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Renée Asselin,vecteur pédagogique dédié .




 

Entretien entre Mme Renée Asselin, conseillère pédagogique au Cégep Édouard-Montpetit et récipiendaire du Prix Vecteur pédagogique 2015, et Mme Marie Lacoursière.

 

 

Avec la remise du Prix Vecteur pédagogique, le conseil d’administration de l’AQPC (Association québécoise de pédagogie collégiale) reconnaît la contribution particulière d’un membre du personnel professionnel qui soutient et accompagne, sur le plan pédagogique, les enseignants ou les gestionnaires de son collège de façon exceptionnelle, et ce, tout en mobilisant son milieu vers l’innovation pédagogique, le succès des étudiants et l’offre de programmes d’études enrichissants.

Le prix Vecteur pédagogique 2015 a été remis à Mme Renée Asselin, conseillère pédagogique à l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) du Cégep Édouard-Montpetit. Le parcours de Mme Asselin est marqué par la qualité de ses engagements. Nous avons échangé avec elle et découvert une conseillère pédagogique motivée et dynamique.

Une carrière dédiée au Cégep Édouard-Montpetit et à l’ÉNA
Renée Asselin a étudié au Cégep Édouard-Montpetit de 1983 à 1986. Dès décembre 1988, elle était de retour au Cégep et y amorçait sa carrière comme employée de soutien, période pendant laquelle elle a effectué ses études universitaires de premier cycle pour l’obtention d’un certificat en gestion des ressources humaines. Elle complète par la suite un baccalauréat en enseignement de la formation professionnelle et technique à l’Université du Québec (UQAM). En 1999, elle amorce sa carrière d’enseignante au Département de microédition et hypermédia, où elle reste en poste jusqu’en 2005. Au cours de cette période, elle poursuit des études universitaires de deuxième cycle à la maîtrise en enseignement (M. Ed) à l’UQAM et travaille au Service de l’enseignement, de 2001 à 2005, comme analyste à la fabrication des horaires, au calcul de la charge individuelle des enseignants et à la prévision de la clientèle étudiante. C’est à titre de conseillère pédagogique qu’elle intègre en 2005 l’École nationale d’aérotechnique, une composante du Cégep Édouard-Montpetit.

Dès 2007, avec l’aide de deux collègues du campus Longueuil, elle participe à la mise en place d’un programme d’accueil des nouveaux enseignants. L’objectif du programme est de regrouper tous les enseignants nouvellement engagés afin de répondre à leurs questions et leur permettre de connaître un début de carrière harmonieux. De 2005 à 2009 et de 2011 à ce jour, elle assume la fonction de répondante locale de PERFORMA pour tout le Cégep Édouard-Montpetit. Durant ces années, elle a mis en place quatre cohortes du MIPEC (microprogramme de deuxième cycle en insertion professionnelle en enseignement au collégial) qui ont été offertes autant au Cégep qu’à l’ÉNA. Cette formation est maintenant reconnue par le Cégep comme préalable aux enseignants dont le baccalauréat disciplinaire n’existe pas. Elle a instauré une collation des grades pour les finissants, célébrant ainsi la grande réussite de ces enseignants nouvellement engagés au Cégep pour la plupart. Malgré le fait que ce type de formation soit surtout donnée en ligne, elle démarrera à l’automne 2015 une cohorte de 15 enseignants au DE (diplôme de deuxième cycle en enseignement) en présence. Elle a également permis à deux cohortes (2012 et 2014) de la Maîtrise en enseignement au collégial de PERFORMA de suivre les cours en présence. Elle a participé à l’implantation des programmes Maintenance d’aéronefs et Avionique par compétences, d’un DEC en maintenance d’aéronefs, offert en anglais, ainsi qu’à la création d’un DEC-BAC en génie aérospatial. De plus, elle a accompagné les départements afin de constituer les dossiers déposés au ministre pour l’acquisition de deux avions turboréactés par l’ÉNA.

"Ça fourmille ici. Ça grouille de vie chez nous. C’est la gang de l’ÉNA".

