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Coopsco : une fédération en appui aux coops des collèges



La Fédération Coopsco (Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire) couvre à la fois les institutions universitaires, collégiales, secondaires et même quelques écoles primaires. Avec ses 101 succursales et des ventes de 134 millions en 2014, c’est tout un réseau déployé partout au Québec. Elle offre une gamme variée de services en soutien aux coopératives scolaires des collèges.

M. André Gagnon, directeur général de Coopsco, nous dresse un bref rappel historique du développement des coopératives scolaires : « Les coops en milieu scolaire ont débuté au début des années 40. La première fut créée à Lévis. En 1944, les deux premières coops universitaires apparaissent à l’école Polytechnique de Montréal ainsi qu’à l’École des Hautes Études commerciales (HEC). La Fédération existe depuis 30 ans. Au début des coops, ce sont les étudiants qui en étaient les administrateurs comme les travailleurs. À cette époque, on constate une certaine “fébrilité” à cause du manque de constance dans la gestion. Dans les années 80, on assiste à une troisième vague de création de coops scolaires importante où s’organise une séparation entre les administrateurs/étudiants et les travailleurs/étudiants;  on convient de confier la gestion à des gens qui ont des compétences en la matière. Aujourd’hui, les étudiants siègent encore au conseil d’administration et aux comités. Ils occupent une bonne part des emplois à temps partiel, mais les emplois à temps sont réservés à des professionnels. Le réseau est bien structuré et en santé et la Fédération est composée d’une équipe de professionnels qui soutiennent les coops dans toutes les sphères de la gestion d’une entreprise. »

Les rôles de la Fédération
La Fédération assure un rôle de représentation officielle. Elle agit comme intervenant auprès du ministère de l’Éducation et de la Culture et des autres ministères concernés. Elle travaille également à favoriser la concertation entre les coops, à les amener à travailler ensemble, à partager les meilleures pratiques et bien sûr à faire circuler les informations. Au fil des ans, la Fédération a développé une offre de services qui touche toutes les fonctions des coops : ressources humaines, technologies de l’information, comptabilité, financement. « Nous sommes en mesure d’appuyer toutes les facettes de l’entreprise majoritairement avec les professionnels des équipes en place. La Fédération peut aussi soutenir financièrement certains projets de développement. Les coops restent libres de faire appel ou non à ces services. Une partie de ces services sont inclus dans le panier de base des services couverts par la cotisation des coops membres (ex. représentation officielle); d’autres sont facturables, surtout pour les services qui ne sont pas utilisés par la majorité des membres. Un service important, qui a été développé au fil des années, est celui du regroupement d’achat, qui permet aux coops d’acheter des produits et services à meilleurs prix, pour pouvoir ensuite en faire bénéficier aux étudiants et au personnel de l’établissement d’enseignement. Lorsqu’un étudiant ou une autre personne devient membre d’une coop, un montant (4 $) de sa participation est envoyé à la Fédération. »

Les services alimentaires en croissance et en effervescence
Dans le réseau, les services alimentaires sont en croissance et en pleine effervescence. « Un service de plus en plus demandé, parce que les gens veulent avoir un contrôle local sur l’offre des produits et de la qualité. Ils cherchent de plus des entreprises qui ont une préoccupation au niveau de l’environnement privilégiant un concept Coopsco en alimentaire. Notre concept est simple,  nous nous adaptons au milieu. »

L’apparition du numérique et du commerce électronique bouscule l’écologie de ce marché.
Toutes les coops actuelles offrent des services de librairie. Mais l’apparition du numérique et du commerce électronique vient bousculer l’écologie de ce marché. « Auparavant, l’étudiant n’avait pas le choix de ne pas acheter son livre à la coop ou dans un autre magasin physique. Aujourd’hui, en scannant le code-barre du livre, il est en mesure de le trouver rapidement sur Internet chez Amazone ou Renaud-Bray, en livre usagé ou en location. Le livre physique demeure la formule la plus répandue. Si un étudiant trouve que la file est trop longue, il peut commander son livre sur Amazone et se le faire livrer le lendemain chez lui. Le livre scolaire est peu touché par l’offre numérique. L’offre des éditeurs scolaire est très limitée, parce qu’il y a encore trop de piratage. Les éditeurs scolaires ont très peu  emboîté le pas en numérique. »

