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Initier les étudiants à la recherche dès le collégial



 

 

Entretien avec Lynn Lapostolle, directrice de l'Association pour la recherche au collégial (ARC)

 

 

Un texte d'Élise Prioleau, rédactrice au Portail du réseau collégial

Les étudiants-chercheurs sont de plus en plus nombreux dans les collèges, selon l’Association pour la recherche au collégial (ARC).« Au cours des dernières années,les organismes subventionnaires ont favorisé l’implication des étudiantes et étudiants dans la recherche collégiale », se réjouit Lynn Lapostolle,directrice de l’ARC.

En 2018, le gouvernement fédéral promettait dans son budget de soutenir des projets de recherche novateurs qui impliquent notamment des chercheurs et chercheuses étudiants et étudiantes des collèges. « Cet investissement comprend [notamment] plus de 1,7 milliard de dollars sur cinq ans pour soutenir la prochaine génération de chercheurs canadiens par l’intermédiaire des conseils subventionnaires et les instituts de recherche », selon le budget fédéral. La même année, le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT) a offert 61 bourses de 5 000 $ à des étudiants et étudiantes du collégial pour réaliser un stage d’été dans un laboratoire de recherche. Un programme qui existe depuis 2014.

En plus de cet intérêt gouvernemental pour les étudiants-chercheurs, mentionnons le lancement récent de l’option Recherche-études au cégep de la Gaspésie et des Îles, une première au Québec. Dès l’automne 2019, des étudiants en aquaculture, en sciences humaines ainsi qu’en sciences de la nature seront initiés à la recherche appliquée et participeront à des projets en lien notamment avec « les éoliennes, la question des logements communautaires ainsi que le développement de la culture des algues », selon le communiqué émis par le Cégep.

« Des initiatives comme celles du cégep de la Gaspésie et des Îles permettent non seulement d’initier des étudiantes et étudiants à la recherche, de former la relève de demain, mais aussi de permettre à des jeunes de participer à des projets très motivants dans lesquels ils font des découvertes et participent à de réelles activités de recherche ou d’innovation », affirme Lynn Lapostolle.

Des prix pour de jeunes chercheurs

En mars, l’Association pour la recherche au collégial a lancé la 24e édition de son concours des Prix étudiants de l’ARC, qui vise à offrir une reconnaissance aux étudiants-chercheurs du réseau collégial. Trois finalistes remporteront des bourses de 1000 $, 600 $ et 400 $ pour un projet de recherche réalisé dans le cadre de leurs études collégiales. Une mention « Relève étoile » accompagnée d’un prix de 1 000 $ sera également décernée dans chacun des trois secteurs de recherche, soit société et culture, santé, et nature et technologies.Les prix seront remis lors du colloque de l’ARC, dans le cadre du 87econgrès de l’Association francophone pour le savoir – Acfas, en mai prochain, à Gatineau.

L’an dernier, la gagnante du premier prix, Marielle Côté-Gendreau, du cégep Garneau, avait été primée pour sa recherche sur le mythe entourant le personnage de Napoléon Bonaparte dans le Canada français du XIXe siècle. Une recherche en histoire sociale qui avait été supervisée par l’enseignant de sociologie Didier Dufour.

La formation de la relève sur toutes les lèvres

C’est dans un contexte particulièrement favorable à la formation des chercheurs de demain que le personnel de l’Association pour la recherche au collégial (ARC) a choisi de stimuler la réflexion déjà bien amorcée sur les retombées individuelles et collectives de l’implication étudiante en recherche ainsi que sur les facteurs qui limitent la présence des étudiants en recherche.

« Le Comité intersectoriel étudiant des Fonds de recherche du Québec s’intéresse depuis 2015 à l’ouverture du domaine de la recherche aux étudiants et étudiantes du secteur collégial. De notre côté, à l’ARC, nous poursuivrons notre réflexion dans le cadre d’un projet qui sera réalisé ce printemps en collaboration avec la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) », dévoilela directrice de l’ARC.

À l’Association pour la recherche au collégial, on entend surfer sur la vague de reconnaissance des étudiants en recherche qui s’amorce à peine et que l’on souhaite voir grandir dans les prochaines années. Le 28 mai prochain seront rassemblés des représentants d’organismes gouvernementaux subventionnaires, des enseignants, étudiants et chercheurs du réseau collégial autour d’une vaste réflexion collective sur l’avenir de la formation des étudiants et étudiantes à la recherche lors d’un colloque organisé par l’ARC et intitulé Pour que la formation de la relève scientifique soit sur toutes les lèvres. « Lors de cet événement, nous allons présenter un portrait des initiatives de formation des jeunes à la recherche, explique Lynn Lapostolle. Des étudiants-chercheurs seront également présents afin de présenter leurs projets de recherche. »

Si les initiatives récentes pour encourager l’initiation à la recherche chez les étudiants des collèges sont encourageantes, il n’en demeure pas moins que les fonds demeurent insuffisants au collégial, particulièrement dans le domaine des sciences humaines, selon la directrice de l’Association pour la recherche au collégial. Soulignons ici tout le travail mené par l’ARC depuis 1988 pour « promouvoir la recherche et faire en sorte qu’elle soit davantage soutenue au Québec ». Un travail essentiel au développement du savoir et de l’innovation au Québec dont nous pouvons être collectivement fiers.

                                                       


Voir la vidéo | FRQ | ACFAS 2018 | La relève en recherche au collégial - Prix FRQ-ARC - https://www.youtube.com/watch?v=df3c3s8KpAk&feature=youtu.be



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