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L’exercice du jugement et la sélection des œuvres complètes dans les cours de littérature au collégial

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Par Marcel Goulet et Lise Maisonneuve, professeurs de littérature au Collège Édouard-Montpetit .
 
Les devis du ministère fournissent des balises pour la sélection du corpus littéraire à travailler dans les cours de français au collégial, mais le choix des œuvres inscrites au programme de lecture des étudiants relève du jugement professionnel des enseignants. L’analyse de 137 questionnaires remplis par des professeurs et de 18 entretiens semi-dirigés nous permet de mieux connaître les choix des professeurs pour établir le corpus des œuvres complètes qui participent à la constitution de l’héritage culturel des étudiants du collégial.

La communication présentée au congrès de l’AQPC en mai 2012 s’inscrit dans le cadre d’une recherche portant sur La place des œuvres complètes dans l’enseignement du français au niveau collégial au Québec. Ce projet triennal (2009-2012) a été financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et par le Collège Édouard-Montpetit. L’équipe de recherche est composée d’Olivier Dezutter, professeur au Département de pédagogie de l’Université de Sherbrooke, de Marcel Goulet et Lise Maisonneuve, professeurs de littérature au Collège Édouard-Montpetit et de Julie Babin, étudiante au doctorat à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Ce programme de recherche vise à dresser un portrait des pratiques des enseignants relativement aux choix des œuvres et aux activités menées autour de ces dernières.

Dans le cadre de la communication présentée au congrès de l’AQPC, nous avons voulu décrire l’exercice du jugement professionnel des enseignants quant aux choix des œuvres complètes enseignées dans les trois cours de français de la formation générale commune. Pour ce faire, nous avons voulu répondre aux questions suivantes :
Qui choisit les œuvres qui seront enseignées?
Quels facteurs entrent en jeu dans le choix des œuvres?
Quelles œuvres sont enseignées?
Quelles tensions marquent cet exercice du jugement?

Qui choisit les œuvres qui seront enseignées?

Les devis du ministère fournissent des balises pour la sélection du corpus littéraire à travailler dans les cours de français au collégial, mais ils n’imposent aucun titre d’œuvre. La sélection doit respecter les critères suivants : « Les titres ont marqué l’histoire de la littérature d’expression française; ils appartiennent à des époques différentes; ils touchent aux quatre principaux genres littéraires (poésie, théâtre, discours narratif, essai) […] Ces choix assurent une place équilibrée à la littérature québécoise » (Gouvernement du Québec, 2009a, p. 7).

Les départements, quant à eux, vont établir des règles à suivre selon l’origine, la périodisation, le genre ou le courant auquel les oeuvres appartiennent, mais les départements, selon les données de notre enquête, n’imposent ni titre ni liste.

Il revient donc aux enseignants de choisir les titres qu’ils inscrivent à leur programme et, sans surprise, la très grande majorité d’entre eux (90% des répondants) décident seuls du choix des œuvres. Parfois, la sélection se fait en concertation avec des collègues (10% des répondants). Et très rarement (6%), le choix d’une œuvre est laissé aux étudiants et, si c’est le cas, ils doivent choisir un titre parmi une liste préétablie.

Quels facteurs entrent en jeu dans le choix des œuvres?

Conformément aux buts et prescriptions établis par le ministère, ce sont les dimensions littéraires et patrimoniales qui constituent les critères les plus souvent utilisés par les enseignants lors de leurs réponses apportées au questionnaire : la valeur de l’œuvre reconnue par l’institution littéraire (97 % des répondants) et son appartenance – du point de vue de l’enseignant – à une culture littéraire de base (94 %).

Les compétences à développer et les apprentissages visés ont une influence majeure sur la sélection des titres qu’effectuent les enseignants. Dans le respect des devis ministériels, on exige de l’élève de savoir, entre autres, « repérer et classer des procédés stylistiques » (Gouvernement du Québec, 2010, n.p.). Dès lors, 87 % des répondants déclarent choisir les œuvres en fonction de leur pertinence pour l’étude des procédés d’écriture. D’ailleurs, lors des entretiens, des enseignants ont déploré le fait que certains cours soient devenus des « cours de figures de style ». Nous verrons que ce sentiment d’instrumentalisation des œuvres est l’une des tensions observées chez les enseignants rencontrés lors des entretiens.

Quant aux facteurs liés aux étudiants qui peuvent avoir une incidence sur la sélection des œuvres, près du tiers des répondants (29%) déclare tenir compte de la composition du groupe, notamment lorsqu’il s’agit d’étudiants plus faibles ou d’une classe composée en majorité de garçons. Pour ce qui de l’intérêt présumé des étudiants pour l’œuvre, seulement le quart des répondants affirme y être sensible.

Le facteur dominant quant au choix des oeuvres s’inscrit dans une visée de « transmission d’un fonds culturel commun ». Et comme l’exprime un enseignant en entrevue : « Ce sont des œuvres importantes. On va essayer de vous faire trouver une résonance à ces œuvres-là. Là, je trouve que je réussis à justifier mon choix d’œuvres. »

Quelles œuvres sont enseignées?

La valeur patrimoniale de l’œuvre étant clairement dominante dans le choix qui est fait des œuvres mises au programme dans les cours de Français, langue et littérature, nous verrons quelles œuvres marquantes constituent le palmarès des titres. En tout, 398 titres ont été évoqués dans les quelque 400 plans de cours examinés, pour un total de 243 auteurs différents. Il faut préciser que, lorsqu’il s’agit de faire lire des œuvres du passé, le consensus se fait plus facilement autour d’un noyau d’auteurs et de titres. Pour ce qui est de l’origine des auteurs, nous observons une présence relativement marquée de la littérature québécoise. Il est vrai que l’un des trois cours obligatoires est consacré entièrement à la littérature québécoise (même si des auteurs québécois peuvent aussi être inscrits au programme des deux autres cours, centrés dans la plupart des cas sur la littérature française). Mais, tous cours confondus, les données recueillies dans les plans de cours montrent que 42,4 % des enseignants mettent au moins une œuvre de littérature québécoise au programme.

Le palmarès des titres selon les plans de cours analysés (n=400)

398 titres différents 1225 entrées
Candide 41
Don Juan 34
Tristant et Iseut 32
Le dernier jugement d'un condamné 31
Les fleurs du mal 20
Le bougeois gentilhomme 19
À toi pour toujours, ta Marie-Lou 17

Le palmarès des auteurs selon les plans de cours analysés (n=400) 

243 auteurs cités Mentions Remarques
Molière 114 3 étudiants québécois sur 5 auront lu une œuvre de Molière
Voltaire 60 1 étudiant québécois sur 3 aura lu une œuvre de Voltaire
Michel Tremblay 54 2 étudiants québécois sur 5 auront lu une œuvre de Tremblay
Maupassant 50 2 étudiants québécois sur 5 auront lu une œuvre de Maupassant
Hugo 45 1 étudiant québécois sur 5 aura lu une œuvre de Hugo

Quelles tensions sont observées?

Lors de l’analyse des entretiens, nous avons pu dégager des éléments de tension qui peuvent s’exprimer lors de la sélection des œuvres.

Les enseignants doivent concilier ces deux visées des devis ministériels : assurer la transmission d’un fonds culturel commun et mettre les étudiants en contact avec « une culture vivante, actualisée et diversifiée ».

Ils assurent la transmission de connaissances littéraires indispensables pour l’étude des œuvres et, par ailleurs, ils veulent donner aux étudiants le goût de lire.

Les enseignants ont comme responsabilité de développer les savoirs nécessaires pour satisfaire les exigences ministérielles, dont les savoir-faire rédactionnels formels, mais craignent de réduire les œuvres à un simple prétexte ou instrument d’études.

Conclusion :

Le jugement des enseignants, quant aux choix des œuvres, est complexe et influencé par de multiples facteurs. Il est fortement consensuel eu égard aux classiques et très divers quant aux œuvres contemporaines. Il est souvent inquiet et marqué par des contraintes et des tensions. Dans ce rôle qui incombe à l’enseignant d’être un bon guide, le choix des œuvres s’avère, comme disait Montaigne, «un sujet noble et tracassé». 

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"G Suite pour l’éducation": pour une pédagogie axée sur la collaboration

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De gauche à droite sur la photo : Lyly Lessard, enseignante d’anglais langue seconde, Kurt Vignola, enseignant d’histoire, Maxime Ross, conseiller en technopédagogie et Professeur certifié Google de niveau 1 et Michel Ouellet, enseignant de chimie et coordonnateur du Département de chimie.

Propos recueillis et mis en forme par Andréanne Turgeon, éditrice pour Profweb.

En novembre 2015, Maxime Ross, conseiller en technopédagogie au Cégep de Rimouski, publiait sur Profweb le dossier Le projet Chromebook et le déploiement des outils Google pour l’Éducation. Il y présentait les grandes étapes ayant mené à l’introduction de Google Classroom et des appareils Chromebooks parmi une cohorte d’étudiants du programme de Sciences, Lettres et Arts (SLA). Cette première expérimentation visait à explorer les outils infonuagiques de Google, d’en valider les applications pédagogiques et de justifier leur déploiement éventuel auprès de l’ensemble de la communauté collégiale du Cégep de Rimouski. Qu’en est-il un an plus tard?

