NOUVEAU Alertes du Portail


Toute l'actualité du réseau collégial dans votre boîte de courriel.

Dossiers / Histoire / Le renouveau de 1992 à 2004

La réussite du réseau



Le réseau relève le défi...

En 1996, la Commission d’évaluation de l’enseignement collégial témoignait dans le second rapport synthèse portant sur l’évaluation des politiques institutionnelles d’évaluation des apprentissages des points de satisfaction reliés à l’examen des politiques soumises à son analyse :

On constate que le travail, la réflexion et la concertation sur l’évaluation des apprentissages et sur la manière d’en codifier les règles dans une politique de l’établissement sont entrés dans les moeurs et font désormais partie de la culture du réseau collégial. La révision rendue nécessaire par les exigences du Renouveau de l’enseignement collégial a donné lieu à des politiques plus complètes, de meilleure qualité, susceptibles d’assurer des évaluations justes, équitables et équivalentes. Cette opération a eu des retombées positives qui sont aussi à porter au bilan. Elle aura fait avancer dans les collèges la réflexion sur l’approche par objectifs et standards et sur la réalisation de l’approche-programme.

À l’égard de la mise en oeuvre des politiques d’évaluation des programmes d’études, elle relate, dans son rapport synthèse en 2002 :

Depuis une dizaine d’années, des progrès remarquables ont été accomplis en matière d’appropriation de l’évaluation dans les collèges. Cette première application des politiques institutionnelles d’évaluation des programmes d’études a confirmé le potentiel de ces politiques en tant qu’outil favorisant la réalisation d’évaluations efficaces. Cela marque ainsi une étape importante dans la prise en charge par les collèges de leurs responsabilités à l’égard de la gestion des programmes. Certes, il reste des pas à franchir. Toutefois à la suite de cet exercice, les collèges sont mieux instrumentés pour mener des évaluations de programmes d’une manière autonome.

Entre juin 1996 et février 2002, la Commission rend publics cinq rapports synthèses d’évaluation de mise en oeuvre de programmes d’études dans des domaines ou des secteurs précis, telles la composante de la formation générale en février 2001, les techniques administratives en mai 1999, les sciences humaines en octobre 1997, les techniques d’éducation en services de garde en février 1996 et les techniques de l’informatique en juin 1996. Ces rapports témoignent du sérieux des activités menées dans les cégeps autour de l’auto-évaluation des programmes et de l’importante mobilisation générée par l’exercice dans les milieux.

Les cégeps du Québec ont, dans la mesure de leurs moyens, relevé les défis pédagogiques qui leur ont été lancés à la suite de la mise en place du Renouveau de 1993. Sans modèle de référence, ils ont développé au fil des ans des pratiques novatrices et se sont dotés de projets pédagogiques qu’ils exportent aujourd’hui. Bien qu’il reste des pas à franchir, les avancées sont grandes. Quel autre réseau peut s’enorgueillir d’avoir autant fait en mobilisant les personnes autour d’approches institutionnelles ? Les efforts consentis durant la dernière décennie portent leurs fruits et le meilleur est à venir...
 

La réussite : un enjeu de société

L’opération des plans de réussite représente un des grands chantiers pour les bâtisseurs contemporains. Cette commande, d’abord politique, découlait du Sommet du Québec et de la jeunesse tenu en février 2000. La nécessité pour tous les établissements d’enseignement de chaque réseau de se doter d’un plan de réussite ressortait comme un objectif de premier ordre. Le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) a appuyé cet objectif collectif par un réinvestissement financier balisé d’un ensemble de critères et de règles. Les exigences du MEQ ayant le plus interpellé les cégeps sont la fixation et l’atteinte de cibles quantitatives « ambitieuses » : faire passer le taux de diplomation de 61 % à 76 % d’ici 2010, les cibles institutionnelles se situant entre 70 % et 87 %. L’insistance du ministre de l’époque, M. François Legault, sur les cibles « ambitieuses » a soulevé beaucoup de critiques et de résistance dans les cégeps, en particulier de la part du corps enseignant. On déplorait dans les cégeps sa définition de la réussite, perçue comme strictement quantitative, centrée sur les taux de diplomation des cohortes comme seul indicateur, sans parler des facteurs de la réussite et en ne considérant que les cohortes issues du secondaire, donc en formation initiale.

