Dossiers / Étudier et vivre au cégep / Vie étudiante

L’innovation sociale et l’écologie dans l’ADN des coops étudiantes



Un texte d'Élise Prioleau, rédactrice au Portail du réseau collégial

Réunies au Québec sous la bannière COOPSCO, les coopératives en milieu scolaire développent à la vitesse grand V une offre de services toujours plus diversifiée tout en s’impliquant activement dans le développement social et écologique local. Redonner à l’humain et à la Terre porte ses fruits à la Coop du Cégep de Sherbrooke, qui depuis sa création en 2009 n’a cessé d’étendre son champ d’activités et de s’imposer comme leader en développement durable en Estrie. En avril dernier, la coop sherbrookoise a été nommée coopérative de l’année lors du Gala COOPSCO de la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (FQCMS) pour la durabilité de son développement à la fois sur les plans économique, social et environnemental. 

 

 

Pascale-Maude Gosselin, directrice générale de la Coop du Cégep de Sherbrooke.

 

Un projet rassembleur qui fait des petits
« Au départ, des jeunes avaient créé un café équitable dans le cégep.Le succès de l’entreprise était tel que les étudiants impliqués délaissaient leurs études. Pour alléger leur tâche et les soutenir, la direction de l’époque avait mis sur pied un comité qui regroupait entre autres les employés fondateurs, les employés étudiants, le syndicat des enseignants, l’Association étudiante et des membres de la direction pour cocréer ce qui deviendra la coop étudiante actuelle », évoque Pascale-Maude Gosselin, directrice générale de la Coop du Cégep de Sherbrooke. Au fil des ans, la coopérative a développé une boutique scolaire, une boutique temporaire active en début de session etun service de traiteur, en plus d’acquérir un bistro ainsi que la cafétéria du collège. En 2019, la construction d’un nouveau point de vente alimentaire est sur la table à dessin.

André Gagnon, directeur général de la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (FQCM/COOPSCO), Karine Lessard, gérante de la boutique scolaire, Pascale-Maude Gosselin, directrice de la Coop du Cégep de Sherbrooke, Sabrina Bossé, coordonnatrice aux communications et Manon Monette de Co-Operators.

Obtention de la certification LEAF
« Le développement durable a toujours fait partie de l’ADN de la coopérative du Cégep de Sherbrooke », affirme Mme Gosselin. Il y a deux ans, la coop a obtenu la certification LEAF, pour ses pratiques éco et socio responsables en vertu du programme national de certification des services alimentaires à but non lucratif au Canada. Ce programme a été fondé en 2009 par Janine Windsor, une restauratrice albertaine soucieuse d’aider les entreprises de l’industrie alimentaire à réduire leur empreinte écologique.

Au nombre de ses efforts pour réduire ses déchets, la coopérative offre des rabais aux étudiants qui amènent leurs propres contenants réutilisables et offre des contenants compostables dans ses points de services. « 95 % de nos contenants sont compostables, affirme Mme Gosselin. Pour y arriver, nous avons fortement influencé nos fournisseurs de sushis et de café de nous offrir des contenants compostables. Nous avons fait évoluer les pratiques de nos collaborateurs dans ce domaine », se réjouit-elle.

Alliances écoresponsables
L’implication sociale et environnementale de la coop s’étend hors de l’enceinte du cégep. Dans les dernières années, elle a bâti des alliances en matière de développement écoresponsable et local. « Depuis deux ans, nous tenons la Foire fièrement locavore, une journée de dégustation de produits locaux et de rencontres entre étudiants et petits entrepreneurs locaux, un projet en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), mentionne Mme Gosselin. En 2019, nous allons poursuivre dans la voie du développement le plus écologique possible, en proposant de plus en plus de produits locaux aux étudiants, comme ceux de la Savonnerie des diligences que nous tenons en boutique. » En 2019-2020, la coop entend poursuivre sa quête écologique et trouver de nouvelles manières de mieux respecter l’environnement, notamment en partenariat avec le mouvement Sherbrooke ville équitable, un réseau d’acteurs locaux impliqués dans l’application des normes émises par Fairtrade Canada en matière de respect des normes du travail, de l’éthique et de l’environnement.