À l’automne 2016, une petite équipe d’enseignants ayant participé au projet Chromebook, ainsi qu’une enseignante en langues passionnée par les technologies, s’est réunie à l’invitation de Maxime Ross afin de partager son expérience et d’offrir au réseau collégial un aperçu des plus récents développements au Cégep de Rimouski.

Lire la suite sur Profweb.

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"jeparsenvoyage.info", un site Internet pour promouvoir la mobilité étudiante internationale au collégial

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Dossier préparé par deux enseignants du Campus Notre-Dame-de-Foy,

MM. Matthieu B. Lanouette et Alexandre Jobin-Lawler.

Vous avez depuis quelques années l’idée d’organiser un stage à l’international dans le cadre d’un de vos cours et vous cherchez un organisme qui pourrait vous aider à mener à bien votre projet.

Un étudiant se présente à votre bureau et vous mentionne qu’il aimerait vivre une expérience de mobilité internationale dans le cadre de ses études, mais vous ne savez pas vers quelle ressource le diriger.

Vous pensez qu’un séjour outre-frontières pourrait être enrichissant pour vos étudiants et vous souhaiteriez obtenir de l’aide pour leur en faire la démonstration.

Si vous vous reconnaissez à l’intérieur de l’une ou l’autre de ces situations, sachez qu’il existe depuis peu une ressource Internet visant à promouvoir la mobilité étudiante internationale au collégial. Deux enseignants du Campus Notre-Dame-de-Foy à Saint-Augustin-de-Desmaures ont développé un site Internet à cet effet dans le cadre d’une recherche-action financée par le programme de recherche et d’expérimentation pédagogiques (PREP) de l’Association des collèges privés du Québec. Le site est disponible en ligne à l’adresse suivante : www.jeparsenvoyage.info.

Pourquoi un site Internet sur la mobilité étudiante internationale au collégial?

L’idée à la base de la recherche-action qui a donné naissance au site www.jeparsenvoyage.info est venue à la suite de deux études que nous avons menées sur les séjours et les stages internationaux des étudiants. (Les rapports sont disponibles sur le site Internet www.jeparsenvoyage.info, dans la section « Documents à télécharger ».)

Source: Boutet-Lanouette, M. et Jobin-Lawler, A. (2011). La mobilité étudiante internationale dans les collèges privés québécois : quels effets pour les étudiants? et (2012). Étude sur l’intérêt et l’engagement des étudiants des collèges privés québécois dans des projets de mobilité internationale. Saint-Augustin-de-Desmaures : Campus Notre-Dame-de-Foy, (pages couvertures).

Les résultats de ces recherches montrent que les étudiants retirent d’importants bénéfices (sur les plans personnel, professionnel et scolaire) des séjours internationaux qu’ils effectuent dans le cadre de leurs études et qu’ils sont majoritairement intéressés par ces types d’expériences lors de leur passage au collégial, mais que, pour diverses raisons (principalement de nature financière et publicitaire), ils sont parfois assez peu nombreux à concrétiser leur intérêt en expérience réelle.

En fait, de nombreux étudiants interrogés dans le cadre de notre étude de 2012 n’étaient pas au courant de la possibilité qu’ils avaient de vivre une expérience à l’étranger dans le cadre de leur programme d’études. Plus précisément, 33,7 % des participants à cette recherche pensaient que leur collège ne leur offrait pas cette possibilité ou ils ne savaient tout simplement pas que de tels voyages existaient dans leur programme. Pourtant, l’échantillon de recherche avait été sélectionné aléatoirement parmi l’ensemble des programmes du réseau collégial privé québécois qui offraient à leurs étudiants la possibilité de vivre une expérience à l’étranger d’au moins une semaine dans le cadre de leurs études. L’un des constats que nous avons tirés de cette situation est que la publicité des séjours pouvait peut-être dans certains cas être améliorée.

Comment promouvoir la mobilité étudiante internationale au collégial ?

À la lumière de ce constat, nous avons mené une recherche-action afin de mieux comprendre comment promouvoir la mobilité étudiante internationale au collégial et de produire des outils en ce sens. L’idée était en premier lieu de consulter le milieu des établissements postsecondaires québécois afin de mieux connaître les activités de promotion qui y sont réalisées, en plus de chercher à comprendre les difficultés que vivent les intervenants sur ce plan.

Notre consultation auprès des milieux d’enseignements postsecondaires et nos discussions avec des responsables de l’internationalisation et des collégiens pointaient de façon générale vers la réalisation d’un site Internet pouvant offrir des informations sur l’organisation et le financement des séjours et présenter des témoignages d’étudiants ayant vécu de telles expériences.

Ces éléments sont donc au cœur du site www.jeparsenvoyage.info, mais ce dernier renferme aussi plusieurs autres sections présentant, entre autres, des photos, des vidéos et des ressources utiles pour les jeunes voyageurs.
Afin d’inciter les étudiants à visiter le site, nous avons aussi produit des cartes postales pour faire la publicité de celui-ci. En fait, dans le cadre de notre recherche, plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de conserver un contact humain dans le processus de publicité. Voici un aperçu de cette carte postale. Elle est disponible en téléchargement sur le site et vous pouvez communiquer avec nous si vous souhaitez en obtenir des exemplaires.

 

Des exemplaires ont été distribués dans plusieurs collèges de la province. Si vous ne l’avez pas encore vue passer, restez à l’affut, car elle fera probablement bientôt escale chez vous.
Bon voyage!


Matthieu B. Lanouette
boutetlm@cndf.qc.ca

Alexandre Jobin-Lawler
jobinla@cndf.qc.ca

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"La philo au cégep" : étonnements partagés

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Emmanuelle Gruber, professeure de philosophie au Collège Montmorency, nous parle d’un site web et d’une page Facebook où sont publiées des expériences philosophiques vécues par les étudiantes et étudiants dans leurs cours de philosophie.

Lors d’une discussion sur l’euthanasie dans le cours Éthique et politique (3e cours obligatoire de philosophie), un étudiant s’était exclamé dans un de mes cours « Mais pourquoi on en discute encore ? C’est très simple. Il devrait y avoir un piton à côté de chaque lit à l’hôpital et, si tu veux mourir, t’as juste à appuyer et hop, tu meurs et c’est réglé ! », et un autre de répondre : « Ouais, mais si tu accroches le piton sans faire exprès, t’es fait ! ». Évidemment, éclats de rire dans la classe, mais une fois les rires passés une véritable discussion philosophique est née : pourquoi n’est-ce pas si simple, l’euthanasie ? Pourquoi les pays qui ont légalisé l’euthanasie imposent-ils un protocole de demande à mourir avec plusieurs étapes ? Sur quels critères une telle demande est-elle raisonnable ?

Ce qui me marque le plus dans ce genre de situation d’enseignement, c’est à quel point les étudiantes et étudiants du cégep, dans un contexte d’éducation bien précis sont à même de philosopher, de penser de façon rationnelle, d’élever leurs pensées au-delà des considérations banales, auxquelles on les associe souvent.

Pourtant, il arrive que les matières dites « générales » comme la philosophie et la littérature attirent une certaine suspicion : à quoi servent exactement ces matières ? Ne sont-elles pas d’un autre temps ? La philosophie, discipline de la formation générale, sort souvent perdante de ce type de critique à cause de son caractère abstrait. Parallèlement, en discutant de ces questions au collège, je me suis rendu compte que très peu de gens savent ce qu’enseignent concrètement les professeurs et professeures de philosophie dans leurs cours. Ce vide est parfois vite rempli par les préjugés habituels.

Partager des moments inoubliables d'enseignement

Pourquoi ne pas partager ces moments inoubliables d’enseignement dans lesquels l’étudiant vit un moment authentiquement philosophique ? L’idée du site Web « laphiloaucegep » était née, et avec lui, une page Facebook. Des anecdotes y seront publiées dans le courant du mois de septembre. Elles racontent des expériences philosophiques vécues par les étudiantes et étudiants de nos cours.

En plus de publier ces textes, j’ai décidé de créer, en collaboration avec Alexandre Lavallée, auteur de la campagne Web « Ensemble contre la philophobie » et deux collègues du collège Montmorency Annie-Claude Thériault et Léane Sirois, une série de questions philosophiques associées à des photos. Ces images et questions permettent de sensibiliser au questionnement philosophique en général, mais aussi aux enjeux de société, aux réflexions actuelles sur les médias, sur notre culture, nos valeurs, ou encore sur le rôle du citoyen aujourd’hui. Une occasion de philosopher sur Facebook.

Pour joindre madame Gruber:egruber@cmontmorency.qc.ca

Dossier préparé par Mme Marie Lacoursière, éditrice du Portail.

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"Se former à la pédagogie de l’enseignement supérieur" : un nouvel outil de référence pour les enseignants du collégial

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Dossier préparé par Mme Michelle Hyde, coordonnatrice administrative de PERFORMA.
 
Lancé le 20 février dernier, le deuxième ouvrage de la Collection PERFORMA1  Se former à la pédagogie de l’enseignement supérieur, sous la direction de Louise Ménard et Lise St Pierre, s’adresse aux enseignantes et enseignants qui interviennent aux ordres postsecondaires, plus particulièrement à ceux qui débutent dans cette profession. Il est rédigé dans une perspective d’initiation aux éléments de base de la fonction enseignante et vise à cerner davantage le comment enseigner pour faire apprendre que le pourquoi.

