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Entrevue : Gilles Pouliot, quelques jours avant la retraite



Auteur : Danielle Lavoie
Publié le : 25 juin 2013 à 10:30

Gilles Pouliot a tenu les rênes du CCSR pendant 11 ans et demi. Il a consacré plus d'une décennie à la consolidation et au développement d'une corporation créée par et pour les cégeps. Quelques jours avant son départ à la retraite, je l'ai rencontré dans son bureau de Montréal. Bilan du passage d'un homme qui a marqué son organisation. Une petite organisation qui se fait maintenant grande.

Propos recueillis par Danielle Lavoie.

 

De quelles réalisations êtes-vous le plus fier?

Je savais que vous me poseriez cette question. J'y ai un peu réfléchi. Il y en a plusieurs. Si je devais n'en choisir qu'une, ce serait la dotation. J'ai réussi à bien m'entourer. Côté recrutement, pour emprunter une métaphore sportive bien connue: «la moyenne au bâton est excellente». Depuis dix ans, des gens créatifs, très entrepreneurs et dédiés à notre mission se sont joints à nous et ont enrichi nos façons de faire.

Mais il y a d'autres réalisations dont je suis fier. Entre autres, la mise en place du cabinet-conseil en Prévention et règlement de différends (PRD). Lorsqu'on a commencé à offrir ce service il y a dix ans, on a tout de suite eu du succès; ça répondait à un besoin et actuellement, on peut dire qu'il s'avère toujours approprié. Le PRD est une méthode, une façon d'aborder les difficultés qui permet de résoudre les conflits sans opposer les gens.

Dans le domaine des assurances, je suis particulièrement content de la créativité dont on a fait preuve en mettant en place un fonds de franchise dans le cadre de notre Programme d'assurance de dommages. Après le 11septembre 2001, les primes ont explosé. On dit que c'est dans l'adversité que les bonnes idées se manifestent. Ç'a été vrai pour nous. En créant le fonds de franchise, on a réussi à faire baisser les primes d'assurance à un taux jamais vu. En cas de revers de fortune, le fonds sert à rembourser l'assureur. Les collèges peuvent cependant récupérer la partie inutilisée du fonds de franchise, au prorata de leur contribution. Bien conseillé par notre actuaire, on a mis en place une nouvelle façon de faire, que nous conservons toujours.

Nous avons également fait preuve d'audace quand nous avons pris la décision d'approcher les commissions scolaires. À l'époque, les relations entre la Fédération des commissions scolaires du Québec et la Fédération des cégeps n'étaient pas nécessairement cordiales, la première s'affichant en faveur de l'abolition des cégeps. Aujourd'hui, l'unité entre les deux réseaux à travers notre regroupement d'achats donne à tous un plus grand pouvoir d'achat et un accès à de meilleurs prix.

Une autre réalisation dont je ne suis pas peu fier: l'adaptation du logiciel libre KOHA à notre communauté de bibliothèques collégiales. L'expertise acquise dans ce domaine laisse entrevoir des perspectives intéressantes, au moment où les organismes se tournent de plus en plus vers le logiciel libre.

Enfin, la reconnaissance de l'expertise de notre regroupement est une source de fierté pour moi, tant dans les réseaux de l'éducation, qu'à l'extérieur de ces réseaux, notamment dans les ministères du gouvernement et dans les municipalités.

Dans quelles conditions laissez-vous le CCSR?

Je laisse un CCSR arrivé à maturité. Il a les moyens de poursuivre son développement et de faire évoluer son offre de services, pour le bien de sa clientèle. Il est solide financièrement. On peut imaginer qu'il sera présent dans de nouveaux secteurs d'activités. Ces derniers pourront bénéficier de la force du regroupement.

Le CCSR a aussi la réputation d'être intègre dans la conduite des affaires. Dans un contexte comme celui que nous traversons, cette qualité est une denrée rare et tellement précieuse. De plus, il est très bien positionné pour aider les organismes publics à relever le défi de la bonne gestion des fonds publics. S'il a élargi ses lettres patentes en 2011, c'était pour être en mesure de servir un spectre plus large d'organisations publiques pouvant bénéficier de son offre de services.

On entend souvent parler de votre don pour la négociation. Vous en avez mené de nombreuses pour le compte du CCSR. Avez-vous aimé négocier pour lui?

Absolument! La première chose que fait un être humain, dès l'enfance, c'est négocier. La négociation n'a jamais été pour moi un dur travail. Bref, j'ai toujours eu du plaisir à négocier, afin d'obtenir des prix avantageux pour les produits et les services que le CCSR offre à ses membres et à ses clients.

Que devra faire le CCSR pour poursuivre son essor?

Comme je connais le génie créatif de la prochaine directrice générale, je ne pense pas qu'elle aura besoin de mes conseils. Toutefois, je ne peux m'empêcher de penser qu'il devra rester à l'écoute de son environnement et des établissements d'enseignement. Il devra aussi garder sa bonne étoile, ou cette tendance qu'il a d'être au bon endroit, au bon moment. Il ne devra pas craindre la critique: il faut entendre ce qui va et surtout, ce qui ne va pas. Les membres de l'équipe devront aussi continuer à travailler sérieusement sans se prendre au sérieux, à mettre en place ce climat, caractérisé par l'humour et le sourire, qui facilite tellement la communication.

Se peut-il qu'un jour Gilles Pouliot soit du nombre des consultants œuvrant pour le CCSR?

Je suis dans la vie active depuis 43 ans. À très court terme, je souhaite me rapprocher de mes petits-fils, accueillir ma petite-fille à naître à la fin de l'été et voyager avec mon épouse. En 2014, si la santé est là, il est possible que j'accepte certains mandats ad hoc, surtout s'ils sont reliés à la négociation.

Un mot de la fin?

Merci! Les gens m'ont accueilli avec ouverture, m'ont appuyé. J'espère avoir été à la hauteur de leurs attentes. Si je dis adieu à ma fonction de directeur général avec sérénité, je laisse les gens avec une impression de deuil. Mais ne finissons pas cette entrevue sur une note triste. Permettez-moi, comme à mon habitude, de dire quelques mots en latin.: « J'ai eu des quid intéressants au CCSR, mais les quomodo l'ont été encore plus ». [Rires]

Plus sérieusement, je dis encore merci aux membres du conseil d'administration, à ses présidents que j'ai côtoyés et, finalement, à toute la grande équipe du CCSR… À la revoyure!

Le CCSR vous dit au revoir, Gilles… et carpe diem!

 

Vous souhaitez aussi dire au revoir à Gilles? Commentez le billet ci-dessous ou acheminez-lui votre message à info@ccsr.qc.ca.
 





 
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