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La FNEEQ fête ses 50 ans



Par Alain Lallier, Éditeur en chef, Portail du réseau collégial
 

Le 19 septembre dernier, La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) soulignait le cinquantième anniversaire de sa fondation. La fédération syndicale célèbre cet important anniversaire en lien avec ses 101 syndicats représentant 35 000 enseignantes et enseignants du primaire à l’université, dont 46 syndicats dans les cégeps. Le Portail s’entretient avec sa présidente, madame Caroline Quesnel.

Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ-CSN

Une constance dans ses idéaux et ses objectifs
La FNEEQ a profité de son 50e anniversaire de création pour faire un retour rétrospectif sur son parcours et sur sa situation actuelle. Sa présidente dresse les constats suivants : « Notre fédération a conservé son âme de jeunesse à travers ses objectifs, ses idéaux, ses revendications à l’égard des enseignantes et des enseignants qui la composent. Quand nous avons fait notre travail rétrospectif, nous avons constaté qu’à travers les cinquante ans d’histoire l’existence d’une constance dans ses idéaux et ses objectifs. Au départ, l’organisme réunissait des enseignantes et des enseignants pour parler bien sûr de leurs conditions de travail, mais aussi pour exprimer une vision du système de l’éducation où les membres jouent un rôle social par une prise de parole face aux grands enjeux. Une constance dans une vision humaniste et citoyenne de l’enseignement et de l’éducation. Une constance dans les prises de parole qui se veulent un rapprochement de la société sur les enjeux de la formation : entre autres, de la rendre à la fois accessible et de l’importance de la formation générale dans le curriculum des cégeps. Il s’agit ainsi d’une vision beaucoup plus large de la formation que celle de la classe avec la conscience que notre travail déborde largement le cadre de cette classe à travers toute sorte de prises d’engagements. Pensons entre autres aux femmes dans l’éducation, à l’évolution des revendications par rapport à l’accès à l’égalité, à la précarité. Ce sont là des luttes qui durent depuis fort longtemps. »

De gauche à droite,

Léandre Lapointe, enseignant au Collège Jean de la Mennais et vice-président responsable du regroupement privé;

Benoît Lacoursière, enseignant au Cégep Maisonneuve ainsi que secrétaire général et trésorier;

Caroline Quesnel, enseignante au Collège Jean-de-Brébeuf et présidente;

Richard Bousquet, chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal et vice-président responsable du regroupement université;

Yves de Repentigny, enseignant au Cégep du Vieux Montréal et vice-président responsable du regroupement cégep.


Représentation de 85 % des enseignantes et enseignantes de cégeps et de 85 % des chargés de cours universitaires
Parmi les syndicats fondateurs de la FNEEQ, douze provenaient des cégeps et 25 du réseau privé, auxquels s’ajoutaient les professeurs de l’état du Québec. Il y a toujours eu deux composantes à l’intérieur de la fédération : les anciens collèges classiques sont devenus les collèges privés et les cégeps qui étaient à l’origine au nombre de 12 et sont maintenant rendus à 46. L’arrivée des chargés de cours parmi les membres au début des années 80 fut un évènement important selon Caroline Quesnel : « Cette arrivée a donné une impulsion très importante à la fédération: 12 syndicats de chargés de cours se sont joints à la FNEEQ; ce qui représente 85 % de tous les chargés de cours du Québec. Tout ça nous donne un regard vraiment panoramique et unique. Nous avons des enseignants qui pratiquent au primaire, au secondaire, au collégial et à l’université, et ce, toujours dans des secteurs où nous sommes les plus représentatifs. Nous sommes en enseignement supérieur les plus représentatifs au Québec où 90 % de nos membres enseignent. C’est notre grande force d’avoir cette diversité à l’intérieur d’une même fédération. Ce n’est pas toujours facile, avouons-le. Mais, c’est très riche. Quand on parle d’une question comme la formation à distance, nous avons alors dans un même lieu une expertise de la petite enfance jusqu’à l’université. »

Le lien avec la CSN
La FNEEQ assume pleinement son rattachement à la CSN, centrale multisectorielle. Dès le départ, la Fédération d’enseignants voulait faire le lien avec les syndicats du commerce, du papier, de la construction. « Pour nous, à la FNEEQ, c’est un avantage indéniable d’avoir ce lien de solidarité avec des causes et des individus qui participent à la société québécoise. C’est une des caractéristiques de la FNEEQ de s’intéresser à notre rôle dans la société. Plus largement, le rôle que l’on joue à la CSN en est un de communication, de dialogue et d’échanges sur des perspectives qui sont parfois difficiles à concilier, mais qui nous donnent un pouls de la société que nous n’aurions pas ailleurs. »

Et pour l’avenir ?
La prochaine négociation du secteur public arrive  bien sûr en tête des priorités pour les prochains mois. Une négociation qui n’est pas que sectorielle, puisqu’elle implique également les employés des réseaux de la santé, des services sociaux, des professionnels, des services de soutien. « Une force de négociation et d’impact », selon Caroline Quesnel. Dans l’immédiat, la fédération est en consultation et au cours de prochains mois des négociations s’enclencheront qui auront des impacts sur les prochaines années. De façon plus générale, la fédération demeure préoccupée par rapport à l’équilibre entre les cégeps des régions et les cégeps urbains. « La part des cégeps des régions dans leur communauté déborde largement celle de la formation des jeunes et des moins jeunes régionalement, explique Caroline Quesnel. Il y a tout un rayonnement, il y a tout un réseau qui se tisse autour des cégeps des régions. Il y a aussi des zones de fragilité parfois à cause des baisses démographiques. Il faut miser sur les cégeps en région. Nous sommes préoccupés pour l’avenir et par tout ce qui touchera l’enseignement à distance. Nous souhaitons que son développement soit bien coordonné et qu’il tienne compte de tous les acteurs, de l’accessibilité bien sûr, mais également des conditions de travail et de la qualité. Ce sont des enjeux où nous voulons être présents. »

« Nous allons défendre ce réseau »
« Dans la prochaine décennie, il risque d’y avoir des changements. Mais, par-dessus tout, nous croyons en la force du réseau collégial. C’est un réseau qui décerne un diplôme menacé de toute sorte de façons. Nous croyons que ce réseau est fort et nous allons le défendre. Il a fait ses preuves et continue à le faire, affirme avec conviction Caroline Quesnel. La formation des jeunes continuera à être d’actualité demain comme aujourd’hui. Nous entendons contribuer à former des individus qui feront face aux défis de la société changeante avec une formation large et non pas pointue. »



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