Un ouvrage, cinq parties

La première partie constitue un cadre de référence qui permet de poser les balises qui guideront le comment enseigner. La deuxième partie, enseigner autrement, s’intéresse à la fonction même d’enseigner pour faire apprendre, et présente quatre modèles d’enseignement qui s’inscrivent dans la logique du cadre de référence : l’exposé interactif, l’apprentissage par problèmes, la méthode des cas et la pédagogie par projet. Dans la troisième partie, enseigner et motiver les étudiants à apprendre, les auteurs décrivent la manière dont l’enseignant peut intervenir pour soutenir l’acte d’apprendre de chaque étudiant. Il est question, dans la quatrième partie, des étudiants qui peuvent avoir besoin d’aide pour parfaire leur apprentissage, et de comment les encadrer pour les aider à apprendre. Finalement, la cinquième partie s’intéresse à la question de l’évaluation, plus précisément les évaluations formative et certificative.

Des auteurs  du milieu collégial et du milieu universitaire

Le regroupement de 15 auteurs des deux ordres d’enseignement permet de couvrir un très large éventail de composantes de l’enseignement supérieur, allant des modèles d’enseignement aux stratégies d’évaluation authentique et au soutien à la motivation scolaire.

Chacun des auteurs et auteures aborde une thématique dont ils sont spécialistes. Tous ces chapitres sont étayés de nombreux exemples facilitant la mise en pratique et visent à pallier le manque flagrant de ressources écrites s’adressant aux enseignants du supérieur.

Les chapitres

  • Paradigmes et théories qui guident l’action, Louise Ménard et Lise St-Pierre
  • Une grille d’analyse de ses interventions en classe, Lise St-Pierre, Denis Bédard et Nathalie Lefebvre
  • L’exposé interactif, un exposé centré sur l’apprentissage des étudiants, Louise Langevin
  • L’apprentissage par problèmes, Louise Ménard
  • La méthode des cas, Louise Ménard
  • La pédagogie par projet, Diane Leduc
  • Les TIC pour favoriser et soutenir l’apprentissage, Bruno Poellhuber et Samuel Fournier St-Laurent
  • Enseigner des stratégies d’apprentissage et des méthodes, Christian Bégin
  • Savoir motiver les étudiants, Rolland Viau
  • Une gestion de classe pour soutenir l’enseignement, l’apprentissage et l’évaluation, France Lacourse
  • Réussir tout en ayant un trouble neurocognitif, Odette Raymond
  • Conjuguer avec les difficultés psychologiques lors de la transition vers les études postsecondaires, Diane Marcotte
  • Évaluer pour faire apprendre, Julie Lyne Leroux
  • Évaluer ce qu’ils ont appris, Louise Bélair

 

Pour en savoir plus, rendez-vous à la page officielle de la Collection PERFORMA.


1 Les ouvrages de la Collection PERFORMA, née d’un partenariat entre le Secteur PERFORMA de l’Université de Sherbrooke et l’AQPC, ont en commun de prendre appui sur les expertises pédagogique et scientifique développées par les personnes ressources des programmes PERFORMA et de contribuer à l’enrichissement de la culture pédagogique du réseau collégial québécois et, plus largement, au perfectionnement du personnel de l’enseignement supérieur.

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« Ça va bien aller ! » avec le Cégep de Rimouski

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Par Mme Thérèse Lafleur, Rédactrice

 

Le Cégep de Rimouski s’est rapidement mis en mode « Ça va bien aller ! » pour s’adapter au contexte de pandémie. Tout en veillant à déployer la formation en ligne de ses étudiants pour mener à bien le trimestre, cette communauté collégiale a su faire preuve de proactivité pour soutenir la lutte contre la COVID-19. La nature même de ses programmes, notamment ceux en santé, ouvrait la voie à diverses initiatives faisant du Cégep un acteur solidaire de sa région.


   François Dornier
   Directeur général 

« C’est évident que le Cégep de Rimouski s’implique dans le contexte actuel de crise sanitaire. D’ailleurs, nombreux sont nos enseignants et nos techniciens déjà sur place au CISSS pour soutenir les équipes. Il est aussi essentiel que nos équipements et le matériel dont nous disposons à des fins pédagogiques puissent être utilisés pour aider le secteur hospitalier », mentionne François Dornier, directeur général du Cégep de Rimouski. Il en profite d’ailleurs pour saluer la contribution des membres du personnel, des étudiants et des diplômés qui œuvrent dans les services essentiels pour aider à traverser cette crise.

Le partage de matériel médical

Mélanie Giguère, directrice adjointe aux programmes, veille à cette collaboration avec le milieu.  « On a fait un appel à tous pour savoir ce qui pouvait être disponible pour l’hôpital. Que ce soit dans un laboratoire de génie mécanique utilisant des masques de protection ou dans une classe équipée d’appareils de soins, les équipes ont volontiers fait l’inventaire du matériel. Par exemple, un technicien en chimie a communiqué avec moi en offrant le désinfectant récemment commandé. Également, un technicien était disponible pour expliquer au personnel hospitalier le fonctionnement d’un appareil de radiologie », explique-t-elle.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent a ainsi reçu du matériel médical habituellement utilisé pour l’enseignement en présentiel. De plus, certains appareils destinés à la formation des étudiants en soins infirmiers, en diététique, en analyses biomédicales, en radiodiagnostic et en échographie médicale servent maintenant au CISSS.

« On parle notamment de thermomètres, de saturomètres, d’appareils à glycémie, de tiges à soluté, de gants, de mousse antiseptique, d’appareils à tension, d’un appareil mobile de radiologie, de masques, etc. », précise madame Giguère.

La création d’attaches sur mesure pour les masques médicaux

L’équipe d’enseignants en Technologie de mécanique industrielle et en Techniques de génie mécanique a aussi contribué à l’effort collectif pour déjouer la COVID-19 grâce à leur équipement à la fine pointe de la technologie. Ceux-ci ont étudié un modèle d’attache pour masques médicaux ayant fait ses preuves et ont imaginé des attaches portant la signature du Cégep de Rimouski.

 

Ensemble, ils ont conçu et élaboré un modèle d’attache « personnalisée » pour tenir les masques médicaux en place, puis ils ont enclenché la production. Il s’agit d’une création sur mesure qui améliore le confort des travailleurs devant porter ces masques de longues heures.

Après avoir pu récupérer l’imprimante 3D, c’est Maxime Bouchard, enseignant de génie mécanique, qui s’occupe de la fabrication des attaches. Il mentionne que « le projet va très bien. Cette initiative départementale nous a déjà permis de remettre plus de 200 attaches de masques au personnel de l’hôpital de Rimouski et de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire. En plus, la vidéo publiée sur nos médias sociaux a été vue plus de 3 000 fois ».

Enthousiaste, monsieur Bouchard ajoute : « Nous avons de super bons commentaires sur notre produit. Les gens sont très heureux de l’avoir. Plusieurs avaient des blessures aux oreilles et, avec les attaches, on vient soulager des gens qui ont bien besoin qu’on s’occupe d’eux ! ».

« C’est une initiative qui provient à 100 % de nos enseignants, qui ont fait don de leur production. Ils ont de quoi être fiers de leur esprit proactif ! », renchérit monsieur Dornier, le directeur général du Cégep de Rimouski.

Des formations PACME-COVID-19 pour accompagner les entreprises

En raison de la pandémie, des entreprises voient leurs activités réduites et leurs façons de faire modifiées. Pour soutenir ces entreprises, le gouvernement du Québec a mis en place le Programme actions concertées pour le maintien en emploi (PACME) pour favoriser la formation et l’implantation de bonnes pratiques en gestion des ressources humaines. Sous la gouverne de la Direction des formations continues et du développement institutionnel du Cégep, les services de formation continue du Cégep de Rimouski, de l’Institut maritime du Québec et du Centre matapédien d’études collégiales sont prêts à accompagner les entreprises dans le cadre de ce programme.

En effet, 35 formations PACME-COVID 19 sont proposées en ligne. Elles couvrent le télétravail, la gestion des dossiers et les communications numériques, l’anglais et l’amélioration du français, la bureautique et les outils numériques, l’utilisation de l’ordinateur, la gestion des ressources humaines, le service à la clientèle, la coordination d’équipes, le leadership, le marketing numérique, les exportations, etc. Une entreprise ayant des besoins spécifiques peut aussi bénéficier de services sur mesure. Dans un premier temps, les organisations doivent communiquer avec l’équipe de la Formation continue afin de discuter de leurs besoins. Par la suite, une proposition d'offre de formation ou de service sera réalisée sans frais.

Ces formations à distance nécessitent peu d’équipement, soit un ordinateur ou une tablette ayant une caméra, un micro et des haut-parleurs.

La solidarité à vitesse grand V

Au Cégep de Rimouski, la solidarité s’est également traduite par la mise en place de mesures pour soutenir rapidement et efficacement les étudiantes et les étudiants ainsi que les équipes de travail. À titre d’exemple, le Service d’aide psychosociale offre des suivis par téléphone ou par visioconférence aux personnes qui en ressentent le besoin. Les intervenantes veillent aussi à trouver des solutions d’urgence aux personnes qui se retrouvent en situation financière précaire, malgré l’aide gouvernementale offerte.

Pour les membres du personnel, de nouveaux modes de communication ont été déployés pour réunir tout le monde. Une nouvelle page Web partageant toute l’information pertinente quant à l’évolution de la situation est mise à jour quotidiennement. On y trouve une foule de ressources, des trucs d’ergonomie à la maison, les détails du soutien psychologique offert à distance; tout y est. De plus, un groupe privé a été créé sur les réseaux sociaux pour entretenir les liens entre collègues, liens habituellement forts dans ce Cégep tissé serré.