Aux États-Unis, il s’est développé un marché de location de livres scolaires.
En louant un livre, autant la librairie que l’étudiant y trouvent leur compte. Le prix est plus compétitif. « Quand on fait la location, le livre est prêté et est retourné à la librairie en fin de session pour être loué à nouveau la session suivante Tu as un prix garanti. Les commerces louent le livre neuf à 30 % du prix. Si l’étudiant ne retourne pas le livre à la fin de la session, il est facturé sur sa carte de crédit. Cette situation de fait représente maintenant près de 60 % du marché des livres scolaires aux États-Unis. Pour l’étudiant, l’investissement est minimal. Nous entendons explorer cette avenue et avons développé un modèle d’affaires qui permettra aux coops d’offrir le meilleur service au meilleur coût. »

L’importance de la formation à la coopération
André Gagnon explique l’importance de la promotion de la formation à la coopération : « La plus belle éducation coopérative demeure le membre qui va à sa coop et qui trouve les produits dont il a besoin au meilleur coût. Au-delà de cet aspect économique, il faut éduquer la population étudiante à la valeur ajoutée de la coopération.  Des personnes qui se regroupent pour se donner des services et qui ont la possibilité a la chance d’être membre d’un conseil d’administration d’une entreprise, c’est une expérience unique pour les étudiants, une occasion de s’impliquer dans son milieu, de s’engager et de se former comme citoyen de demain, en bref c’est l’école dans l’école. »

Les cégeps sont-ils perdants au change?
En réponse à cette question, André Gagnon répond que la décision d’avoir une coop appartient à la communauté. « Chaque milieu est autonome. C’est le milieu qui décide si la coop demeure ou pas. Ce sont donc les milieux qui ont décidé depuis de nombreuses années si la coop reste ou pas. Si le service est moins bon et ne répond pas aux attentes, le milieu se prend en main et ça se règle de façon générale assez rapidement, parce que le pouvoir de décision et d’action est local. On n’est loin d’une situation où la gérante d’une concession d’une librairie dit “je vais en parler avec mon patron qui est à Toronto quand il va passer”. La force de la coopérative, c’est le pouvoir du milieu de se doter d’une organisation qui répond à ses besoins. »

Quand les coopératives en milieu scolaire s’agrandissent ou déménagent, ce sont les coops qui en assument la majorité des coûts et non les établissements. Par ailleurs, elles payent aussi un loyer au collège qui est comparable à celui qui était assumé par le concessionnaire privé. « Chaque milieu est différent. Des milieux exigent un loyer moins élevé, mais un engagement important en retombées dans le milieu. D’autres exigeront un loyer pur et dur. D’autres préféreront une politique de prix plus agressive et un rabais plus important à l’étudiant et en contrepartie diminueront le coût du  loyer. Quelques fois, ça prend la forme d’échange de services avec le collège. Il n’y a pas de modèle unique. C’est quoi le milieu, c’est quoi les enjeux de l'établissement, c’est la valeur ajoutée. L’établissement a toujours accès aux états financiers audités de la coop. Cet élément rassure les directions d’établissement qui voient le chiffre d’affaires, les dépenses et les revenus. »

De par leur nombre, l’ampleur de leurs activités, la qualité des services offerts et les économies générées pour leurs membres, les coops sont devenues des intervenants majeurs dans l’économie des cégeps et un joueur incontournable.

Entrevue et article réalisés par M. Alain Lallier, éditeur en chef, Portail du réseau collégial.



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