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Cégep de Baie-Comeau - Relever le défi de la décroissance démographique



Entretien avec le directeur général du Cégep de Baie-Comeau,

monsieur Claude Montigny

Le Cégep de Baie-Comeau se distingue au niveau des stratégies innovantes pour contrer les effets de la baisse démographique régionale qui érode sa clientèle. Le Portail s’est entretenu avec le directeur général à ce sujet.

Selon les prévisions démographiques du ministère de 2013, le Cégep de Baie-Comeau aurait dû connaître entre 2013 et 2016 une baisse de clientèle de l’ordre de 10 %. Ce qui n’a pas été le cas. Le cégep a plutôt connu une augmentation de 15 % dans un contexte économique relativement stable sans réelle expansion (aluminerie, pâtes et papier, forêt, hydroélectricité). Et ce, sur la Côte-Nord où la population des 18-25 ans connaît un exode important vers les autres régions.

Photo prise lors de notre point de presse avec le CISSS de la Côte-Nord pour annoncer les mesures incitatives en Soins infirmiers.

Le recrutement en soins infirmiers
La stratégie de recrutement en soins infirmiers est particulièrement intéressante. « Nous avions besoin de former plus de personnes dans le domaine et avions la place pour accueillir plus de candidats. Le Centre de santé et de services sociaux local connaissait de plus une pénurie de ressources infirmières. Une alliance s’est ainsi créée afin de préciser comment nous pouvions ensemble améliorer la situation à partir d’incitatifs convaincants. Nous avons ainsi offert ensemble des bourses importantes. Pour eux, c’était un investissement puisqu’en situation de pénurie de main-d’œuvre, ils doivent faire appel à des agences privées, ce qui occasionne des frais importants. Des bourses de 12 000 $ par étudiant ont donc été offertes sur la durée du programme en soins infirmiers. En contrepartie, les étudiantes impliquées s’engagent à donner au centre hospitalier minimalement une année de service à la fin de leur formation ».

Photo où l'on y voit un groupe d'étudiants internationaux durant une activité hivernale organisée par le cégep.

Le recrutement des étudiants internationaux
L’autre stratégie mise en place concerne les étudiants internationaux que le cégep recrute davantage d’année en année. À l’automne 2016, le cégep comptait une quarantaine d’étudiants internationaux. « Pour nous, c’est important, compte tenu de notre clientèle globale qui se situe autour de 700 étudiants. Ils proviennent principalement de la France. L’absence de frais de scolarité pour les étudiants français pour le niveau collégial facilite le recrutement et la langue maternelle francophone facilite leur intégration. Nous avons développé au cours des dernières années une culture de recrutement efficace et commençons à avoir un bassin d’étudiants français d’importance ce qui facilite l’intégration des nouveaux arrivants qui retrouvent plusieurs compatriotes. Les diplômés étrangers restent d’ailleurs dans la région contribuant ainsi à combler les besoins de main-d’œuvre. »
Parmi les mesures annoncées par la ministre Hélène David récemment, le Cégep de Baie-Comeau pense tirer profit du programme de mobilité étudiante interrégionale. « Même si nous sommes en concurrence avec d’autres cégeps des régions, nous croyons que cela nous donne un outil de plus pour recruter, mais ici au Québec. Nous recrutons déjà dans plusieurs autres régions du Québec plusieurs étudiants. Mais ça va nous donner la capacité d’en recruter encore plus. »

Façade où l'on y voit en arrière-plan le cégep et les différents drapeaux représentant les différentes nationalités accueillies au cégep.

Les programmes distinctifs
Le Cégep de Baie-Comeau est le seul à offrir le programme Techniques d’aménagement cynégétique (chasse) et halieutique (pêche). Programme unique au Québec et en Amérique du Nord. 133 étudiants y sont inscrits, dont 77 en première année. Le cégep offre aussi le programme Technologie forestière. Le directeur général précise : « malgré ce qu’on peut en penser, l’industrie du bois tourne bien. Il y a des besoins de main-d’œuvre. Les étudiants qui terminent ce programme n’ont pas de difficultés à trouver un emploi bien rémunéré ».
Pour la première fois, le cégep a offert en 2016 le programme de Techniques d’éducation à l’enfance.

