Dossiers / Vie collégiale / Vie étudiante

Seul, on va plus vite - Ensemble, on va plus loin

2021-03-28


Thérèse Lafleur
Rédactrice

Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. Possible que ce proverbe africain ait inspiré les fondations des cégeps à former le Regroupement des fondations collégiales. La philanthropie québécoise compose maintenant avec ce nouvel interlocuteur qui représente le niveau collégial des études supérieures. Quarante établissements qui, selon les enjeux, mutualisent leurs efforts de sollicitation.

Fort de ce fonctionnement en réseau, cette première initiative du Regroupement a été la création d’un fonds d’urgence national pour fournir une aide de proximité aux étudiants affectés par la pandémie, au printemps 2020 et ce, avant les mesures spéciales d’aide financière aux étudiants.

Ce nouveau Regroupement a bénéficié de l’appui de la Fédération des cégeps pour prendre son essor. Un soutien qui s’inscrit tout à fait dans la foulée des recommandations de la Fédération lors des consultations prébudgétaires 2021-2022 du gouvernement du Québec quant à « Dynamiser les fondations collégiales ».


Joanne Berthiaume, présidente du Regroupement des fondations collégiales, directrice générale de la Fondation du Collège Ahuntsic

D’entrée de jeu, la présidente du Regroupement des fondations collégiales, Joanne Berthiaume, directrice générale de la Fondation du Collège Ahuntsic, présente le Regroupement comme une alliance nationale. « Depuis plusieurs années, les directrices et les directeurs de fondations collégiales souhaitaient se rencontrer une ou deux fois par année pour mettre en commun des pratiques et partager leurs bons coups. Le Regroupement a été mis sur pied en décembre 2019. C’est un tout jeune Regroupement qui entend favoriser la collaboration et soutenir le développement des fondations collégiales. Il prévoit offrir des services de référence, de veille et de formation. Il s’appliquera à faire connaître et reconnaître l’apport des fondations dans les cégeps et leur contribution à la réussite des étudiants. Ce Regroupement permet aussi aux fondations collégiales d’avoir une plus grande force de représentation auprès d’instances et de donateurs nationaux. »

Création d’un fonds d’urgence national

La vulnérabilité de nombreux étudiants pendant la pandémie a suscité la création d’un fonds d’urgence national par le Regroupement des fondations collégiales. Cette initiative encouragée et soutenue par de grands donateurs s’est traduite sur le terrain par une aide pressante et de premières nécessités. Qu’elle soit financière, alimentaire ou technologique, cette aide de proximité fait la différence pour les étudiants dans le besoin. Déjà lors de cette première sollicitation, d’importantes institutions québécoises se sont révélées très sensibles aux difficultés que doivent surmonter plusieurs étudiants pendant cette crise de COVID-19, notamment la Banque Royale du Canada, la Banque Scotia et Énergir. Et maintenant plus que jamais, le Mouvement des caisses Desjardins et son vaste réseau de caisses demeurent de solides alliés des fondations collégiales à l’échelle du Québec.  

« Pour créer ce fond d’urgence, nous avons travaillé avec la Fédération des cégeps ce qui nous a ouvert bien des portes. La Fédération est connue et représente les 48 cégeps. Je ne crois pas qu’un tout nouveau regroupement aurait pu bénéficier de ces contacts privilégiés. Nous sommes vraiment contents des rencontres faites et aussi des sommes récoltées. Cette première ouverture augure bien pour la suite des choses. » commente madame Berthiaume qui précise que « ce fonds d’urgence représente un premier volet d’aide aux étudiants pendant la crise et les sommes récoltées sont déjà réparties dans le réseau. Avec le temps, des mesures additionnelles d’aide financière gouvernementales ont pris le relais et nous ne faisons plus de sollicitation pour ce fonds. »

Une plus grande force de représentation

Madame Berthiaume poursuit en expliquant que « les démarches entreprises ont certes permis de soutenir d’urgence les étudiants qui avaient besoin d’aide. Elles ont aussi provoqué une série de rencontres avec d’importants donateurs et suscité leur intérêt.Le Regroupement des fondations collégiales et la Fédération des cégeps ont pu tisser des liens avec des organisations intéressées à savoir ce qui se passe au collégial. Ces éventuels partenaires se sont montrés ouverts à échanger avec un seul répondant plutôt qu’à être sollicité par 48 fondations distinctes.Les donateurs potentiels peuvent ainsi recevoir de l’information de première ligne, de tout le monde et en même temps. Cela peut changer la donne. Et il y a des entreprises qui réalisent aussi qu’un nombre significatif de leurs employés sont diplômés en technique au collégial.

« Chose certaine, au Regroupement nous parlons beaucoup de l’agilité de chaque fondation dans son milieu. Nous sommes près de nos étudiants. Nous avons pignon sur rue. Les fondations collaborent avec les intervenants des services. Nous sommes proches de notre communauté. Alors nous pouvons identifier rapidement celles et ceux dans le besoin et réellement les aider.