Un cégep en action

Pour les enseignants et les étudiants, les cours ont repris à distance sous de nouvelles modalités d’apprentissage afin de poursuivre la session. Selon madame Giguère « il y aura une manière de concevoir un cours avant et après l’épisode de la COVID-19. Les enseignants ont réagi rapidement à la crise pour offrir leur cours non pas en classe, mais en ligne. Éventuellement, ils penseront la transmission des connaissances et des compétences différemment dans la mesure où ils se seront familiarisés avec le potentiel des outils virtuels. La relation demeurera toujours au cœur de la pédagogie. Cependant un nouveau "savoir apprendre virtuel" s’installe. Heureusement, nous bénéficions d’une expertise déjà existante en matière de formation à distance. De plus, le soutien de l’équipe du Service des technologies de l’information est précieux et a aidé à maximiser les outils numériques du Collège. Sûrement que ce passage mènera le Cégep de Rimouski vers une nouvelle étape de son développement et de son ancrage dans la collectivité. »

« Cette réalité exige une grande adaptation et beaucoup de créativité de la part de nos équipes. Habituellement, on est heureux de souligner les liens personnalisés et la proximité des intervenants avec notre communauté étudiante; c’est notre force au Cégep de Rimouski. Là, il a fallu penser rapidement à d’autres options, mais on va y arriver. C’est extraordinaire de constater à quel point toutes et tous se sont retroussé les manches pour poursuivre notre mission. Télétravail et réunions en visioconférence, soutien pédagogique et psychologique, traitement des admissions pour la session d’automne. On est en action! », conclut le directeur général, François Dornier.

 

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Rétention de main-d’œuvre

« Donnez-leur du sens »

Nancy Brassard est auteure et professeure en Gestion des ressources humaines/psychologie organisationnelle à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP). Elle s’est spécialisée dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Invitée par l’Association des cadres des collèges du Québec (ACCQ) dans le cadre de leur colloque à Rivière-du-Loup, elle a traité pendant 75 minutes de La rétention des employés dans une ère de désengagement.

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Elle ne croit pas beaucoup à la pénurie de personnel. Elle croit que la problématique concerne plutôt des organisations. « Il faut rehausser les capacités organisationnelles. L’attraction, c’est une force. Est-ce que nos organisations manquent de force ? »

Consciente de vieux préjugés, elle se présente comme professeure d’université mais tient à préciser : « j’ai laissé ma petite pelle à nuage dans ma voiture » ! D’entrée de jeu. « Qu’est-ce que vos organisations font ou mettent en place pour vous attirer, pour vous retenir ? » Elle prend souvent l’allure d’une motivatrice, avec humour, apartés et images, interpelant souvent la salle directement en lui posant des questions. Elle alterne entre les réponses de la salle et celles des chercheurs et des gestionnaires qui ont répondu à des enquêtes, définissant au passage différents termes et concepts.

Plusieurs facteurs de rétention sont liés à l’emploi (charge de travail, milieu physique, rémunération, etc.), d’autres sont liés à l’organisation (conflits et ambiguïté de rôles, demandes contradictoires, niveau de responsabilité, lourdeur administrative), d’autres encore sont liés aux relations de travail, à la conciliation travail et vie personnelle. Après un constat des enjeux et problèmes de la situation actuelle, elle passe aux éléments de solution.

Comprendre l’autre

À la base, il faut comprendre le comportement de l’individu au travail. 

Mme Brassard présente brièvement le schéma des travaux de Pettersen et Jacob, de relations industrielles. Les différences individuelles affectent l’apprentissage, amènent satisfaction ou insatisfaction, occasionnent de percevoir équité et utilité, qui décideront de la motivation, de l’effort consenti puis du comportement observable, la « chaîne de l’action ». Il faut donc faire percevoir cette équité et cette utilité.

De l’âge de 12 à 16 ou 17 ans, dit Nancy Brassard, se formerait la « stylisation » de l’individu, les traits de personnalité, ouverte ou fermée, introvertie ou extravertie. « La personnalité, c’est ce qui différencie une personne de toutes les autres. Entre 12 et 15 ans, ça va s’ancrer, et après, ça ne bouge presque plus… Mettons qu’un matin, vous voulez devenir plus extraverti… c’est deux ans de thérapie ! Vous voulez être plus agréable ou moins agréable (et apprendre à dire non), c’est deux ans de thérapie, ça avec ! », lance-t-elle en souriant. « Le système cognitif est alimenté par les capacités de l’individu, et il y a une capacité d’apprentissage qui s’est ancré dans le jeune âge. »

« Nos contraires nous énervent »

Le système évaluatif, lui, se développerait entre 18 et 25 ans. Dans le cerveau se structureraient alors les besoins, la prise de décisions, l’évaluation, les valeurs, les besoins, les intérêts, etc. « Comment ça se fait qu’on leur demande, à 15 ou 16 ans, quand cette structure-là est en train de commencer à se développer, ce qu’ils veulent faire dans la vie pour le reste de leurs jours !? En Europe, ils ont compris ça ; ici, on a un peu plus de difficulté à mettre en place des stratégies qui pourraient les aider… »

« Il y a des poulies qui grincent, qui demandent à avoir de l’huile. » Ces individus vont toujours demander, car ils en ont toujours besoin, POURQUOI.

« Vous pensez qu’un tel ne comprend rien ? Non, il comprend différemment. » Et elle évoque des styles d’apprentissage différents. Verbal ou non verbal ? Simultané ou séquentiel ? « Nos contraires nous énervent », dit-elle. Pour mieux tolérer les autres, il faut développer des stratégies. « Nous avons des outils pour faire percevoir équité et utilité, pour donner des raisons, donner des mobiles. La communication est rendue la clé ; les gestionnaires passent 80 % de leur temps en gestion de communications, de toutes sortes. »

Il faudrait faire une gestion humaine des ressources. « On est tous “cablés” d’une manière qui fait en sorte qu’on va privilégier une certaine manière de communiquer et qu’on va fonctionner de cette manière-là et on va apprendre de cette manière-là aussi. »

Compenser et s’adapter

Empruntant beaucoup à la psychologie et aux neurosciences, elle parle de la théorie de l’autodétermination, et fait une différence entre l’engagement et la motivation. L’engagement est l’action de se lier par une promesse ou une convention ; l’individu est interpellé ; c’est convenir de participer. La motivation vise d’abord le groupe, ou l’organisation, dans ses rapports avec les individus. C’est un lien affectif que l’établissement doit développer et maintenir. « C’est ce qu’on a un peu perdu dans nos organisations », dit-elle. La tendance au virtuel depuis la pandémie aurait mis à mal ce lien affectif.

Quels sont les enjeux et les défis pour l’engagement ? Quand on pose la question à des gestionnaires, ils peuvent parler par exemple d’un « sentiment d’auto-efficacité affecté », qui génère anxiété et problèmes de santé. Ce sentiment d’auto-efficacité, « on a découvert dans nos travaux que ça explique jusqu’à 25 % de l’entreprise d’action pour s’améliorer dans le cadre de notre travail.

« C’est quoi la motivation ? un processus psychologique et physiologique. Il y a là-dedans une notion d’effort. Et il y a toujours une source motivationnelle. Qu’est-ce qui vous motive, vous, dans votre travail ? On a posé la question à des gestionnaires. » Il y aurait trois grands besoins de base pour la motivation :

  1. Une sensation d’autonomie, d’ « autodirection ». La personne ne doit pas sentir qu’on lui enfonce quelque chose dans la gorge. Il lui faut une liberté minimale.
  2. La sensation de compétence, d’être efficace. Ce qui implique aussi le droit à l’erreur et d’apprendre.
  3. L’affiliation sociale, ou le sentiment d’appartenance. Il faut se sentir bien entouré et appartenir à un groupe. C’est ce qui peut changer avec le télétravail.

À quoi les chercheurs ajouteraient maintenant un 4e besoin : sentir « de la bienveillance à mon égard ». Trois concepts constitueraient maintenant le nouveau vocabulaire dans l’organisation du travail : résilience, flexibilité et bienveillance.

« Les chercheurs, nous pensons que les gens ont perdu le sens de leur travail. » Nancy Brassard est péremptoire. « Il faut trouver du sens à ce qu’on fait. Alors, donnez-leur du sens. »

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Le regard des collégiens sur le parcours scolaire et le soutien de leurs parents

« Il faut que tu sois heureux dans la vie, mais… »

Une étude signée par Frédéric Deschenaux, professeur en sociologie de l’éducation, Francis Charlebois, doctorant à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et Sylvain Bourdon, professeur à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, publiée en juin 2022,

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« Il faut que tu sois heureux dans la vie ! » affirment les parents. Cette injonction au bonheur prime dans 96 entrevues avec des collégiens. Cependant, leurs parents ajoutent parfois « il faut que tu sois heureux dans la vie, mais… », mais, selon leurs critères à eux. En fait, cinq types de rapport aux études des parents — indifférent, utilitaire, lucide, protecteur et autoritaire — jouent sur l’appétit scolaire de leur enfant.