Depuis la fin de l’année 2016, 17 coopératives du réseau COOPSCO se sont vu remettre la certification environnementale LEAF pour leurs pratiques écologiques en particulier dans leur gestion d’énergie et de matières recyclables, et leurs efforts en matière d’approvisionnement de produits bioalimentaires québécois, selon la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire.

Une coop branchée sur ses membres
La Coop du Cégep de Sherbrooke est la seule coopérative de solidarité étudiante au Québec, c’est-à-dire qu’elle est gérée démocratiquement par la direction de la coop, les employés et les étudiants. « Un tiers des sièges de notre conseil d’administration est réservé à des étudiants, qu’ils soient employés ou non de la coop, explique Mme Gosselin. Nous encourageons l’implication des étudiants dans la structure décisionnelle. Cependant, le défi pour les étudiants, c’est de trouver le temps de s’impliquer », remarque-t-elle.

L’an dernier, la coopérative a commandité environ 42 projets menés par l’administration du cégep ou encore par des étudiants. « C’est une priorité pour la coop d’être impliquée dans la planification stratégique du cégep et auprès des étudiants, explique Mme Gosselin. Nous allons régulièrement dans les salles de classe pour faire des présentations, nous rencontrons les étudiants et nous faisons des sondages pour nous assurer de répondre à leurs besoins, qui changent avec le temps. »

EMBAUCHE ÉTUDIANTE - Rentrée hiver 2019
Envie de travailler sur ton lieu d'étude, d'avoir un horaire qui concilie étude-travail et de bénéficier d'avantages à titre de membre travailleur?

L’engagement de la coop dans la vie étudiante se reflète aussi dans le nombre impressionnant d’employés étudiants, dont le nombre s’élève jusqu’à 50 pendant l’année scolaire. « C’est une implication énorme en matière de temps de formation, d’embauche et de gestion d’horaire pour un organisme qui compte le double d’employés étudiants versus d’employés permanents. », remarque Mme Gosselin.

Un modèle basé sur l’entraide et qui fonctionne
« Nous ne travaillons pas dans une structure hiérarchique, mais dans une culture de travail participative », explique la directrice de la Coop du Cégep de Sherbrooke. Les décisions au jour le jour se prennent en équipe de travail. Notre équipe se réunit une fois par semaine pour faire émerger de nouvelles idées et pour se répartir les tâches, en fonction de la planification stratégique annuelle émise par le conseil d’administration. »

 

 

André Gagnon, directeur général de la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (FQCMS/COOPSCO)

 

La volonté de la coop de donner une voix à ses employés et de bien représenter ses membres témoigne d’un type de gestion dont la finalité est de soutenir le bien-être communautaire et locale à tous les niveaux, comme en témoigne André Gagnon, directeur général de la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (FQCMS/COOPSCO). « La Fédération valorise une approche locale. Notre priorité est d’adapter notre concept et notre offre à chacun des établissements d’enseignement, dont la réalité et les besoins sont changeants d’un milieu à l’autre », soutient-il.

Le réseau coopératif étudiant du Québec est l’un des plus développés au monde, avec celui de l’Australie et du Japon. Aujourd’hui, les bonnes pratiques du réseau de solidarité COOPSCO s’étendent à l’international, à travers une mission annuelle d’échange et d’exploration ainsi qu’en soutenant le démarrage de coopératives étudiantes, notamment en Afrique et en Asie.

-30-

Statistiques
La Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (FQCMS/COOPSCO)
• Un réseau de 60 coopératives
• Présentes dans 90 établissements scolaires
• 400 000 membres représentés
• Un chiffre d’affaire annuel de 125 millions $
• Génère 1400 emplois étudiants
• 5,4 millions $ sont retournés annuellement en ristournes à l’achat aux membres



Les partenaires du Portail