« La pandémie a permis d’entreprendre des conversations avec la communauté d’affaires à propos du réseau collégial et des fondations. La crise sanitaire a donné l’opportunité au Regroupement de communiquer avec des donateurs qui, traditionnellement, ne donnaient pas au niveau collégial. En mettant de l’avant les fondations collégiales, le Regroupement rappelle que le collégial fait partie de l’enseignement supérieur et qu’au Québec, les étudiants doivent passer par les cégeps avant de poursuivre à l’université. Alors, tout le monde a avantage à ce que les étudiants persévèrent dans leurs parcours. Mais au-delà de l’aide financière, c’est le message qu’on envoie aux étudiants qui est important, peu importe que ce soit avec de grands joueurs nationaux ou avec des donateurs locaux. En aidant les étudiants, nous leur signifions qu’ils nous intéressent, que nous nous soucions de ce qui leur arrive. Nous leur montrons que nous voulons les encourager à persévérer et à finir leurs études. En fait, c’est tout le Québec qui a besoin de leur participation au monde du travail. »

En terminant, madame Berthiaume conclut sur l’élan que prend ce tout jeune Regroupement : « Nous en sommes encore à régler la façon dont on va faire les choses. Dans l’urgence d’agir causée par la pandémie, nous avons reporté cette structuration, mais nous nous y remettons. Même si au départ le Regroupement misait sur l’entraide entre les fondations, nous avons réalisé qu’il permet une représentation nationale auprès de donateurs majeurs pour véhiculer le message de l’ensemble des fondations collégiales. Nous avons donc profité du ‘’momentum’’ pour faire savoir que les fondations de cégep existent et agissent. »

Actuellement, 40 fondations de cégeps sont membres du Regroupement. Les personnes ou les organisations qui veulent en savoir plus peuvent communiquer avec Joanne Berthiaume, présidente du Regroupement des fondations collégiales (joanne.berthiaume@collegeahuntsic.qc.ca) ou avec Louis Grou, coordonnateur du Regroupement des fondations collégiales(louis.grou@fedecegeps.qc.ca).


 

Dynamiser les fondations collégiales


En novembre 2020, dans son mémoire Les cégeps : au cœur de la relance du Québec, la Fédération des cégeps a positionné le réseau collégial comme un acteur essentiel à la reprise économique lors des consultations prébudgétaires 2021-2022 du ministère des Finances du Québec. Dans ce mémoire la Fédération recommande spécifiquement de « Dynamiser les fondations collégiales ».

Devant le constat que fondations des cégeps recueillent quelque 100 $ par étudiant comparativement aux fondations des universités québécoises (plus de 800 $), des collèges privés québécois (plus de 400 $) et des collèges publics ontariens (près de 300 $)i , la Fédération propose au gouvernement de favoriser la persévérance et la réussite des étudiants à travers l’aide offerte par les fondations.

Comment ? La Fédération identifie plusieurs moyens, dont le financement des fondations collégiales en s’inspirant de modèles existants. Elle vise entre autres la création de Placements Cégeps, une mesure budgétaire comparable à Placements Universités du gouvernement du Québec. Grâce à une mesure Placement Cégeps, les fondations pourraient soutenir davantage les étudiants par des bourses reconnaissant leurs initiatives, leur engagement et leur réussite tant à accéder aux études supérieures qu’à y exceller.


Lire à ce sujet l'entrevue avec Jean-Guy Paré, décédé récemment, qui avait déjà fait une telle proposition


Financement supplémentaire de 2,4 millions de dollars
pour des bourses à la persévérance au collégial

L’annonce d’un financement supplémentaire d’un peu plus de 2,4 millions de dollars destinés au réseau collégial est aussi une bonne nouvelle qui va dans le sens des efforts des fondations pour soutenir le parcours des étudiantes et des étudiants.

Lors de cette annonce, le 24 février dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, s’est dite réjouie de l’ajout de cette somme additionnelle qui pourra soutenir plus de 2 000 cégépiens en 2021. « Les étudiantes et étudiantes ont fourni des efforts exceptionnels au cours des derniers mois afin de poursuivre leurs études et de s’adapter à la formation à distance. Je suis impressionnée par leur détermination, leur patience et leur capacité à relever ces défis. Les bourses annoncées aujourd’hui sont une marque de reconnaissance et visent à les encourager à poursuivre leurs études. Le Québec a besoin de tous ses jeunes pour la relance économique, mais aussi pour continuer de bâtir une société moderne et dynamique. »

Présent lors de l’annonce, Samuel Poulain, adjoint parlementaire du premier ministre (volet jeunesse), a aussi rappelé que « Les défis auxquels font face nos étudiants sont grands, particulièrement dans un moment aussi important que le début de la vie adulte. La formation à distance exige beaucoup d’autonomie et peut donc entraîner des incidences sur la persévérance scolaire. Dans un grand souci de reconnaissance et surtout pour motiver nos jeunes, nous envoyons, par cette annonce, un signal clair. Nous avons besoin de tous nos jeunes, et ce, dans toutes les régions du Québec. La relance économique est à nos portes et notre jeune génération aura un rôle à jouer dans les prochaines années dans de nombreux domaines. Malgré la pandémie, il est possible d’atteindre ses buts et ses objectifs. Il ne faut surtout pas lâcher. Nous sommes avec vous et nous avons besoin de vous ».


i Deloitte, Dynamisation des fondations collégiales, novembre 2017.



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