accompagnateur, coach, formateurs de l’École.

L’importance de s’investir à temps plein
« Nous demandons aux aspirants entrepreneurs de se consacrer à temps à leur  projet d’affaires. Ce qui leur demande de réorganiser leur vie en conséquence. Nous sommes à mettre en place les dispositifs pour que la personne qui veut s’inscrire dans la prochaine cohorte puisse s’y préparer. Nous voulons que nos participants soient et demeurent en action. Nous demandons aux personnes de consacrer un minimum de 25 heures par semaine à leur projet. Nous leur proposons15 heures d’activités encadrées qui se réalisent le soir et les fins de semaine et par ailleurs, les activités de coaching représentent une quinzaine d’heures. Nous leur suggérons 35 heures semaine s’ils veulent démarrer leur entreprise dans un délai raisonnable. Pour y arriver, nous leur donnons des échéances et des livrables à rencontrer pour qu’ils développent la discipline nécessaire à être entrepreneur. »

 

 

 

 

 

Madame Denise Trudeau, directrice générale du Cégep Garneau

Une DG impliquée
Carol Gilbert est  affirmatif quand il s’agit de souligner le rôle essentiel de la directrice générale, Denise Trudeau, dans la réalisation du projet : « Nous ne pourrions pas faire ce que l’on fait, si nous n’avions pas l’appui de la direction générale pour mobiliser et motiver la communauté. Ce n’est pas simple de se définir comme une entreprise à l’intérieur d’un établissement public. Nous devons prêcher par l’exemple en étant nous-même une entreprise en démarrage. C’est sûr qu’un tel projet dérange les habitudes d’une maison d’enseignement. Ce projet d’école suppose ou exige toute une mobilisation de la communauté. Madame Trudeau a dû la convaincre qu’on avait besoin de cela dans notre région ; que ce n’est pas seulement l’affaire de la formation continue, mais l’affaire du Cégep Garneau. La formation continue ne peut opérer si elle ne bénéficie pas de toute l’expertise qui existe dans le collège et c’est la contribution de l’ensemble des directions qui permet de donner vie au projet. C’est essentiel que la direction générale soit impliquée et mobilisée. Madame Trudeau a su susciter l’intérêt de la communauté avec doigté, elle a maintenu des liens avec le milieu des affaires.Elle a positionné le Cégep dans la communauté des affaires comme un acteur qui a un rôle à jouer. Elle a réussi à convaincre la communauté ; ça transparaît dans le plan stratégique des cinq prochaines années élaboré à partir d’une consultation du milieu assurée par la directrice générale. »

Dossier préparé par Alain Lallier, édimestre et Éditeur en chef, Portail du réseau collégial





 
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