De plus, le ministre Legault exigeait que les cégeps soumettent leur plan d’aide à la réussite au ministère de l’Éducation ainsi qu’à la CEEC, qui recevait le mandat de les évaluer. Cette volonté ministérielle a d’ailleurs été réaffirmée avec force dans le projet de loi 123, adopté en décembre 2003, exigeant que les cégeps se dotent d’un plan stratégique de développement, comprenant un plan de réussite, annonçant ainsi la pérennité de la démarche. Cependant, il serait faux de croire que les cégeps ont attendu cette commande politique pour s’occuper de la réussite. Cet accent mis sur la réussite date plutôt du début des années 1990, où l’idée même d’élaborer des plans de réussite a son origine dans les cégeps. En juin 1999, les cégeps avaient pris une série de sept engagements, dont le premier consistait précisément à mettre en oeuvre des plans d’action institutionnels pour améliorer la réussite et la diplomation. Cet engagement était pris au moment où les établissements, chacun de leur côté, avaient amorcé une démarche démontrant la pertinence de tels plans institutionnels.
 

Le bilan de l’évaluation des plans

La Commission d’évaluation de l’enseignement collégial publia en septembre 2004 un premier rapport synthèse sur les plans de réussite intitulé L’évaluation des plans d’aide à la réussite des collèges. Dans ce rapport, la Commission conclut :

Dans l’ensemble du réseau collégial québécois, l’implantation des plans d’aide à la réussite a été accompagnée d’une hausse de la réussite des cours à la première session et, dans une moindre mesure, d’un accroissement de la réinscription au troisième trimestre. Les collèges ont mis en oeuvre une variété de mesures et ils ont commencé à en évaluer l’efficacité. Ceux qui ont obtenu de bons résultats ont généralement bien identifié les obstacles à la réussite et à la diplomation de leurs élèves et ils ont choisi des mesures d’aide en lien avec ces obstacles. Ils ont bien mis en oeuvre les activités prévues au plan, notamment en assurant la coordination des activités et la concertation des intervenants. […] Cette première expérience d’un plan institutionnel devrait permettre à l’ensemble des collèges d’élaborer et de mettre en oeuvre un prochain plan qui soit efficace.

L’analyse des indicateurs de réussite utilisés par le ministère (la réussite des cours au premier semestre, le taux de réinscription au troisième trimestre et le taux de diplomation) démontre qu’on ne peut observer de changements très importants dans les résultats des cohortes d’étudiants qui ont pu profiter des mesures d’aide mises de l’avant dans les premiers plans d’aide à la réussite. Il faudra plusieurs années avant de pouvoir attribuer sans réserve les progrès observés aux plans d’aide à la réussite. Par ailleurs, les progrès risquent de ne pas être à la hauteur des cibles « ambitieuses » dont rêvait le ministre Legault, étant donné les nombreux facteurs influant sur la réussite et la diplomation, en particulier le profil de compétences des élèves arrivants du secondaire dans un contexte de remaniement du curriculum de cet ordre d’enseignement.

Mais, d’ores et déjà, la mise en oeuvre des plans a eu des retombées significatives sur la vie pédagogique des collèges. Soulignons, entre autres, une modification dans la perception de la réussite scolaire. Traditionnellement vue comme une responsabilité quasi exclusive de l’enseignant et de ses élèves, la réussite est maintenant vécue comme une responsabilité collective partagée par l’ensemble des intervenants des cégeps. L’élaboration des plans a aussi permis des analyses plus fouillées des obstacles à la réussite. Pour arriver à faire l’évaluation des résultats, les cégeps se sont donné des systèmes d’information sur le cheminement scolaire qui sont de précieux outils pour suivre le cheminement des élèves.
 

