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LE DEC EN SOINS INFIRMIERS DOIT DEMEURER QUALIFIANT

MONTRÉAL, LE 21AVRIL 2021—À l'occasion des audiences publiques de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), auxquelles elle participera ce soir, la Fédération des cégeps insistera sur l'importance de préserver l'accès au marché du travail aux personnes diplômées en Soins infirmiers, un programme technique offert dans 46 des 48 établissements de son réseau. Si elle estime que le diplôme d'études collégiales (DEC) en Soins infirmiers doit obligatoirement demeurer qualifiant, la Fédération présentera cependant des solutions pour faire évoluer la formation du personnel infirmier en fonction des besoins actuels et futurs de la population. Ainsi, elle réitérera que le ministère de l'Enseignement supérieur (MES) doit entreprendre la mise à jour du programme Soins infirmiers, mais aussi soutenir la bonification des passerelles DEC-BAC. Une collaboration plus étroite entre les cégeps et les milieux de santé devra par ailleurs mener à une hausse des compétences attendues à l'entrée de la profession, en fonction des nouvelles réalités de celle-ci, expliquera également la Fédération.

Au fil des ans, l'OIIQ a fréquemment exigé que le baccalauréat soit obligatoire pour accéder à la profession infirmière. De son côté, la Fédération des cégeps a constamment réitéré l'importance de préserver le DEC qualifiant, notamment au bénéfice des jeunes qui souhaitent s'engager dans cette profession après avoir terminé trois années d'études dans leur région et afin d'éviter les ruptures de services dans le réseau de la santé et des services sociaux. Les audiences publiques, ainsi que les états généraux qui suivront,lui offrent, comme à tous les acteurs concernés, l'occasion de faire à nouveau valoir son point de vue, avec l'objectif de contribuer à dénouer la situation, dans un climat de collaboration.

« Les cégeps se sont toujours montrés volontaires pour optimiser la formation des infirmières et des infirmiers. Cependant, ils maintiennent que le DEC en Soins infirmiers devra toujours déboucher sur le marché du travail, car imposer le baccalauréat aurait notamment pour effet de diminuer l'accès à la profession alors que le Québec connaît une importante pénurie de personnel infirmier, une réalité encore plus criante dans le contexte de la pandémie, qui a aussi démontré que ce personnel formé au cégep est essentiel au fonctionnement de notre système de santé. Il faut vraiment se demander si le moment est bien choisi pour imposer un minimum de cinq années d'études aux jeunes alors que du personnel infirmier très compétent et apprécié des milieux de la santé et des services sociaux peut être formé en trois ans au cégep. D'autres solutions porteuses existent pour couvrir l'ensemble des besoins, y compris la poursuite d'études universitaires après le DEC technique », a indiqué le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Bernard Tremblay.

Les passerelles DEC-BAC : une voie à promouvoir

L'âge moyen des personnes qui s'inscrivent en Soins infirmiers est de 27 ans, la majorité d'entre elles ont déjà fait d'autres études au niveau collégial, près de 40 % de ces personnes travaillent pour financer leurs études et environ 13 % des étudiantes ont au moins un enfant à leur charge. Une part importante de la population étudiante en Soins infirmiers doit donc concilier études, famille et travail rémunéré. Si l'on ajoute à ce portait l'écart entre les droits de scolarité à l'université et les frais minimes associés aux études collégiales, on mesure aisément l'effet dévastateur que pourrait avoir l'imposition du baccalauréat comme seuil minimal d'accès à la profession sur l'accessibilité aux études et la pénurie de personnel infirmier.

Néanmoins, sur les quelque 37 000 infirmières et infirmiers diplômés du cégep figurant au Tableau de l'OIIQ — et qui représentent la moitié de tous les membres de l'Ordre —, environ 14 300 poursuivent des études universitaires de premier cycle en Sciences infirmières. En croissance depuis quelques années, cette tendance de fréquentation de l'université après l'obtention d'un DEC, de même que le fait que tous les acteurs concernés par la formation du personnel infirmier semblent convenir de la pertinence des passerelles DEC-BAC, amèneront la Fédération à proposer que le MES mette sur pied un comité de travail interordres sur ces voies de passage. Il faut conserver le DEC qualifiant en Soins infirmiers tout en augmentant l'attrait pour les passerelles DEC-BAC, croit la Fédération.

Dans cette optique, ces passerelles — des ententes entre établissements visant à réduire le dédoublement des connaissances entre le cégep et l'université —, devront être actualisées dans le respect des finalités et des orientations du programme Soins infirmiers. Elles devront également s'inscrire dans les paramètres du Cadre national de l'Association canadienne des écoles de sciences infirmières (ACESI) et de la qualification professionnelle attendue de la part de l'OIIQ, selon la Fédération.

Enfin, la Fédération invitera ce soir l'OIIQ à formuler sa demande de rehaussement de la formation infirmière dans le respect du processus instauré par l'Office des professions du Québec afin d'encadrer ce type de requête de la part des ordres professionnels. Ce processus a été mis en place afin que le gouvernement soit en mesure de prendre une décision éclairée le cas échéant.

On peut consulter sur son site Web le mémoire que la Fédération des cégeps a déposé auprès de l'OIIQ en prévision des états généraux sur la profession infirmière, dont elle fera valoir ce soir les principaux éléments, dans le cadre des audiences publiques.

La Fédération des cégeps est le regroupement volontaire des 48 collèges publics du Québec. Elle a été créée en 1969 dans le but de promouvoir le développement de la formation collégiale et des cégeps. Elle agit comme porte-parole officiel et lieu de concertation des cégeps, à qui elle offre des services en matière de pédagogie, d'affaires étudiantes, d'affaires internationales, de formation continue et de formation aux entreprises, de financement, de recherche, de ressources humaines, d'évaluation de la scolarité, d'affaires juridiques, de ressources informationnelles, de négociation et de relations du travail. La Fédération des cégeps représente les collèges pour la négociation des conventions collectives. www.fedecegeps.ca.

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