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L'effet net des coupures en éducation pour les cégeps de Montréal

20 avril 2015 - Le Gouvernement  du Québec présentait  le mois dernier sa  proposition budgétaire pour l'exercice  financier 2015-2016. Du même coup, il annonçait que les cégeps devront absorber une nouvelle compression de 40 millions de dollars. Cette compression s'ajoute à six déjà subies par les cégeps au cours des quatre dernières années, pour un total de 150 millions de dollars. Pour les douze cégeps de Montréal, la nouvelle compression qui s'appliquera  aux budgets de la prochaine année s'élèvera  à plus de 11 millions de dollars. Ce montant, faut-il le préciser, ne s'appliquera  que sur une portion infime des budgets alloués aux cégeps, compte tenu des obligations contractuelles nous liant aux divers fournisseurs  de services ainsi qu'à nos employés, lesquels bénéficient de la sécurité d'emploi accordée par les conventions collectives.

En marge des réactions d'inquiétude et de dénonciation provoquées par cette annonce, les cégeps ont été invités à « faire leur part » et surtout à préserver les services à l'étudiant. Nous sommes disposés à fournir notre part d'efforts, mais les marges de manœuvre sont désormais inexistantes et nous ne pouvons  plus réduire nos dépenses sans que cela se répercute sur les services aux étudiants.

Ce n'est évidemment pas de gaieté de cœur que nous devrons réduire certains services. Les cégeps de Montréal sont de dynamiques milieux d'apprentissage bénéficiant à plus de 70,000 personnes, jeunes comme adultes, et nous sommes fiers de la réussite de nos étudiants. Partout dans nos établissements, les enseignants, les professionnels, les membres du personnel de soutien et les gestionnaires travaillent pour soutenir les étudiants et les accompagner  dans leurs projets d'études.

Au cours des dernières années, nos budgets de fonctionnement ont été amputés de façon très importante, soit plus de 40 millions de dollars depuis 2010. Aujourd'hui , nous ne pouvons que constater que nous avons atteint et même dépassé la limite au-delà de laquelle il nous faut réduire certains services directs aux étudiants. Ces réductions de services entraîneront inévitablement des conséquences pour les étudiants, et nous appréhendons les répercussions qu'elles pourraient avoir sur la réussite des plus vulnérables d'entre eux.

Le budget de fonctionnement d'un cégep est largement constitué de dépenses liées  aux  ressources humaines. Il s'agit par exemple des techniciens en informatique et en travaux pratiques qui soutiennent les enseignants et les étudiants dans les laboratoires, des aides pédagogiques individuels, des psychologues et des conseillers en orientation qui accompagnent les étudiants dans leur cheminement scolaire, des orthopédagogues et des techniciens en éducation spécialisée qui interviennent auprès des étudiants aux prises avec des difficultés d'apprentissage, des ouvriers spécialisés et du personnel d'entretien ménager qui veillent au bon état et à la salubrité des locaux, du personnel administratif qui accueille les étudiants et du personnel d'encadrement qui dirige des équipes de travail offrant des services aux étudiants. La compression annoncée se traduira malheureusement par une diminution de ces effectifs et les services qu'ils assurent en seront  inévitablement touchés.

Sans mentionner le fait que les choix auxquels ces compressions  nous acculent  nous obligeront également  à couper  dans  les forces  vives  sur  lesquelles  nous  pouvons  compter  pour  assurer  le développement  de  nos institutions. Les enjeux de nos sociétés post-modernes vont en se complexifiant . Les modes d'accès aux
connaissances se transforment et  interpellent  l'institution  scolaire  traditionnelle. Le  métissage grandissant de nos communautés continue de poser des défis de taille pour notre vivre-ensemble. Nos établissements doivent prendre la mesure de ces nouveaux défis. Ils doivent faire preuve de créativité afin de proposer aux jeunes et aux moins jeunes des lectures inspirantes des réalités présentes et leur offrir des outils qui leur permettront d'agir sur le futur en tant que citoyens   responsables.

C'est pour ces raisons que les cégeps se donnent des plans stratégiques de développement. Ces plans de développement résultent d'exercices complexes de réflexion, de recherche, de prospection et  de consultation. Ils visent à identifier  les défis auxquels  nos établissements  font face au regard des tendances qui président aux transformations de nos sociétés et des rapports qui s'y nouent. Ils visent aussi à mobiliser les acteurs de nos communautés pour l'atteinte de résultats qui sont exigeants certes, mais qui visent à répondre aux nombreux enjeux qui se profilent à l'horizon. Ce sont précisément ces perspectives de développement qui sont compromises par les compressions budgétaires successives.

Tout cela alors que les mesures de contrôle administratif se multiplient, venant alourdir exagérément les procédures de reddition de comptes et nous divertir indûment de la réalisation de notre mission première : la formation de personnes responsables, critiques et productives, aptes à contribuer positivement à l'avènement d'un monde meilleur.

Les cégeps jouent un rôle essentiel dans le développement de la société québécoise. Ils sont en grande partie responsables du fait que les jeunes Québécois se situent au sommet du classement canadien en ce qui a trait au nombre d'années d'études complétées. Or, nous sommes inquiets de l'effet potentiel des compressions annoncées sur les taux de diplomation dans nos établissements et sur notre  capacité  de  répondre aux besoins de la société québécoise.

Plus que jamais, nous sommes convaincus que nous devons, comme société, maintenir et augmenter les budgets consentis à l'éducation afin de préserver les moyens requis pour aider nos étudiants à réussir.


M. Richard Filion, président du conseil d'administration du Regroupement des collèges du Montréal métropolitain (RCMM) et directeur général, Dawson College

M. Benoit Pagé, directeur général,Collège Ahuntsic
M. Claude Roy,  directeur général,Cégep André-Laurendeau
M. Maurice Piché, directeur général,Collège de Bois-de-Boulogne
M. Christian Roy, directeur général,Cégep Gérald-Godin
M. John Halpin, directeur général, John Abbott College
Mme Malika Habel, directrice générale, Collège de  Maisonneuve
M. Sylvain  Mandeville,   directeur général,Collège Marie-Victorin
M.Stéphane Godbout,   directeur général,Collège de  Rosemont
M. Mathieu Cormier,  directeur général,Cégep de  Saint-Laurent
M. Normand W. Bernier,  directeur général,Vanier College
Mme Murielle Lanciault,  directrice générale,Cégep du Vieux Montréal

Source : Le Regroupement des collèges du Montréal métropolitain (RCMM)


 
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