Le carrefour de la réussite, un exemple de stratégie en réseau

Une des grandes caractéristiques des cégeps face aux grands défis qu’ils doivent relever est de s’y attaquer en mode réseau. Un bon exemple est le Carrefour de la réussite au collégial. Mis sur pied dans la foulée de l’élaboration des plans de réussite par les cégeps, le carrefour a pour mission de soutenir les établissements du réseau collégial public dans la mise en oeuvre de leur plan institutionnel de réussite. Il contribue au développement de l’expertise et des connaissances en matière de réussite et de diplomation dans les cégeps et participe à l’évolution de la réflexion dans ce domaine. Son mandat comporte trois volets : l’animation pédagogique, la diffusion d’outils et d’information et la veille stratégique et la recherche.

Depuis sa création, le Carrefour a apporté un appui très précieux aux cégeps dans les efforts qu’ils ont déployés pour soutenir la réussite et favoriser la diplomation de leurs étudiants. En plus d’outiller les cégeps, il a favorisé le rayonnement dans l’ensemble du réseau de projets novateurs et performants désormais utilisés par un très grand nombre d’établissements. Ces actions ont de plus facilité la création de nouveaux liens entre les acteurs de la réussite et le développement d’une communauté d’entraide.
 

Des indicateurs de réussite parlants

Les résultats des plans de réussite ne sauraient donner à eux seuls une juste mesure des efforts du réseau collégial dans ce domaine. Il faut prendre en considération les résultats sur plusieurs années et tenir compte d’une série d’indicateurs diversifiés qui témoignent de la performance des cégeps au cours de la dernière décennie. À titre d’exemples :
 

  • Le taux de réussite au cours de l’ensemble des étudiants du collégial est passé de 82,98 % en 1993 à 86,4 % en 2002 ;
  • Le taux de réussite en première session est passé de 79 % en 1993 à 83,4 % en 2003 ;
  • Le taux de diplomation global (préuniversitaire et technique) pour les programmes menant au diplôme d’études collégiales (DEC) est passé de 60 % pour la cohorte de 1993 à 64,7 % pour celle de 1997. Au secteur préuniversitaire, il est passé de 63,6 % pour la cohorte de 1993 à 68,4 % pour celle de 1998 ; au secteur technique, de 57 % pour la cohorte de 1993 à 62,1 % pour celle de 1997 ;
  • Le taux de diplomation des AEC était de 77,2 % en 2000-2001 ;
  •  Le taux de chômage des techniciens québécois n’était que de 5,6 % en 2003 comparativement à un taux de 14,3 % pour les jeunes de 15 à 24 ans au Québec ;
  • Le taux d’emploi des diplômés de la formation technique est passé de 84,3 % en 1993 à 85,2 % en 1995, à 90,7 % en 1999, et il était de 91,9 % en 2003 ;
  • Le taux de satisfaction des employeurs à l’égard des diplômés de la formation technique est passé de 91 % en 1994 à 94,6 % en 1997 puis à 95,7 % en 2002.


Il faut noter que ces résultats ont été obtenus dans un contexte d’augmentation des exigences aux fins de certification, en particulier par la réussite d’une nouvelle épreuve synthèse de programme et de l’épreuve ministérielle en français.

Ce texte est tiré du volume Les cégeps : une grande aventure collective québécoise, sous la direction de Lucie Héon, Denis Savard et Thérèse Hamel, Les Presses de l'Université Laval, 2008, 533 pages
© La diffusion de ce texte sur ce site a été autorisée par les Presses de l'Université Laval et par l'Association des cadres des collèges du Québec (ACCQ)


 





 
NOUVEAU

Les alertes du Portail

Le Portail est fier de vous offrir un tout nouveau service d'alertes. Recevez un résumé quotidien de ce qui a été publié sur le portail, ou des notifications instantanées par courriel sur des sujets qui vous intéressent.

 
 
>> lescegeps.com/alertes
 
 

 




Les partenaires du Portail