Un petit cégep à dimension humaine
Sur le plan de la clientèle, le Cégep de Baie-Comeau doit composer avec sa réalité de "petit cégep". Ce qui a, compte tenu de la formule actuelle, forcément des conséquences sur son financement « Nous tentons de faire le maximum avec ce que nous avons. Pour les étudiants, il y a un avantage d’étudier dans un environnement comme le nôtre. Ici, tout le monde se connaît. Les étudiants sont proches des professeurs. L’accès aux enseignants est facile. Des collèges privés fondent leur publicité en faisant valoir qu’ils sont plus à dimension humaine. Nous mettons l’accent sur la qualité de l’environnement et de l’enseignement. Nous avons un haut taux d’acceptation en médecine.

Les enjeux et défis
« Le problème du financement se situe parmi les enjeux qui confrontent le cégep », précise le directeur général. « La méthode actuelle de financement des cégeps ne convient pas aux petits collèges qui ne disposent pas des ressources suffisantes pour assurer leur vitalité à travers une offre de services diversifiés pour supporter les étudiants. »

Le défi de la décroissance démographique fera vraisemblablement partie du paysage jusqu’en 2020 et même après cette date, la reprise ne sera pas importante.

Un acteur économique important
La Ville de Baie-Comeau est située dans la municipalité régionale de comté de Manicouagan. En 2014, elle comptait 22 404 habitants et l’agglomération englobant les villages voisins atteint 29 186 habitants. Fait marquant dans les présentes années, c’est le cégep qui contribue le plus à l’installation de nouvelles personnes dans La Manicouagan. « Parmi tous les secteurs économiques confondus, c’est le Cégep de Baie-Comeau qui contribue à ce que de nouvelles personnes s’installent ici. Sur les 300 nouveaux étudiants à l’automne dernier, il y en avait 110 qui ne provenaient pas de la région. Avant, on tenait peu compte de l’impact économique du Cégep ; maintenant, les gens réalisent que le cégep devient de plus en plus un acteur socio-économique important. Appuyer son développement a donc des impacts importants dans la communauté. Un étudiant peut générer entre 20 et 25 000 $ par année ».

Un centre de transfert affilié au Cégep : le CEDFOB
Le cégep possède un CCTT : le Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB).Le centre accompagne les entreprises et les organismes dans l’innovation grâce, entre autres, à la recherche appliquée, au transfert technologique et à la formation sur mesure. Depuis sa création en 2004, le CEDFOB évolue essentiellement dans le domaine de la foresterie en région boréale. Il a récemment étendu son domaine d’expertise aux petits fruits nordiques, à la physique et chimie du bois et à l’entomologie. En 2012, le CEDFOB a signé une entente de collaboration avec le Centre de recherche Les Buissons (CRLB) à Pointe-aux-Outardes afin de poursuivre la recherche dans le domaine des petits fruits initiée par le CRLB.

De la santé à l’éducation
Claude Montigny assume la direction générale du cégep depuis 3 ans. Un parcours inhabituel : il est passé du secteur de la santé à celui de l’éducation. Pour lui, ce passage lui apparaît plus simple qu’on pourrait le croire : « Les gens seraient étonnés de voir la ressemblance qui peut y avoir entre les deux réseaux. Quand on fait un travail de gestionnaire dans un établissement de santé, le fonctionnement est à peu près le même. La gestion d’un établissement de services avec son conseil d’administration, avec un ministère, avec des paliers de décision à respecter. Les défis de gestion de ressources humaines, de finances et de développement se ressemblent étrangement. L’importance que l’on accorde à la qualité de la clientèle demeure une préoccupation commune. De même que les compressions budgétaires… À titre de gestionnaire de centres jeunesse, j’ai aussi été en contact avec les réalités des plus jeunes. De plus en plus de gestionnaires proviennent de l’extérieur du réseau collégial ; ceux-ci peuvent devenir un apport intéressant et fournir une vision nouvelle à un établissement. »

Dossier préparé par Alain Lallier, édimestre et éditeur en chef , Portail du réseau collégial.





 
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