« Quand il est question de la place des parents dans le parcours scolaire, à peu près toutes les études traitent des parents d’élèves du primaire ou du secondaire. Comme si, après le secondaire, les parents ne faisaient plus partie de l’équation! C’est d’ailleurs ce que l’étude initiale menée par Sylvain Bourdon et son équipe avait montré. Cette étude portait sur les réseaux de soutien des jeunes collégiens comme facteurs de persévérance, et les parents sont un des acteurs identifiés comme principaux soutiens de la part des collégiens. Ce volet n’ayant pas été particulièrement fouillé malgré les questions intéressantes posées dans les entretiens, nous nous sommes intéressés tout particulièrement au rapport entre le collégien et ses parents », explique Frédéric Deschenaux, professeur en sociologie de l’éducation.

L’analyse des propos des collégiens montre qu’ils accordent du crédit au vécu et au discours de leurs parents à propos des études postsecondaires, au point où ils identifient leurs parents comme source de conseil concernant leur propre parcours ou choix de carrière.

Optimiser les données

Afin d’explorer le contexte social d’élaboration des projets d’études, les chercheurs ont analysé les transcriptions issues de 96 entretiens avec collégiens des régions de Montréal (Cégep du Vieux Montréal), de Sherbrooke (Cégep de Sherbrooke) et de Longueuil (Cégep Lionel-Groulx). La grande majorité de ces collégiens habitaient chez leurs parents et les deux tiers de ces jeunes ont dit considérer comme très importante leur relation avec au moins un de leurs parents.

« À peu près toutes les études traitent des parents d’élèves du primaire ou du secondaire. Comme si, après le secondaire, les parents ne faisaient plus partie de l’équation! »

Cette étude présente le fruit d’une analyse secondaire de données qui s’inscrit dans les travaux plus larges de la Chaire réseau sur la jeunesse du Québec. Une Chaire dont Sylvain Bourdon était titulaire du volet Éducation, Citoyenneté et culture. Les chercheurs ont puisé dans les données de l’enquête longitudinale Famille, réseaux et persévérance au collégial, amorcée en 2007. Cette enquête s’inscrivait dans le cadre du Programme de recherche sur la persévérance et la réussite scolaire du ministère de l’Éducation en partenariat avec le Fonds de recherche du Québec — Société et culture.

Le professeur Deschenaux précise que « des données existaient, mais un volet n’avait pas été touché soit tout le rapport avec les parents. En amorçant un projet de recherche, nous avons devons toujours nous questionner sur la nécessité d’entreprendre une nouvelle collecte de données ou si nous pouvons effectuer notre étude à partir de données existantes. Avions-nous vraiment besoin d’aller faire de nouvelles entrevues avec des collégiens ou le matériel déjà recueilli nous permettait-il de répondre à nos questions de recherche ? Finalement, en 2020, nous avons travaillé sur des données datant d’une dizaine d’années après avoir estimé que les réponses et le portrait des collégiens n’avaient pas tellement changé. Nous avons présenté les fruits de nos travaux en mai 2020 et, après un processus d’évaluation par les pairs, c’est en juin 2022 que nos résultats ont été publiés dans la Revue canadienne de l’éducation. »

Les parents font partie de l’équation

Les parents de collégiens sont parfois surpris d’être invités par le cégep de leur enfant que ce soit pour le visiter ou pour les encourager à s’impliquer dans le parcours de leur jeune. Pourtant ils ont encore un rôle à jouer qui s’inscrit plutôt dans une perspective de non-ingérence, non-indifférence. Les parents doivent savoir être présents sans être pesants, aux dires des collégiens.

En ce sens, l’analyse des propos de collégiens permet de dégager cinq types de rapport aux études entretenus par leurs parents. Cinq types qui se présentent seuls ou en combinaison avec les autres :

  • Le rapport de type INDIFFÉRENT aux études, très rarement rencontré, réfère aux parents qui laissent leurs enfants choisir leur parcours, qui souhaitent leur bonheur, mais sans assortir ce souhait de propos sur les études.
  • Le rapport de type UTILITAIRE aux études réfère aux parents qui disent explicitement qu’étudier sert un objectif, une finalité. Les parents mettent l’accent sur l’utilité des études pour trouver un bon emploi, bien gagner sa vie et réaliser ses ambitions.
  • Le rapport de type UTILITAIRE-LUCIDE aux études vient de parents qui, le plus souvent après les avoir abandonnées et en prenant conscience, avec du recul, de la valeur de ces dernières sur le marché de l’emploi. Les parents expriment des regrets face à leur parcours scolaire et utilisent ces regrets comme source de motivation pour encourager leurs enfants à ne pas répéter ce qu’ils estiment être une erreur.
  • Le rapport de type UTILITAIRE-PROTECTEUR associé aux études émane de parents qui veulent faire en sorte que leurs jeunes évitent les écueils en poursuivant leurs études. Ces parents valorisent les études supérieures afin que leur enfant exploite son plein potentiel sans brimer ses aspirations et aussi lui éviter des revers qu’ils ont parfois vécus. Ce type de rapport s’entend plus souvent chez les parents peu scolarisés, qui semblent réaliser l’impact du diplôme de nos jours et veulent que leurs enfants s’accomplissent vraiment.
  • Le rapport de type UTILITAIRE-AUTORITAIRE aux études vient de la part de parents, souvent des universitaires, qui communiquent de manière explicite leurs attentes liées aux études universitaires. Bien que les jeunes sentent une forme de soutien et une confiance en leur capacité à faire des choix de la part de leurs parents, ils ressentent également une injonction à la scolarisation universitaire. Envisager d’autres options que les études universitaires ne semble pas possible, une insistance qui incommode les collégiens dans cette situation.

Mais somme toute, les résultats de l’étude montrent que les jeunes reconnaissent, à l’instar de leurs parents, la nécessité de la scolarisation postsecondaire.

Un regard bienveillant sur le parcours des parents

Les propos des collégiens révèlent deux constats : d’une part, un certain flou dans leur définition des études postsecondaires et, d’autre part, un clivage important selon le dernier diplôme obtenu des parents entre les parents diplômés du postsecondaire et les parents peu scolarisés. Toutefois, les chercheurs ont constaté une relative hétérogénéité des propos à l’égard des études postsecondaires.

« Il y a tout un discours de bienveillance qui ressort des collégiens à propos du parcours de leurs parents, surtout quand leurs parents n’ont pas fait d’études »

La majorité des répondants dont les parents détiennent un diplôme du postsecondaire rapportent un discours parental très positif concernant l’université et ses retombées concrètes. Les collégiens dont les parents ne sont pas diplômés du postsecondaire s’expriment plus facilement à propos des difficultés scolaires rencontrées par leur père ou leur mère.

« Tout en étant conscients des défis qui existent encore quant à la démocratisation des études supérieures, nous nous sommes demandé si les enfants de parents scolarisés voyaient les choses différemment des enfants de parents faiblement scolarisés. Ce que nous avons remarqué, c’est que les jeunes portent un regard bienveillant, mélioratif, sur le parcours de leurs parents qu’ils soient peu ou très scolarisés. À la maison, tous les collégiens ont entendu “Continue tes études, un Secondaire V c’est pas assez de nos jours”. Et quand ils portent un regard sur le parcours de leurs parents, ils ne portent pas de jugement, les collégiens sont dans la retenue, l’explication et même l’excuse. Il y a tout un discours de bienveillance qui ressort des collégiens à propos du parcours de leurs parents, surtout quand leurs parents n’ont pas fait d’études », souligne le professeur Deschenaux.

Une influence qui persiste au collégial

L’accès à l’enseignement supérieur s’est amélioré ouvrant l’espace des possibles pour les jeunes qui doivent prendre des décisions concernant leur avenir au cœur d’une période des plus effervescentes pour eux.

Les résultats de cette étude amènent les chercheurs à conclure en la persistance de l’influence du milieu familial dans le parcours scolaire des jeunes. Selon eux, tout en reconnaissant la capacité d’agentivité des collégiens, il faut aussi reconnaître que le contexte social vient souvent baliser les décisions.

 

L’étude Le regard des collégiens sur le parcours scolaire et le rapport aux études de leurs parents [PDF]

 

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« Je tiens la route » Place aux meilleures bandes-vidéo

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Par madame Marie Lacoursière en collaboration avec monsieur Marc Martineau, enseignant au département de psychologie du Cégep de l'Outaouais et associé au programme «Je tiens la route».

Le programme « Je tiens la route » a été mis sur pied au Cégep de l’Outaouais pour répondre à l’augmentation vertigineuse des problèmes en santé mentale observée dans les institutions d’enseignement postsecondaire au Québec et ailleurs dans le monde. Le programme est né de la contribution d’une équipe d’intervenants et de chercheurs de l’Outaouais au projet panquébécois Transition Cégep, qui visait le rehaussement des mesures d’intervention en santé mentale dans plusieurs cégeps (Rimouski, Montmorency, Ahuntsic, Valleyfield et Outaouais). Le projet Transition Cégep a été conçu et coordonné par Louise Fournier, chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

La santé mentale des étudiants de niveau postsecondaire au Québec, comme ailleurs dans le monde, ne cesse de se détériorer. Les problèmes de santé mentale sont non seulement associés à une baisse du rendement scolaire, mais ils influent sur tous les aspects du fonctionnement et sur la fougue de vivre.

