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Hausse spectaculaire de la population étudiante collégiale d’ici 2030

2022-04-14


Par Élise Prioleau

On attend une hausse de 25 000 à 30 000 étudiants dans le réseau collégial d’ici 2030. Une hausse historique de 20 %, qui touche tout particulièrement les cégeps de la région métropolitaine de Montréal. Au collège Montmorency à Laval et au cégep Édouard-Montpetit sur la Rive-Sud de Montréal, on y voit l’occasion de repenser le cégep pour mieux l’adapter aux étudiants de demain.

L’année 2019 a signé le début de la montée en flèche de la population étudiante dans les cégeps. Le ministère prévoit que le nombre d’étudiant-e-s augmentera de 25 % entre 2020 et 2030. C’est pourquoi les cégeps sont nombreux à faire face à un manque de locaux. Dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) du gouvernement, sept projets d’agrandissement sont présentement à l’étude.

L’un d’entre eux est situé au collège Montmorency, un établissement qui attend une augmentation de 10 % dès l’automne 2022. Entre 2022 et 2029, le cégep prévoit passer de 7 285 à 9 285 étudiants.

          Olivier Simard, directeur général du collège Montmorency.

« Actuellement, le collège a un déficit d’espace qui oscille autour de 80 000 pieds carrés. Nous sommes le collège le plus touché par le manque d’espace. En 2030, le déficit d’espace atteindra 180 000 pieds carrés, si nous n’agissons pas. Nous travaillons avec la Société québécoise des infrastructures (SQI) qui nous accompagne dans la mise à l’étude du projet de construction d’un nouveau pavillon », explique Olivier Simard, directeur général du collège Montmorency.

En attendant qu’un nouveau pavillon voie le jour, différentes solutions à court et moyen terme sont envisagées. « On travaille sur des scénarios transitoires de location. À la session de l’automne 2021, on avait loué des classes inutilisées à l’UQAM pendant la pandémie. Plus récemment, on est en train de travailler sur un scénario de location de près de 50 000 pieds carrés dans l'Espace Montmorency, un nouvel ensemble immobilier situé à deux pas du cégep», relate Olivier Simard. À cela s’ajoute la construction prochaine d’un nouveau centre sportif.

Une grande consultation
Pour mieux faire face aux défis des prochaines années, le bureau de la planification institutionnelle et de l’innovation du collège Montmorency a déployé une vaste consultation auprès de sa communauté. Environ 30 activités de concertation ont eu lieu pour sonder les étudiant-e-s, les futurs étudiant-e-s et les membres du personnel sur le cégep de demain. Olivier Simard se dit fier de cet exercice, qui a permis à la direction de tenir compte des aspirations de sa communauté dans son nouveau Plan stratégique 2021-2026.

« C’est génial d’avoir une synchronicité entre la planification des infrastructures pour 2029 et la consultation publique. On s’est permis de questionner les gens sur le cégep qu’ils veulent pour demain. On est alimenté à la bonne source pour prendre des décisions qui seront alignées sur les besoins des étudiants et sur leur réalité. Ce qu’on veut faire, c’est créer le collège dans lequel ils vont se reconnaître », affirme Olivier Simard.

Un pavillon de la santé et de l’innovation au Cégep Édouard-Montpetit
Au Cégep Édouard-Montpetit, on prévoit accueillir près de 2 000 étudiants de plus d’ici 2029. Cela représente une augmentation de 300 à 400 étudiants de plus par année. Pour répondre à cette hausse exceptionnelle, le cégep prévoit inaugurer en 2029 un nouveau pavillon dédié à la santé et à l’innovation. Un bâtiment évalué à 157 millions de $, qui en est à l’étape de l’approbation par le Conseil du trésor.

           Sylvain Lambert, directeur général du Cégep Édouard-Montpetit.

Baptisé le Pavillon de la santé et de l’innovation, ce bâtiment regroupera les cliniques-écoles du collège, en denturologie, en soins infirmiers, en hygiène dentaire et en orthèses visuelles. S’ajoutera également une nouvelle clinique en imagerie médicale.
« On va modifier notre offre. Nous allons offrir les mêmes programmes, mais nous allons moderniser nos cliniques-écoles, augmenter notre capacité. Le dernier étage devrait être réservé à des classes d’apprentissage actif et des espaces plus modernes et technologiques. Par la suite, les espaces qui vont se libérer dans le cégep seront réaménagés en de nouvelles classes, en de nouveaux laboratoires qui pourront accueillir davantage d’étudiants », explique Sylvain Lambert, directeur général du Cégep Édouard-Montpetit.
D’ici l’ouverture du nouveau pavillon, la formation continue sera relocalisée dans des édifices extérieurs. Une vingtaine d’espaces modulaires temporaires seront également aménagés sur le site du cégep. Offrir certains cours en soirée pourrait être aussi envisagé afin d’optimiser l’utilisation des locaux existants.

« De beaux défis »
Au défi de l’aménagement, s’ajoutent ceux de l’accueil d’un nombre grandissant d’immigrants et d’étudiants en difficulté d’apprentissage. « Beaucoup de personnes immigrantes s’installent dans la région. Évidemment, c’est tout le défi de l’interculturel que de fournir des services à cette population-là. La demande pour les services adaptés est aussi une tendance des dernières années. Donc, la hausse de la population étudiante représente aussi une hausse du nombre de demandes pour les services adaptés. Il faut s’assurer d’offrir adéquatement tous les services dont nos étudiants ont besoin », reconnaît Sylvain Lambert, directeur général du Cégep Édouard-Montpetit.
La hausse des étudiants aura même un impact sur l’actuel service de transport sur la Rive-Sud de Montréal. Étant donné que le nouveau bâtiment occupera une partie de l’espace de stationnement, il faudra compter sur le service de transport en commun. «On a des échanges avec le Réseau de transport de Longueuil (RTL) pour favoriser le transport des étudiants, étant donné que le transport est-ouest sur la Rive-Sud est moins bien desservi. »

Au Cégep Édouard-Montpetit, on entend donc profiter des changements occasionnés par la hausse des étudiants pour repenser les installations, favoriser le transport en commun et améliorer les pratiques pédagogiques.« C’est un beau défi. C’est sûr et certain qu’on va s’organiser pour accueillir tous les jeunes qui voudront s’inscrire», conclut Sylvain Lambert.



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