La définition du terme « conseiller pédagogique »
Ces deux mots prennent un grand sens pour Renée Asselin. Comme sa prédecesseure était très appréciée par les enseignants de l’ÉNA, elle devait être patiente pour « apprivoiser » les enseignants (90 % d’enseignants et 10 % d’enseignantes). Elle suivra des cours dans les programmes afin de bien comprendre la réalité de son nouveau milieu. Elle a été bénévole, comme nombre de ses collègues, à toutes les activités, dont les portes ouvertes, l’accueil des nouveaux étudiants, ainsi que les soirées de remise des bourses et de fin d’études. Elle met graduellement en place des comités de travail et, lorsque nécessaire, elle assiste aux assemblées départementales et participe au comité consultatif. L’ensemble de ses actions a fait en sorte qu’elle est aujourd’hui considérée comme une conseillère pour l’ensemble des enseignants dans les départements avec lesquels elle travaille. Nombreux sont ceux qui lui demandent conseil dans leur enseignement. Elle est même sollicitée afin d’assister à des cours et donner son opinion sur la prestation offerte et le matériel pédagogique utilisé.

Relations avec les intervenants
Renée Asselin travaille depuis l’automne 2014 avec Nathalie Loiselle, technicienne en santé-sécurité, afin que le travail des enseignements et les façons de faire répondent aux plus hauts critères de qualité. Au cours de la dernière année, elle a produit Les lendemains du Comité des programmes, un aide-mémoire à l’intention des membres sur les actions à prendre à la suite des rencontres du Comité des programmes. Voilà un outil des plus efficaces et très apprécié par les professeurs. Elle a de plus organisé des rencontres interservices entre professionnels (avec le Centre des services adaptés à la session d’automne et les aides pédagogiques individuelles à l’hiver). Elle a publié, avec l’aide de ses collègues professionnels, un journal intitulé Le réacteur de nouvelles qui diffuse de l’information concernant les TICS, les services adaptés, l’organisation scolaire, la bibliothèque, la SST et les autres nouveautés pédagogiques. Enfin, elle a également participé à la mise sur pied du Club social des employés de l’ÉNA.

Une candidature reçue avec beaucoup d’émotion
Questionnée sur le sens de la reconnaissance reçue par ses pairs, Mme Asselin exprime sa surprise et son émotion : « C’est vraiment particulier de recevoir une récompense pour quelque chose que j’aime aussi profondément. C’est la reconnaissance par des collègues d’un travail effectué, si je peux m’exprimer ainsi, avec enthousiasme. D’apprendre que ma candidature était soumise m’a beaucoup émue. À l’ÉNA, tout le monde travaille ensemble, dans le même but. Qu’on reconnaisse de façon particulière mon travail me touche. »

L’ÉNA : un milieu engageant
« L’ÉNA est un milieu tissé serré », précise Renée Asselin. « Spontanément, tout le monde est là et met la main à la pâte. L’ensemble des groupes d’employés, enseignants, cadres, professionnels, employés de soutien, participe à toutes les activités, un phénomène naturel dû au fait que nous sommes peu nombreux dans chacun des services, la tête de tout ça étant à Longueuil. C’est particulier et c’est l’effet d’entraide généré par l’organisation même qui rend le milieu si dynamique. Je suis certaine que les employés des écoles nationales ou des campus dans la même situation que l’ÉNA vous diraient la même chose.  

« Le défi des relations avec les intervenants réside en partie dans la gestion de leurs réalités. À titre d’exemple, au Campus de Longueuil, chaque programme a son comité de programme. Ici, à l’ÉNA, nous tenons plusieurs rencontres du Comité des programmes, où sont conviés les cinq départements techniques qui contribuent d’une façon ou d’une autre aux trois programmes offerts, à savoir Techniques de génie aérospatial, Maintenance d’aéronefs et Avionique. Nous échangeons donc en tenant compte des réalités communes aux trois programmes. À titre d’exemple, quand un changement technologique comme le composite touche un programme, cela concerne le programme de maintenance et de génie aérospatial. Les changements requis se font donc dans les deux programmes. Il en est de même pour la mise en place des sous-comités à la réussite, que nous structurons chez nous en fonction des réalités qui nous sont propres. »

L’ENA profite du soutien d’une aide pédagogique individuelle, Mme Christiane Lamothe, avec laquelle Renée Asselin travaille en étroite collaboration afin de clarifier les situations pédagogiques qu’elles identifient de part et d’autre. La petite équipe est polyvalente et travaille avec les cinq départements techniques, auxquels s’ajoutent les enseignants des départements de français, de philosophie, d’éducation physique et d’anglais qui ne travaillent pas à temps plein à l’ÉNA, puisqu’ils gravitent entre les deux campus. Les coordonnateurs des départements de la formation générale siègent aux comités des programmes, mais Renée Asselin est davantage appelée à travailler avec les enseignants des programmes techniques.

