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Entrevue avec M. Christian Roy, directeur général du Cégep Gérald-Godin

D’entrée de jeu, Christian Roy présente son cégep comme un milieu humain, ouvert et dynamique. Un cégep humain où les professeurs sont faciles d’accès, où les jeunes peuvent avoir des réponses en tout temps. Un cégep de 1200 étudiants, bien sûr, le plus petit de la région Montréalaise. Un cégep d’à peine 15 ans dont la galerie de photos des membres du personnel sur le site web témoigne de sa jeunesse.

Le défi de se tailler une place dans la grande région de Montréal
À la création du cégep, la région de Montréal en comptait déjà 11 sur l’Île en plus des cégeps de la ceinture nord et sud, soit 5 de plus. Le défi a été de se tailler une place. Au départ, la justification de créer un nouveau cégep était de mieux répondre aux besoins des francophones de l’Ouest-de-l’Île. « Cette sous-région compte un bassin de près de 250 000 habitants, dont 85 000 francophones qui n’étaient pas très bien desservis en matière d’enseignement collégial. Beaucoup de jeunes allaient dans les cégeps anglophones John-Abbott et Vanier. Depuis les cinq dernières années, notre bassin de recrutement en croissance est celui de Vaudreuil avec une croissance annuelle de population de 5 %. Le tiers de nos élèves viennent de cette région » explique le directeur général.

Ouvrir la porte aux allophones
Dans son énoncé de mission, le cégep vise à « offrir aux allophones et aux anglophones des services leur permettant de participer à la vie collective en français ». Cet objectif se réalise de plus en plus à l’enseignement régulier. Mais, c’est particulièrement prégnant à la formation continue où le collège reçoit 600 personnes par année dont 90 % sont issues de la communauté allophone. En 2013-2014, les étudiants inscrits à la formation continue provenaient de 52 nations différentes. « En s’inscrivant dans les formations d’attestations (AEC), ça leur permet d’intégrer plus rapidement le marché du travail. Nous rejoignons ainsi la mission de Gérald Godin, premier ministre des Affaires interculturelles dont le cégep porte le nom. »

Salle Pauline-Julien.

Un pôle d’attraction culturel francophone pour l’Ouest-de-l’Île
Le Cégep est fier d’être devenu un pôle d’attraction culturel francophone majeur pour l’Ouest-de-l’Île avec entre autres la Salle Pauline-Julien. Le cégep est toujours responsable de l’infrastructure même si la gestion est assumée par une corporation indépendante. Pour le directeur général, il reste tout de même du travail à faire : « Dans les prochaines années, nous devrons jouer un rôle plus actif dans le développement des infrastructures et des activités sportives. Nous devrons le faire en partenariat avec les municipalités environnantes et la Commission scolaire Marguerite-Bourgeois qui constitue un levier important. »

Des programmes dans le domaine pharmaceutique
Le cégep fut le premier à implanter le programme production pharmaceutique, et ce en synergie avec la forte concentration industrielle dans le domaine, dans l’Ouest-de-l’Île. Il existait un besoin manifeste dans les entreprises de techniciens de production et de contrôle de la qualité. Ces formations sont offertes en DEC et en AEC.  Ces attestations de formation sont très populaires auprès des immigrants issus des communautés magrébines qui détiennent souvent des formations de maîtrise et de doctorat et qui ont malgré cela de la difficulté à trouver un emploi. Ces formations leur permettent de s’intégrer et de progresser sur le marché du travail.

Un programme de sciences de la nature de haute qualité
En formation préuniversitaire, le directeur général qualifie le programme de sciences de la nature de « très haute qualité ». « Nous avons permis l’an dernier à 9 étudiants d’entrer en médecine ; pour un cégep de notre taille, c’est énorme. Les laboratoires sont de très hauts niveaux. Ce qui est remarquable, c’est l’encadrement des étudiants à travers l’approche programme et les salles d’appartenance.  C’est une des particularités que chaque programme ait un espace avec table où les étudiants et les enseignants peuvent échanger ou manger. Dans ces salles, des tableaux permettent aux professeurs de donner des explications séance tenante. »

Une pédagogie de la programmation mobile parmi les plus reconnues
En sciences humaines, le cégep a institué les rencontres Gérard-Godin, une semaine d’activités où échanges et dialogues avec des invités de prestiges seront au menu sous le thème de « Vive le progrès… Mais quel progrès? ». Cette année, Lise Bissonnette figure parmi les invités de marque. Au niveau des programmes techniques, le programme de Techniques de l’informatique a été le premier à développer la programmation pour les applications mobiles.

Un enseignement des soins infirmiers novateur
Cette année, le cégep a ajouté le programme de soins infirmiers à sa carte de programmes. La coordonnatrice, Viviane Fournier, est une spécialiste de l’enseignement par simulateur. Puisque l’accès aux stages en milieu hospitalier est souvent problématique, les simulateurs haute-fidélité très évolués permettent aux étudiants d’expérimenter les soins. « La patiente-robot accouche littéralement. Nous ajoutons aussi une couleur locale relativement à l’approche culturelle dans la pratique des soins. Certains patients pour des raisons religieuses exigent des approches particulières. Comment agir dans de tels contextes ? Nous visons une intégration optimale de nos étudiants à la société dans un contexte multiculturel. »

S’ouvrir de plus en plus aux allophones
Christian Roy nous explique que la clientèle du collège évolue continuellement : « Au départ, c’était des enfants de professionnels établis dans l’Ouest-de-l’Île qui venaient au collège en sciences de la nature et en sciences humaines. De plus en plus, le cégep doit s’ouvrir aux allophones. Cela faisait et fait partie de notre mission. C’est une question fondamentale pour le cégep ».

