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Cannabis avant 21 ans: Legault implore les jeunes de ne pas consommer

Article publié par La Presse



Le projet de loi numéro 2 vise deux objectifs : hausser de 18 à 21 ans l'âge légal minimum pour acheter et consommer du cannabis, en plus d'interdire la substance controversée dans tous les lieux publics, incluant les parcs et les terrains de jeux.
Photo DARRYL DYCK, archives La Presse canadienne

Hugo Pilon-Larose La Presse

6 novembre 2018 - (Québec) Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) est passé de la parole aux actes et a déposé mercredi un projet de loi interdisant l'achat et la possession de cannabis aux Québécois âgés de moins de 21 ans.

« Je veux envoyer un message très clair aux jeunes : c'est dangereux, la consommation de cannabis. Ça peut amener des problèmes graves comme la schizophrénie. Donc s'il vous plaît, ne consommez pas », a dit le premier ministre du Québec, François Legault, après la période des questions. 

Maintes fois promis en campagne électorale, ce projet de loi 2 du nouveau gouvernement interdit également aux étudiants (peu importe leur âge) d'avoir sur eux du cannabis acheté légalement à la Société québécoise de cannabis (SQDC) « sur les terrains, dans les locaux ou dans les bâtiments d'un [cégep ou d'une université], à l'exception des résidences universitaires ». Ces nouvelles restrictions seront mises en application une fois le projet de loi adopté, ce qui devrait être fait au cours de la session parlementaire du printemps. 

Dans son projet de loi, le gouvernement Legault entend aussi interdire la consommation de cannabis « sur les voies publiques, sur les terrains des lieux fermés dans lesquels il est actuellement interdit de fumer [...] de même que dans tous les autres lieux extérieurs qui accueillent le public, notamment les parcs, les terrains de jeu, les terrains de sport et les terrains de camp de jour ».

De plus, Québec étend également l'interdiction à la SQDC d'ouvrir une succursale à moins de 250 mètres de tout établissement d'enseignement, ce qui inclut désormais les cégeps et les universités.

Reprenant une formule souvent utilisée par le gouvernement pour décrire son approche en matière d'encadrement du cannabis (une substance « légale, mais pas banale »), le critique de l'opposition officielle en santé publique, André Fortin, a dénoncé que le projet de loi 2 allait à l'encontre « de tous les experts ».

« Ce qui n'est pas banal, c'est un projet de loi qui va contre la science. Ce qui n'est pas banal, c'est des jeunes qui achètent du crime organisé. Ce qui n'est pas banal, c'est des jeunes qui consomment de la cochonnerie vendue par un "pusher". Le ministre va-t-il admettre que le projet de loi de la CAQ a beau être légal, il n'est pas banal ? », a questionné le député libéral mercredi au Salon bleu.

« Il est clair que le député n'a jamais vu les résonnances magnétiques et les images du cerveau d'un enfant qui a consommé de façon chronique et répétée du cannabis, et qui voit son cerveau rapetisser au fur et à mesure [qu'il consomme]. [...] Il n'a jamais vu la détresse d'un parent qui voit son enfant devenir psychotique à cause de la consommation de cannabis. C'est ça, la science », lui a répondu Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, qui tiendra mercredi après-midi un point de presse sur le projet de loi dans une école secondaire de Québec. 

- Avec Martin Croteau, La Presse



 
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