Un comité de réflexion en santé mentale, parrainé par la Direction des affaires étudiantes du Cégep (DAEC), ainsi que des professeurs et des étudiants et étudiantes ont participé l'année dernière à l’implantation de différents moyens pour sensibiliser la population du Cégep de l’Outaouais à l’importance de prendre soin de sa santé mentale : affiches, interventions théâtrales, animations de toutes sortes, présentations en sensibilisation auprès de tous les employés du Cégep et de plusieurs étudiants, etc. L'efficacité de ces stratégies a fait l'objet d'une évaluation en 2013, tout comme elle le fera en 2014.

Cette année, le projet « Je tiens la route » continue de s'épanouir grâce à son association avec le réseau des sentinelles en prévention du suicide et au développement de nouvelles activités de sensibilisation hautes en couleur. L'équipe a notamment lancé un premier concours vidéo qui pourrait facilement être qualifié de grand succès populaire et créatif, avec la participation de 25 équipes de création!

Le thème du concours était celui de la résilience, qui était définie par la capacité de rebondir après avoir surmonté une épreuve ou un traumatisme. Une personne qui fait preuve de résilience bénéficierait souvent d’une grande force psychologique, de bonnes relations, d’une bonne connaissance de soi et de beaucoup de persévérance, entre autres choses. Il existe évidemment de nombreuses façons d’illustrer ce thème et le visionnement des bandes-vidéo permettait de l'explorer d'une perspective étudiante.

Place aux meilleures bandes-vidéo sur le sujet
Le concours fut ouvert à tous les étudiants du Cégep de l’Outaouais. Un premier prix de 500 $ et deux autres prix de 250 $ étaient prévus pour les deuxième et troisième places. La durée de la bande-vidéo devait se situer entre 30 et 60 secondes. Les élèves pouvaient emprunter une caméra au cégep ou utiliser leurs propres appareils. Les bandes-vidéo produites à l’aide d’un cellulaire devaient assurer une bonne visibilité de l’image, en permettre le montage et le transfert. Toutes les bandes-vidéo reçues ont été placées sur le site Facebook de « Je tiens la route ». Chaque film devait recueillir au moins 25 mentions « J’aime » pour devenir éligible.

Un jury composé de trois étudiants et de trois adultes (directeur du Cégep, psychiatre, recherchiste à Radio-Canada) s'est vu confier la tâche de choisir les trois films qui ressortaient le plus du lot. Les bandes-vidéo reçues ont été évaluées selon leur pertinence, leur originalité et leur qualité. Au final, le vote a été serré : deux vidéos se sont chaudement disputé la première place dans les choix des juges; de plus, deux vidéos ont terminé à égalité au troisième rang, … ce qui a mené au couronnement de quatre équipes au lieu de trois. La cérémonie du dévoilement des gagnants s'est tenue dans le cadre des activités du cégep prévues pour souligner la Semaine nationale de prévention du suicide.

Les bandes-vidéos retenues tournent depuis ce temps sur les écrans du cégep et lors des nombreuses présentations du programme « Je tiens la route », dans la communauté outaouaise comme à l'extérieur de la région. Félicitations à tous les participants!

Les vidéos gagnantes peuvent être visionnées sur le site « Je tiens la route »
L’ensemble des vidéos peut être visionné sur youtube .com à cette adresse :

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« JE TIENS LA ROUTE », un programme de promotion de la santé mentale au Cégep de l’Outaouais.

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Entrevue réalisée  avec monsieur Marc Martineau enseignant au Cégep de l’Outaouais

Monsieur Martineau travaille comme psychologue auprès des adolescents et de jeunes adultes depuis 25 ans. Il est également chercheur dans le domaine de la santé mentale chez les jeunes depuis plusieurs années et coordonne les activités du programme « JE TIENS LA ROUTE ».
 

Plusieurs études portant sur la réussite scolaire en milieu collégial au Québec évoquent le lien étroit entre la santé mentale et la réussite scolaire. Il existe une corrélation entre la présence de symptômes anxieux et dépressifs et les difficultés à réussir les études. L’accès aux études postsecondaires s’accompagne de transitions et de difficultés particulières. Plusieurs doivent quitter le milieu familial et leur environnement pour fréquenter un collège. Au Québec, un collégien travaille en moyenne 50 heures par semaine. La conciliation travail-étude devient, dans ces circonstances, excessivement difficile. Elle a un impact important sur l’organisation de la vie des étudiants, de leur loisir, de leur sommeil et de leur santé mentale.

En 2011, messieurs Marc Martineau et Guy Beauchamp, respectivement professeurs de psychologie et de chimie au Collège de l’Outaouais, se sont associés à l’équipe de recherche de madame Louise Fournier, chercheuse au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et détentrice d’une chaire de recherche en santé publique. C’est dans la foulée de cette association qu’est né en 2011 le projet Transition Québec. Nous avons échangé avec monsieur Martineau sur le sujet.

Le projet Transition Québec trace le portrait de ce qui se fait en matière de soutien à la santé mentale dans les cégeps afin de développer des stratégies de prévention et de promotion, en réponse à hausse importante des problèmes de santé mentale, tant chez les étudiants de cégeps que chez ceux des universités. Six cégeps ont répondu à l’appel. Ce sont les cégeps de l’Outaouais, de Valleyfield, d’Ahuntsic, de Montmorency, de Rimouski et de St-Jean-sur-le-Richelieu. « Chez nous, au Cégep de L’Outaouais, nous avons pris dès le départ l’initiative d’inscrire le projet au programme PAREA afin de pouvoir bénéficier d’allocations de recherches nous permettant d’aller promptement de l’avant avec le projet “ JE TIENS LA ROUTE ”, un projet consacré essentiellement à la prévention et à la promotion de la santé mentale chez nos étudiants.»

Les six cégeps participants ont par ailleurs formé un comité qui s’est rencontré six fois durant l’année 2011-2012. Constitué de professionnels et d’étudiants, le comité, avec l’appui d’une agente de recherche, s’est concentré sur le développement de stratégies directes d’interventions qui, dès l’automne 2013, ont pu être implantées dans les différents établissements. Bien que les résultats aient été variables d’un cégep à l’autre, les travaux ont permis à chacun d’avancer sur différents plans. Tous les cégeps associés à la recherche ont par exemple réussi à améliorer la coordination des services et l’arrimage avec les partenaires de la communauté.

« Chez nous, grâce à un outil d’évaluation du milieu qui nous a été fourni par l’équipe de recherche de madame Fournier, nous avons pu rencontrer l’ensemble des directions, des services et des équipes départementales afin de tracer le portrait des moyens mis de l’avant dans notre milieu en soutien aux étudiants. Cet exercice a contribué à ajuster nos services à l’interne et à l’externe. Cette année au Cégep de l’Outaouais, nous nous sommes aussi particulièrement concentrés sur la mise en place de nombreuses stratégies en prévention et en promotion de la santé mentale grâce au soutien financier de partenaires privés et de la Fondation du Cégep. »

L’action citoyenne en santé mentale

Afin de permettre une meilleure compréhension de la problématique reliée à la santé mentale des étudiants du milieu, l’ensemble de la communauté collégiale du Cégep de l’Outaouais fut rencontré afin de mettre chacun au diapason concernant :

1. Les services disponibles dans l’établissement en matière de santé mentale.
2. La façon d’intervenir auprès d’un étudiant en détresse.
3. Les facteurs de risques.
4. Les premiers symptômes de problèmes de santé mentale.
5. Les facteurs de protection supportés par des données de recherche concernant l’atteinte et le maintien d’une bonne santé mentale : caractéristiques personnelles, comportements à adopter, stratégies à mettre de l’avant, etc.

« Par le biais de quelque 50 rencontres, plus de 800 personnes du milieu et près de 600 étudiants ont ainsi été sensibilisés. À la suite de ces présentations, nous avons senti jaillir un intérêt commun, de préciser monsieur Martineau. Tout un chacun était prêt à collaborer au projet d’établissement. Tous les secteurs d’activité se sentaient interpellés et voulaient mettre l’épaule à la roue afin d’encourager les initiatives prises tant par les étudiants que par les intervenants. Des activités concrètes d’interventions ont ainsi vu le jour : des capsules de théâtre, des animations diverses ainsi que la mise en place d’un site internet informatif et accessible. Nous avons ni plus ni moins amorcé l’approche du “petit geste”, celui qui dans une situation difficile peut faire toute la différence. »

Des capsules de théâtre comme moyen de sensibilisation

Lors de la longue fin de semaine de l’Action de grâce de l’automne, des comédiens de la troupe Les Fous de la rampe du cégep et de la troupe d’improvisation ont travaillé pendant trois jours, en collaboration avec une animatrice du Théâtre Parminou, à la création de capsules de théâtre de trois à cinq minutes. Ces capsules visaient à sensibiliser les gens à l’importance de prendre soin de sa santé mentale. Les quatre capsules réalisées ont été présentées dans les aires publiques des deux campus : cafétérias, bibliothèques, cafés, corridors et classes. La capsule « Je suis dégueulasse » a été jouée dans une dizaine de classes. Les étudiants ont manifesté un grand intérêt pour ce type de sensibilisation qui avait, selon eux, le mérite de créer la surprise, de les rejoindre et de susciter leur adhésion.