Une équipe d’intervenants ouverts et positivement critiques
« Le départ de Mme Lucie Hogue, qui travaille maintenant au Centre collégial de développement de matériel didactique (CCDMD), fut une grande perte pour l’ensemble des enseignants. J’ai dû y aller en douceur dans la continuité des travaux et des moyens mis en place pour atteindre les objectifs poursuivis. L’équipe a développé les programmes durant les années 1999, 2000 et 2001. Les allocations gouvernementales requises pour leur implantation ont cependant tardé. Les programmes ont ainsi démarré officiellement en 2007 (Maintenance) et 2008 (Avionique). Les programmes développés par ma collègue avec une équipe de professeurs ont ainsi été mis sur les tablettes pendant quelque 10 ans avant d’être remis en place avec la nouvelle conseillère pédagogique que j’étais, et ce, avec une équipe d’enseignants en renouvellement, puisque la moitié des premiers interlocuteurs étaient partie à la retraite. Les références étaient plus complexes à faire et de nombreux ajustements ont dû être apportés. Le travail d’appropriation a demandé beaucoup de discipline. L’aisance dont j’ai pu bénéficier tient au fait qu’ici le milieu est éminemment industriel. Les professeurs sont tous des experts qui proviennent du marché du travail et qui se sont approprié la pédagogie graduellement. Ce fut un grand défi pour Lucie Hogue comme pour moi. »

La pédagogie en soutien à l’enseignement
De nouveaux défis s’imposent actuellement. Bien que plusieurs enseignants de l’ÉNA ont fait leur BEP (Baccalauréat en enseignement professionnel) à PERFORMA il y a plus de 20 ans, ils se questionnent beaucoup sur la réforme de 2010, sur les façons d’évaluer autrement, sur les raisons du plagiat. L’absence des notions pédagogiques récentes essentielles à la gestion de la classe, à l’acquisition des apprentissages et à l’évaluation des acquis sont plus évidents chez les enseignants. « Mon rôle prend, dans ce cadre, tout son sens, » confirme Mme Asselin. 

« En équipe, des collègues et moi avons créé un journal pédagogique qui tient sur une page. Quelque 140 mots par article qui donnent de brèves informations sur plusieurs thèmes ou qui répondent à des questionnements des enseignants. Le Service des programmes et l’Organisation scolaire sont le cœur de L’ÉNA. C’est ici que les enseignants viennent en premier, peu importe leurs questions! Ces rencontres fortuites constituent d’excellentes occasions d’échanges permettant de réamorcer des discussions se rapportant à la mission première qu’est l’enseignement et la qualité des relations entre maîtres et élèves qui favorisent l’acquisition des apprentissages. Le travail de corridor est également efficace. »

Des relations d’aide dignes de mention
« De quoi êtes-vous la plus fière? » avons-nous demandé à Mme Asselin. « Je suis vraiment fière des relations que j’ai développées avec tout le monde ici à l’ÉNA. J’adore ce que je fais et je ne veux pas bouger d’ici. J’ai eu de belles expériences professionnelles ailleurs. J’ai fait des supervisions de stages, je me suis promenée partout. Je suis allée voir des écoles de formation professionnelle, des cégeps techniques et j’ai noué de nombreux contacts qui constituent d’excellentes références pour ici. Mais c’est indéniablement ici que je retrouve le plaisir de poursuivre et de partager mon vécu professionnel. Je suis très à l’aise de travailler et d’évoluer au quotidien avec une gang de gars. Je terminerai ma carrière ici. »

Un milieu qui grouille de vie
« Quand je suis arrivée, l’ÉNA était un endroit où peu de personnes voulaient travailler, car il n’y avait pas restaurants à proximité, tout le travail administratif se faisait par courrier interne, ce qui occasionnait de nombreux déplacements vers le campus Longueuil (pour les réunions, entre autres). Aujourd’hui, cela n’existe plus. L’équipe s’est transformée. Une chimie particulière s’est développée, marquant ainsi le milieu d’une aura très positive. À titre d’exemple, un enseignant de philosophie peut donner un cours propre au programme, puisque seuls des étudiants d’aéronautique sont inscrits à son cours. Les professeurs de littérature ont su développer une semaine de la culture extraordinaire. De nombreuses thématiques ont été exploitées au fil des ans, créant un environnement culturel digne de mention.

Ça fourmille ici. Ça grouille de vie chez nous. C’est la gang de l’ÉNA, et j’en suis. »





 
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