Dossiers / Recherche et innovation

L’escouade énergie, une force de frappe pour contrer le réchauffement de la planète




 

 

 

 

 

 

Entrevue avec monsieur Frédéric Côté, directeur général de Nergica, CCTT affilié au Cégep de la Gaspésie et des Îles.

 

 

Un texte d’Alain Lallier, Portail du réseau collégial

Le Groupe d’expertise énergie est une initiative des centres de transfert de technologie (CCTT) au sein de Synchronex (l’évolution de Réseau Trans-tech). L’objectif du groupe consiste à fédérer un certain nombre de CCTT autour d’enjeux spécifiques communs dans le domaine de l’énergie. « Regarder la question de la transition énergétique, va au-delà de la production de l’énergie renouvelable. Cela inclut les questions relatives à l’électrification, la logistique du transport des personnes et des biens, les biocarburants, les batteries et la chimie, explique Frédéric Côté. Le domaine ratisse plus large que le champ d’intervention d’un seul centre, d’où l’idée de les regrouper afin de proposer une offre de services commune et intégrée à l’industrie et aux acteurs de la société en général. L’Escouade Énergie - comme on l’appelle - regroupe 14 centres sous le thème de la transition énergétique. Ces centres ont des expertises autant dans la production des énergies renouvelables que dans l’efficacité énergétique et le transport. L’efficacité énergétique touche le bâtiment, mais également le transport des biens et des personnes et le volet social. L’escouade est fière de compter dans son groupe un CCTT en pratiques sociales novatrices. Parler de transition énergétique, c’est plus que technologique, nous parlons également de comportements humains. »

Liste des centres participants et expertises

Nergica: Conception, dimensionnement, validation, optimisation et intégration des systèmes d’énergies renouvelables (éolien et solaire photovoltaïque) et de stockage dans les réseaux, météorologie appliquée.

Centre de production automatisée (CPA) / Chaire TERRE: Conception et optimisation des systèmes de contrôle intelligents et des réseaux de production d’énergies alternatives, design et optimisation de systèmes mécaniques et électriques en énergie renouvelable, en particulier de petite taille.

Institut technologique de maintenance industrielle (ITMI): Dimensionnement, optimisation, maintenance et contrôle de systèmes de contrôle en énergies renouvelables et de stockage.

Institut d’innovation en logistique du Québec (IILQ): Optimisation des flottes de véhicules et du transport de marchandises et de personnes.

Centre national en électrochimie et en technologie environnementales (CNETE): Caractérisation des résidus, production et filtration de biocarburants et de biogaz (bioéthanol, biobuthanol, bio méthane et bio hydrogène).

Centre d’étude en responsabilité sociale et écocitoyenneté (CÉRSÉ): acceptabilité sociale des projets, mobilisation des parties prenantes, modèles d’affaires inclusifs, leadership transformationnel, enjeux sociétaux de la transition énergétique, investissement socialement responsable et à fort impact dans le secteur des énergies renouvelables.

Centre d’études des procédés chimiques du Québec (CÉPROCQ): Procédé de conversion et de transformation des biomasses agroforestières (conception, automatisation, simulation, optimisation et évaluation technico-économique), valorisation des produits des procédés de conversion de la biomasse (pyrolyse lente et rapide).

Centre de géomatique du Québec (CGQ): Utilisation de données géospatiales et mobiles dans le but d’optimiser les processus de gestion liés à l’énergie, à l’intérieur d’un système complexe (optimisation des déplacements, détection d’îlots de chaleur, détection de pertes de chaleur de bâtiments, identification.

Innovation maritime (IMAR) : Optimisation énergétique et biocarburants pour les embarcations de tout type. Production de bioénergie.

Innofibre: Production et optimisation des biocarburants et biocombustibles à partir de résidus ligneux (granules de bois, biochar, bioéthanol, etc.). • Institut du véhicule innovant (IVI): Conception et optimisation de systèmes et de véhicules électriques et intelligents.

SEREX : Conception et optimisation de systèmes de production d’énergie à base ligneuse:  huile pyrolytique, biochar, charbon de bois, granules et bûches énergétiques.

Centre d’innovation en microélectronique du Québec (CIMEQ): Conception et optimisation de systèmes embarqués, connectés, distribués et intelligents de contrôle avancé des bâtiments.

Oleotek : Conception et optimisation de systèmes et d’usine au biodiesel.

Source : Présentation de Frédéric Côté. Escouade Énergie CCTT, dans le cadre du colloque de l’Association québécoise de la production d’énergies renouvelables (AQPER), février 2019.

 

Être capable de faire plus ensemble qu’individuellement
L’idée est vraiment de mettre les expertises de plusieurs centres en commun, un peu comme un consortium pourrait le faire. « Nous voulons faciliter la vie de nos partenaires et de nos clients qui ont des besoins allant au-delà de l’expertise d’un centre. Nous voulons faire plus ensemble qu’individuellement. Nous proposons une approche qui simplifie la vie de nos clients. Au lieu de leur dire: nous sommes cinq centres en mesure de répondre aux exigences de votre projet. Nous allons vous faire parvenir cinq offres de services avec cinq chargés de projets que vous aurez à coordonner, nous proposons plutôt qu’un membre de l’escouade agisse à titre de responsable principal du projet qui sert de point de contact unique. Nous nous assurons de notre côté de travailler en équipe. »

L’escouade n’a pas encore réalisé de projets communs. Les dix-huit derniers mois ont servi à structurer l’approche. L’initiative est soutenue par les centres, financée à même leurs budgets. Des projets sont actuellement en élaboration et des discussions sont en cours avec des partenaires.

Développer une force de frappe plus importante
La démarche vise le positionnement du réseau collégial dans le domaine de la recherche appliquée. Selon Frédéric Côté, « La force du réseau des CCTT demeure l’agilité, l’expertise pointue, une présence sur l’ensemble du territoire du Québec par le fait d’être associés aux cégeps. Le revers de ces forces demeure un certain éclatement. La visibilité de l’ensemble est un peu diluée. En travaillant ensemble, nous pouvons offrir une taille d’équipe et d’équipement d’importance. Nous parlons de 141 millions de dollars d’équipements au service des acteurs de la transition énergétique. Nous nous donnons ainsi une force de frappe plus importante et notre ambition vise l’acquisition de projets plus structurants et de plus grande envergure. »

Pour le directeur général de Nergica, ce projet aura des retombées intéressantes sur l’enseignement collégial. « Avoir des projets de grande envergure, c’est autant d’occasions de faire travailler nos étudiants collégiaux et de collaborer avec les professeurs du réseau. »

Un contexte socioéconomique de plus en plus sensible au réchauffement de la planète
Le projet s’inscrit dans un contexte socioéconomique où la sensibilité au réchauffement de la planète est de plus en plus vive. « Les centres de transfert peuvent et entendent jouer un rôle dans cette lutte aux changements climatiques, et ce sur tous les aspects. C’est la raison principale de notre regroupement. Le réseau est constitué de forces vives aptes à répondre de façon intégrée à ce défi. Au sein du réseau Synchronex, le réseau des CCTT, il existe d’autres groupes d’expertise dans des domaines diversifiés. Ce sont des domaines importants pour la société pour lesquels les CCTT ont des réponses à donner et un soutien à apporter. »



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