Des actions d’animation, sous toutes les formes, afin de conscientiser les étudiants à l’importance de prendre soin de leur santé mentale et de générer des réflexions positives

Kiosques de caresses et d’actions généreuses, poésie écrite sur les tableaux des salles de cours, « statues vivantes en pyjamas » se relayant chaque heure pour dormir dans des lits posés dans les lieux publics, tenue d’une « Journée orange » pour souligner la persévérance scolaire dans le cadre de la Semaine nationale de la santé mentale, autant d’idées porteuses qui ont été mises de l’avant dans le milieu afin de conscientiser les étudiants des deux campus à la santé mentale positive. Les médias parlés et écrits de l’Outaouais se sont intéressés à la campagne « JE TIENS LA ROUTE » dans le cadre d’une conférence de presse qui soulignait la clôture de ses activités le 8 mai dernier.
 

www.jetienslaroute.com , un site internet informatif pratique et accessible

L’équipe d’intervenants dans le milieu s’est rapidement rendu compte de l’importance de pouvoir compter sur un site web comme point de ralliement. Elle a aussi saisi que la promotion de la santé mentale ne pourrait bien se faire sans une image porteuse. C’est à la suite de ces constats que fut créé le site informatif « JE TIENS LA ROUTE ». La campagne se base sur l’analogie d’une voiture qui doit traverser les tempêtes de la vie munie de quatre bons pneus d’hiver : un premier pneu est physique (pratiquer des activités physiques afin de bien manger, bien dormir, etc.); le deuxième est psychologique (bien se connaître, savoir gérer son stress, se donner des objectifs, etc.); le troisième est social (enrichir sa vie sociale, mettre ses limites, demander de l’aide, etc.); le quatrième correspond à la quête de sens (adhérer à des causes éloquentes, développer sa spiritualité, méditer, etc.). Sur le site, des stratégies sont développées concernant chaque pneu. « Le site deviendra au fil du temps un lieu de dialogue dynamique et interactif. Nous entendons susciter des collaborations afin que des trucs concrets puissent jaillir du milieu et devenir inspirants pour les principaux intéressés. D’outil de découverte, le site devrait véritablement jouer son rôle stimulant d’animation durant la prochaine année ».

La promotion de la santé mentale s’adresse à tout le monde.

La campagne mise de l’avant dans l’ensemble des cégeps participants vise une augmentation de la littératie en matière de santé mentale. Plus on en connaîtrait sur la santé mentale optimale et les moyens d’y arriver et de la maintenir, plus on serait en mesure de modifier nos comportements en conséquence. Le mode de prévention primaire est de reconnaître chez soi les premiers signes d’un problème de santé mentale tels maux de tête, maux de ventre, réactions émotionnelles excessives, difficultés d’organisation et de concentration. Monsieur Martineau insiste : « chaque personne a des signes différents qui sont en quelque sorte des drapeaux de mise en garde qui pourraient l’amener à changer certaines habitudes et à mieux prendre soin d’elle. La recherche indique que les gens qui parviennent régulièrement à se sentir plus heureux répandent la joie de vivre autour d’eux, mais deviennent eux-mêmes plus résilients et plus résistants aux obstacles. On peut prévenir les symptômes de dépression et l’anxiété est aménagée de façon différente. La résolution de problèmes devient plus facile ».

Premiers impacts de la recherche mise en place

Comme dans tout processus de recherche, des groupes d’étudiants furent évalués en début de parcours. Les chercheurs procèdent actuellement à leur réévaluation afin de mesurer l’atteinte des objectifs. Un « groupe contrôle » d’étudiants anglophones, non exposés à la campagne de sensibilisation ont également été testés une première fois et le seront une deuxième afin de comparer les résultats obtenus. L’équipe de chercheurs reconnaît d’ores et déjà que les étudiants réagissent très bien aux initiatives mises de l’avant à ce jour. Ils ont peut-être pris un certain temps à saisir le sens du thème « JE TIENS LA ROUTE », précise monsieur Martineau, mais ils en ont intégré le principe. Sur le plan qualitatif, nous remarquons des différences que la recherche nous permettra d’identifier plus spécifiquement ».

Une évidence s’impose cependant : la campagne « JE TIENS LA ROUTE » est de plus en plus connue en Outaouais et ailleurs au Québec. Plusieurs Cégeps voudraient maintenant s’en inspirer pour mettre en place des initiatives de leur cru en promotion de la santé mentale. En ce sens, elle s’avère déjà un franc succès.

Entrevue réalisée par Marie Lacoursière édimestre pour le portail du réseau collégial.
 

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Performa

« LA » référence en développement pédagogique au collégial

Performa pour « Perfectionnement et formation des maîtres ». Performa aussi pour « culture de qualité pédagogique dans les collèges ». Les activités du réseau Performa sont axées sur la formation, l’innovation et la recherche en pédagogie collégiale. Elles s’étendent aux 63 collèges membres, privés ou publics.

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En 1973, l’Université de Sherbrooke créait cette structure basée sur le partenariat avec les collèges. Via Performa, l’enseignement d’un expert disciplinaire s’enrichit d’une perspective pédagogique. À son rythme et selon ses besoins, l’enseignant a accès à du perfectionnement crédité d’ordre universitaire en enseignement collégial.Performa génère ainsi des retombées sur les pratiques, la réussite et même les institutions.

 

En 2023, les célébrations du 50e de Performa ont été l’occasion pour Vincent Larose, président de la délégation collégiale Performa et directeur des études du Cégep de Granby, de rappeler que « Cet anniversaire souligne le partenariat unique entre les collèges membres et l’Université de Sherbrooke. Une collaboration qui permet aux enseignantes et aux enseignants d’apprendre de leurs expériences professionnelles pour trouver des solutions inédites aux défis posés par les enjeux actuels du réseau collégial. »

Monsieur Larose esquisse les grandes lignes de ce partenariat entre les collèges et l’Université de Sherbrooke. Une collaboration qui peut faire envie. En effet, Performa connaît une popularité croissante auprès de la communauté collégiale. En 2023, la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke chiffre à 4,8 % la hausse de la clientèle de Performa. Depuis 1973, Performa dénombre 5 300 diplômés et 430 projets de recherche et d’innovation. Son offre est passée d’un seul programme au départ à huit aujourd’hui dont trois en anglais.

Destinés au personnel pédagogique des collèges membres, les perfectionnements s’axent des besoins spécifiques. Les formations sont diversifiées et misent sur la coconstruction des savoirs. Ainsi, les meilleures pratiques pédagogiques s’arriment à l’expertise spécialisée des apprenants. De plus, les cours offerts à distance, hybrides, en présence ou en tutorat s’imbriquent facilement dans le quotidien des participants.

Le modèle Performa se distingue aussi par la force de son réseau. Dans chaque collège membre, un conseiller pédagogique est le répondant local (CP RL) de Performa. Son rôle est fondamental pour le développement pédagogique. Ce répondant peut soulever les enjeux locaux auprès du collectif Performa. Tant Performa que le réseau et les collèges évoluent grâce à ces interactions continues. Une manière de faire qui permet de mobiliser des communautés de pratique.

Structuré, le modèle Performa a fait ses preuves. L’entente Performa avec les collèges membres vient d’ailleurs d’être renouvelée. À la base, les consultations, le ressourcement et la coordination se font lors de l’Assemblée Performa. Différentes instances prennent ensuite le relai pour assurer la fluidité du fonctionnement collèges-université.

Les décisions de Performa sont prises conjointement par le Comité mixte et le Comité exécutif. Monsieur Larose insiste sur le réel partenariat qui existe au sein de ces comités. Par exemple, le Comité mixte est présidé en alternance par le délégué du collégial et le délégué de l’Université de Sherbrooke. Les décisions reposent sur l’entente entre les délégations collégiale et universitaire.

Trois instances consultatives soutiennent la direction de Performa pour réaliser les mandats qui lui sont confiés : le Regroupement des personnes répondantes locales ; le Comité de programme ; le Collectif de développement de la recherche et de transfert des connaissances. Performa profite aussi de la collaboration de plusieurs organisations vouées à l’enseignement supérieur.

Monsieur Larose mentionne qu’après 50 ans, Performa amorce une période de transition. Les avancées technologiques et le rôle crucial des répondants locaux sont à l’ordre du jour. Tout comme la pénurie de main-d’œuvre, la persévérance et la diplomation sont autant de défis pour les collèges. En 2023-2024, la nouvelle planification stratégique aura à considérer ces multiples enjeux.

Le réseau collégial se transforme. Dans cette mouvance, comment préserver et faire croître la culture de qualité pédagogique dans les collèges ? C’est ici que la pertinence de Performa prend tout son sens pour que le développement professionnel entre en jeu.

« En considérant les défis d’avenir qui commencent déjà à laisser leur marque dans le réseau, nous pensons que la flexibilité et l’agilité qui ont fait notre force depuis 50 ans doivent être poussées à leur maximum. Répondre présent, avec célérité et justesse, pour les besoins de formation et de développement professionnel du collégial, telle est l’ambition de Performa pour les prochaines années. » affirme Aude Séguin, directrice adjointe, Développement pédagogique et Recherche de Performa.

       

Au cœur de la vie pédagogique collégiale

Des célébrations ont marqué le 50e anniversaire de ce partenariat unique. Plus d’une centaine de personnes ont participé aux festivités le 24 octobre 2023, à l’Université de Sherbrooke. « Nous pouvons être fiers et nous considérer privilégiés d’être au cœur de la pédagogie au collégial et d’avoir contribué, tous ensemble, au développement de Performa. » s’est réjoui le directeur de Performa, Jules Bélanger.

