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Le réseau de l'éducation s'oppose au monopole des achats regroupés proposé par le gouvernement



Le gouvernement du Québec déposait le 18 septembre dernier le projet de loi no 37 devant entraîner, le 1er janvier 2020, la dissolution du Centre de services partagés du Québec (CSPQ) et l'institution d'un centre d'acquisitions gouvernementales (CAG). Cette nouvelle structure centralisera les achats regroupés de biens et de services des ministères, des organismes publics de l'administration gouvernementale ainsi que des établissements du réseau de la santé, des services sociaux et des réseaux de l'éducation et de l'enseignement supérieur.

En dépit des préoccupations exprimées à plusieurs reprises par les acteurs du réseau de l’éducation depuis l’annonce de la création du CAG, le 21 mars dernier, le gouvernement a déposé un projet de loi qui ne tient pas compte de celles-ci.

Les effets d’une centralisation à grande échelle dans le milieu éducatif et le manque de concertation ont été dénoncés à travers plusieurs communiqués de presse par les principaux représentants du réseau de l’éducation. D'autres organismes du milieu des affaires ont également exprimé des préoccupations liées aux impacts du CAG sur le développement régional.

DES OBJECTIFS LÉGITIMES, UN MOYEN DISCUTABLE

Si les objectifs annoncés dans le projet loi no 37 sont légitimes, le modèle choisi par le gouvernement pour les atteindre est discutable. Avec ce projet de loi, le gouvernement s'apprête à créer un monopole des achats regroupés dont le mandat se base principalement sur la réalisation d'économies. Or, non seulement ces économies n'ont pas fait l'objet d'une analyse préalable, mais elles risquent de se faire au détriment des services aux étudiants et aux élèves du Québec.

« L’organisme qui se substituera au CSPQ n’aura ni l’agilité nécessaire en raison de sa structure et de son trop large mandat, ni la proximité du milieu pour bien servir le réseau de l’éducation », a dénoncé Chedlia Touil, directrice générale de Collecto.

Selon Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, le gouvernement n’a pas su tirer les leçons du passé en faisant référence à l’inefficacité du Centre de services partagés du Québec (CSPQ), autre superstructure gouvernementale créée en 2005 par le gouvernement. « Nous ne comprenons pas que, considérant l'expérience désastreuse du passé, le gouvernement n'ait pas utilisé le principe de précaution pour limiter, dans un premier temps, le rôle de cet organisme aux ministères et organismes, ce qui constitue déjà un défi de taille », a-t-il déclaré.

Même son de cloche pour Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec qui déplore lui aussi ne pas avoir été consulté avant la création de cette superstructure d’achats regroupés. « Les expériences passées, dont celle du Centre de services partagés du Québec (CSPQ), ne rassurent pas du tout les commissions scolaires. L'autonomie et la décentralisation au sein du réseau seront encore une fois malmenées par cette immense centralisation, créant une structure loin des écoles et des élèves », a-t-il indiqué.

Du côté du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI), même consternation face à la création de cette structure décisionnelle obligatoire et centralisée qui ne répondra pas à leurs besoins, voire qui nuira à leur capacité à répondre en temps opportun à ces derniers. « Mes collègues et moi sommes d'autant plus étonnés que cette proposition du gouvernement va à l'encontre de ses promesses d'allègement des exigences de reddition de comptes, d'amélioration de l'agilité des processus décisionnels et organisationnels et de décentralisation structurelle dans le réseau de l'éducation », a déclaré monsieur Pierre Cossette, président du Conseil d'administration du BCI.

À PROPOS DE COLLECTO

Rappelons que les organismes du réseau de l'éducation comptent depuis 1997 sur l'expertise de Collecto afin d'avoir accès à des produits et des services de qualité qui répondent à leurs besoins, le tout dans le respect de leur mission éducative.

Les ententes d’achats regroupés négociées par Collecto, auxquelles ont participé plus de 130 organisations en 2018-2019, ont généré un volume d'achats de 144 M$. En outre, un sondage réalisé au printemps dernier par l’agence CROP révèle que 99 % des utilisateurs de Collecto se disent satisfaits de ses services.

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En savoir plus sur les services rendus par Collecto :
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