Une croissance constante en formation continue
Le cégep est très actif en matière de francisation. Compte tenu de sa taille, il figure parmi collèges les plus actifs et compte 6 à 8 groupes de manière continue.  Il a connu une croissance constante en formation continue depuis sa création. « Nous parlons ici d’un enjeu stratégique, parce que c’était le secteur qui offrait le plus de flexibilité relativement à l’offre de nouveaux programmes dans le contexte montréalais où la variété des programmes offerts par les collèges était déjà importante ». Même si le financement limite le développement, le directeur général croit que les cégeps devraient offrir plus de formations. « Le gouvernement devrait financer davantage ces formations aux adultes. Bien sûr pour les immigrants de plus en plus nombreux, mais également pour la réinsertion des personnes victimes des changements industriels et technologiques. La formation continue devient un véhicule qui permet de s’adapter plus rapidement à la demande d’évolution des compétences et des besoins de la population. Si tu laisses sur le carreau des immigrants en chômage parce qu’ils n’ont pas eu accès à la formation, c’est toute la société qui en paie les frais. Les AEC qui se distinguent le plus sont celles qui se rapportent au contrôle de la production pharmaceutique, aux techniques d’éducation à l’enfance et de comptabilité de gestion. Il y a également de plus en plus de demandes pour des cours de langue au travail. La loi 101 exige que l’on travaille en français. En même temps, à Montréal, le marché du travail est bilingue. Nous devons donc voir comment répondre à des besoins pointus en langue d’affaires. »

Une croissance qui crée une pression sur les besoins d’espaces
Le cégep comptait au départ 1000 étudiants. La clientèle actuelle se situe à 1200. Avec les nouveaux programmes, autour de 1400 étudiants fréquenteront le cégep dans un avenir rapproché. « Ça crée une pression sur les locaux et nous commençons à être à l’étroit ; ce que reconnaît le gouvernement. Pour répondre aux besoins de la formation continue, le cégep loue des locaux à l’extérieur. Avec l’adoption de la Loi 70 de la Commission des partenaires du marché du travail et la mise en place d’une approche duale, nous assisterons de plus en plus à une délocalisation de certaines formations en entreprises ou sur des sites qui nous donnent accès à des technologies de pointe, ce qui pourrait enlever de la pression sur nos besoins d’espaces additionnels. »

« Le plus beau cégep avec les meilleurs enseignants… »
Le Cégep est logé dans des bâtiments qui appartenaient au départ aux Pères de Sainte-Croix. Après son occupation par Domrémy, une institution au service des personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie, pendant un certain nombre d’années les locaux furent laissés à l’abandon. Mais le cégep a hérité d’un très beau site et a su avec les nouvelles constructions marier l’ancien et le moderne. Ce qui lui a d’ailleurs valu des prix d’architecture. Fenêtres en ogives ; ancienne chapelle convertie en bibliothèque avec les vitraux d’origine. Le tout sur le bord de la rivière des Prairies. Un cadre paisible et enchanteur. « Les étudiants sont choyés. Je dis toujours, avec un petit sourire, que c’est le plus beau cégep avec les meilleurs enseignants… Et c’est pas mal vrai ».

Des projets de développement pour l’avenir
Le Cégep est rendu à terme de son plan stratégique 2010-2015. Le prochain plan devrait mettre l’accent sur la consolidation. Un des axes d’avenir portera sur une accentuation du rôle dans la communauté. « Qu’on le veuille ou non, les 15 premières années ont été consacrées à l’organisation même du milieu. Ce n’est pas évident de partir de zéro et de monter à 1400 étudiants dans une région où sont déjà présents plusieurs cégeps. Maintenant, il faut développer des infrastructures sportives pour être à la hauteur d’une équipe collégiale 3A au moins en soccer ou en hockey.

(...) Nous pouvons nous positionner avec un centre de transfert technologique dirigé vers les soins de santé alliant les médicaments. Nous allons conjuguer notre expertise en informatique et en pharmaceutique. Il y a des développements à faire du côté des technologies des soins à domicile. Dans ce domaine d’ailleurs, nos enseignants sont déjà en contact avec ce qui se fait de plus avancés dans le monde. Nos installations nous permettraient d’ailleurs d’aller assez simplement vers un centre de transfert. Nous avons aussi des ententes avec CAE qui a implanté à Montréal une division santé tournée vers les simulateurs patients, mais également des technologies permettant des soins à domicile. Nos ententes avec les grandes pharmaceutiques à proximité, dans l’Ouest-de-l’Île nous positionnent bien à cet égard. Il sera important à l’avenir d’arrimer nos activités en fonction des besoins de la communauté. En réponse à l’évolution des besoins de formation, le cégep sera fortement impliqué dans le Forum stratégique de la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain sur les compétences du futur qui se tiendra le 12 février 2016.  C’est à suivre. »

Un cégep à l’image de l’homme
Dès la page d’ouverture du nouveau site web du cégep, en allant sur l’onglet J’AIME GG, on peut découvrir: « Gérald-Godin, un cégep à l’image de l’homme » accompagné d’une photo du poète et homme politique. Suivent plusieurs pages illustrant l’identité de ce cégep à la mission unique : un cégep HUMAIN, OUVERT et DYNAMIQUE.

Dossier préparé par Alain Lallier, édimestre et Éditeur en chef, Portail du réseau collégial





 
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