Des directions de collèges, des étudiants, des conseillers pédagogiques et des chargés de cours ont d’ailleurs témoigné de leur expérience « Performa » dans le cadre de ces 50 ans.

Dans la foulée des célébrations de ce 50e, la revue Performa a été lancée. Une autre tribune pour que s’exprime ce collectif pédagogique exemplaire.

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Projets-pilotes de haltes-garderies sur campus

« Le bébé de tout l'monde »

Le 3 février dernier, la ministre de la Famille dévoilait les neuf projets pilotes retenus de haltes-garderies en milieux d’enseignement ; le Grand chantier pour les familles était à l’œuvre. Trois de ces projets pilotes concernaient le réseau collégial. Deux d’entre eux sont déjà en action en Abitibi-Témiscamingue et à Sept-Îles. Un mois plus tard, on prend des nouvelles.

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À Sept-Îles, Louise Pineault, vice-présidente du conseil d’administration de l’organisme communautaire Centre Alpha Lira qui porte le dossier, est sous le charme. Après un seul mois, elle juge le service bien rodé. « Ça se déroule comme dans le livre. Tout le cégep s’est approprié le projet dans le but, oui, de faciliter la conciliation famille-étude, mais surtout dans le but que les enfants soient bien. »

La voix souriante, elle nous raconte une histoire qui pour elle en dit long sur l’effet rassembleur instantané du projet. « Dans les premiers jours, un membre du personnel de l’entretien s’est présenté à la halte-garderie l’air sérieux. Lors de sa tournée la veille, il avait remarqué qu’un coin de bureau trop pointu à son gout posait un risque pour les enfants, et il demandait la permission de l’arrondir. C’est là que j’ai réalisé que la halte-garderie était devenue le bébé de tout le monde. »

La halte-garderie à Sept-Îles n’a par ailleurs pas perdu de temps pour se greffer à l’ADN du Cégep en choisissant, à l’issue d’un concours étudiant, le nom de La halte des petits voyageurs. La référence est claire aux équipes sportives des Voyageurs du Cégep de Sept-Îles dans le réseau du sport étudiant du Québec.

 

Val-d’Or

Tout comme à Sept-Îles, le projet-pilote de halte-garderie sur le campus de l’UQAT et du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue prend racine rapidement.

Marie-Pier Dupuis, conseillère à la vie étudiante du cégep, nous parle de l’alignement « céleste » qui a mené à la création de La Petite Ourse : « Nous étions ouverts depuis un an, au début sans financement, ensuite avec trois bailleurs de fonds : la Fondation, l’Association étudiante, et le Cégep lui-même. Quand l’appel de projets est sorti, c’était écrit dans le ciel qu’il fallait ouvrir une halte-garderie. Un local parfait sur le campus se libérait, des gens sont venus vers nous pour offrir leur service, et le besoin vraiment était là. Donc c’est allé vite, en neuf mois, on est passé de la première discussion à l’ouverture de la halte par la librairie La procure étudiante de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). » Marie-Pier affirme aussi que la subvention ne pouvait mieux tomber, car elle et Kathy McGuire, directrice du campus, en étaient à envisager de fermer des périodes et de solliciter le soutien du secteur privé.

Maintenant que la Petite Ourse brille sur le « petit » campus de 400 étudiants, Marie-Pier nous décrit des scènes de leur quotidien : « Ça crée toute une ambiance. Il y a des enfants qui se promènent dans les corridors. Des étudiants passent faire leur tour pour dépanner les éducatrices. On a un piano dans la cafétéria, et ce n’est pas rare que des enfants y jouent au travers des grands. Les étudiants aiment ça. »   

La Petite Ourse a déjà sa chanson thème…
 

À la Petite Ourse

Comme la vie est douce

Tu es mon étoile

Unique et brillante

Toutes nos différences

Nous regroupent ensemble

La magie s’installe

Suis-moi à la Petite Ourse

Une belle façon d’accueillir

Un point en commun qu’ont la Halte des petits voyageurs et la Petite Ourse : elles répondent à un besoin ressenti par les étudiants internationaux ayant une mise à niveau à faire pour être reconnus, par exemple, par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Marie-Pier nous rappelle également la grande pénurie de places en milieu de garde dans la ville et que « c’est pas tout le monde qui a des grands-parents ou de la famille prête à aider. » Louise Pineault fait le même constat à Sept-Îles et souligne également la situation géographique d’une ville comme Sept-Îles, à 60 km de Port-Cartier d’un côté, et à 220 km Havre-Saint-Pierre de l’autre. « Ça fait beaucoup de route pour venir dépanner quelqu’un si tu ne demeures pas à Sept-Îles. La porte d’à côté, ici, c’est loin. »  

Ça sauve des diplômes

S’il faut être inscrit comme étudiante pour bénéficier de place dans la halte-garderie, l’inverse aussi est souvent le cas. En effet, pour plusieurs parents-étudiants, à Sept-Îles comme à Val-d’Or, le service de halte-garderie sur le campus est conditionnel à l’inscription. En d’autres mots, pas de halte-garderie, pas d’études. Sans donner de détails, Marie-Pier nous confie un cas précis où une étudiante s’est retrouvée seule avec ses enfants lors de sa dernière année de technique et que sans la halte-garderie, elle n’aurait pu effectuer son stage. « Pour elle, ç’a fait toute la différence ; elle nous en parle encore. »

Là où les petits apprennent aux grands

Voici donc les haltes-garderies-écoles émergeant enfin officiellement des rouages du système. Outre leur apport indéniable à la diplomation, les avantages pédagogiques d’une halte-garderie au sein de programmes d’éducation à l’enfance n’ont pas tardé à se faire sentir. Questionnées sur la contribution de la halte-garderie à la bonification de l’enseignement, Louise et Marie-Pier sont unanimes, ça se voit déjà et le potentiel est très grand. « Le programme technique en éducation à l’enfance bénéficiait déjà d’étroite collaboration avec un service de garde à deux pas du Cégep. Les étudiantes pouvaient observer des comportements d’enfants et mettre en pratiques les notions d’interventions. Mais avec un service complet à même le collège, on peut mettre en pratique une foule de compétences comme la prise en charge de la fermeture ou de l’aménagement des pièces », nous dit Louise.

«Le cours se déroule dans la halte-garderie et chaque étudiante prend en charge un coin spécifique, le coin dodo, le coin bricolage, etc.» Marie-Pier Dupuis»

En Abitibi-Témiscamingue, Marie-Pier témoigne d’expériences magiques qui prennent vie à travers la halte-garderie. « Ce qui me fascine, ce sont des projets comme celui avec l’AEC en Éducation en services à l’enfance en milieu autochtone où l’enseignante intègre, dans le cadre de ses évaluations finales, tout l’aménagement du local. Le cours se déroule dans la halte-garderie et chaque étudiante prend en charge un coin spécifique, le coin dodo, le coin bricolage, etc. Ça nous donne des projets merveilleux et c’est vraiment bien pour créer un sentiment d’appartenance et encourager le maillage interculturel. C’est vraiment important ici. »

Lorsqu’on pousse la discussion, on constate rapidement que les haltes-garderies peuvent nous aider à développer plus qu’une expertise en éducation à l’enfance. Au-delà de la gestion des « crises de bacon », on peut intégrer des notions de gestion de ressources humaines, de budget, de pharmacie, de soins infirmiers, notions qui collent à beaucoup de programmes.

Des initiatives étudiantes

Nadia Boudreau est aujourd’hui directrice partenariat et développement à l’Association des haltes-garderies communautaires (AHGCQ), premier partenaire du projet pilote québécois des haltes-garderies en milieux d’enseignements. Pour elle, son aboutissement a pris « trop de temps ». Une décennie auparavant, elle était éducatrice principale dans une halte-garderie de l’Association générale des étudiants-es de l’UQTR, (qui deviendra « Le P’tit bacc »), et présidente de l’association.

Elle n’a jamais lâché le morceau. « En 2013, j’étais prête à créer des haltes-garderies pour tout le monde sur le campus, pour les métiers, les enseignants, l’administration, mais ça nous mettait en situation de garde illégale : on ne pouvait pas offrir un service de garde avec des inscriptions prévues à l’horaire ; on devait s’en tenir à des services de répits imprévus. Ce n’est que depuis le 1er septembre 2022, date d’entrée en vigueur des modifications à la Loi sur les services de garde éducatifs, que les haltes-garderies en milieu d’enseignement sont possibles. » Le service de garde « illégal » est donc désormais légal, et financé.

Questionnée sur l’impact de la halte-garderie sur la diplomation selon sa longue expérience de terrain, Nadia affirme que ça dépasse la conciliation famille-étude. « À l’UQTR, étant donné que le service était en place, il y a des étudiants qui ont décidé d’avoir des enfants pendant leurs études. » C’est vrai que ce concept de « création » famille-étude facilite à l’avance la conciliation famille-travail. Avoir su… « Il y a également des gens qui n’avaient pas complété leur bac, leur maîtrise, leur doctorat, pour quelconques raisons, et qui l’ont fait parce que la halte-garderie le leur permettait. »

C’est vers Nadia Boudreau que des personnes engagées comme Marie-Pier Dupuis et Kathy McGuire d’Abitibi-Témiscamingue se sont tournées pour comprendre et mettre sur pied un service essentiel.

On trouvait en 2001 une halte-garderie en milieux d’enseignements collégiaux et universitaires: Le Baluchon, premier service du genre fondé par la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal.
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