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Vent d’avenir pour le TechnoCentre éolien




 

 

Une entrevue avec M. Frédéric Côté, directeur général du TechnoCentre éolien, affilié au Cégep de la Gaspésie et des Îles.

 

Création d’une véritable filière éolienne au Québec
L’air de rien, le Québec s’est doté d’une réelle filière éolienne, c’est-à-dire d’une chaîne d’approvisionnement, constituée de parcs éoliens qui produisent de l’électricité achetée par Hydro-Québec Distribution, mais également d’une chaîne manufacturière et de services. Cette chaîne est née au tournant des années 90 d’une volonté de diversifier le portefeuille énergétique du Québec. On prévoyait à l’époque manquer d’électricité. Comme cette filière n’existait pas au Québec, le gouvernement a décidé dans les appels d’offres d’exiger un contenu québécois et une présence régionale dans la fabrication de composantes pour stimuler non seulement l’installation de parcs éoliens, mais aussi la mise en place d’une chaîne manufacturière québécoise. Cette politique a favorisé la création de nombreuses entreprises dans l’Est-du-Québec, et partout à l’échelle de la province.

La filière éolienne compte maintenant plus de 150 entreprises au Québec, ce qui représente 5000 emplois, dont 1200 en Gaspésie et dans la MRC de la Matanie. À Montréal, près de 1000 personnes travaillent dans le secteur éolien. La métropole est devenue une des villes les plus importantes en matière d’expertise en Amérique du Nord. Plusieurs entreprises y ont leur siège social. Il faut aussi ajouter tout le secteur des services dans le domaine des études d’impact environnemental et du potentiel éolien. « Nous avons la chaîne d’approvisionnement la plus étendue au Canada », explique Frédéric Côté, directeur général du TechnoCentre éolien.

Le site de recherche du TechnoCentre éolien est le seul site au monde à posséder des infrastructures de cet ordre en climat froid et en terrain complexe. Crédit : TechnoCentre éolien

La mission du Centre

C’est dans cette mouvance qu’est né le TechnoCentre éolien en 2000. «La mission du TechnoCentre est de contribuer au développement d’une filière éolienne québécoise. Pour y arriver, nous avons deux grandes familles d’intervention : le volet recherche appliquée et aide technique aux entreprises et le volet formation et information. De plus, le centre opère un site de tests en conditions réelles unique au monde. Nous avons une spécialisation en éolien en climat froid et en terrain complexe, là où il y a présence de montagnes, de groupes forestiers qui perturbent l’écoulement de l’air. Nous sommes propriétaires exploitants de deux éoliennes de grande puissance de deux mégawatts, qui produisent de l’électricité vendue à Hydro-Québec. C’est un laboratoire grandeur nature. Nous possédons aussi des infrastructures de météo et de jumelage éolien-diesel. Nos équipements de recherche peuvent servir de bancs d’essai et de vitrines technologiques. Nous accompagnons aussi les entreprises dans le développement de marché. Ce que nous appelons le développement économique qui prend la forme de missions commerciales hors Québec pour explorer de nouveaux marchés. Nous organisons chaque année le Colloque de l’industrie éolienne québécoise, qui se tiendra cette année du 9 au 11 juin à Gaspé. Nous sommes vraiment bien intégrés dans le créneau éolien et du savoir-faire dans le domaine. »

L'organisation du Centre

Les bureaux du centre sont situés à Gaspé et le site de recherche, à Rivière-au-Renard. Dix-huit  employés travaillent au centre auxquels s’ajoutent des étudiants et des stagiaires. La moitié du personnel possède une formation scientifique en génie mécanique, en génie électrique et en chimie. D’autres ressources œuvrent en développement économique et en organisation d’évènements. Le centre s’est constitué en OBNL avec un conseil d’administration indépendant du Cégep de la Gaspésie et des Îles. Il accueille des stagiaires étudiants du Cégep au programme de Techniques en maintenance industrielle. Des professeurs sont également associés au centre via le programme PART. Le statut de CTTT a été autorisé en 2007. Le site de test a commencé ses opérations en 2010.

Des ingénieurs du TechnoCentre éolien lors de travaux de maintenance sur une tour de mesure de vent de 126 mètres de hauteur. (Crédit : TechnoCentre éolien)

Les axes de recherche
La question du givre occupe une place importante au TechnoCentre éolien. « C’est un défi important auquel l’industrie fait face. Parler d’éolien en climat froid signifie que l’on doit opérer à des températures en bas de - 20 degrés Celsius et où il y a présence de givre. Le givre a deux impacts : d’abord, il s’accumule sur les instruments de mesure. Les éoliennes fonctionnant avec plusieurs systèmes automatisés de contrôle, pour se diriger, elles sont dotées d’instruments de mesure (des anémomètres, des girouettes). Quand les instruments sont gelés, l’éolienne devient comme aveugle et les systèmes de sécurité la mettent en arrêt. L’accumulation sur les pales constitue l’autre problème occasionné par le givre. On se retrouve avec le même problème que sur les ailes des avions. Le profil aérodynamique des pales est modifié; la pale ne fonctionne plus adéquatement. Ceci occasionne des arrêts de production. Le givre sur les pales provoque aussi des vibrations qui auront des impacts à plus long terme sur la durée de vie de l’équipement. Nous travaillons aussi sur le problème de la projection de glace. Quand la glace fond et que l’éolienne est en opération, ça projette des morceaux de glace qui peuvent menacer la sécurité sur les routes ou les sentiers de motoneige. »

Le microréseau de couplage éolien-diesel (Crédit : TechnoCentre éolien)

Le TechnoCentre éolien est le représentant du Canada sur le groupe de recherche de l’Agence internationale de l’énergie sur l’éolien en climat froid. Ce mandat canadien traduit bien la reconnaissance de l’expertise du centre. Les chercheurs ont développé des méthodes de détection du givre sur les pales d’éoliennes qui sont très prometteuses pour arriver à déployer de bonnes stratégies de protection contre le givre.

Un colloque annuel : le plus grand évènement francophone en éolien en Amérique du Nord

Le Centre en est à sa 8e édition du colloque annuel du secteur éolien. Cette année, l’accent est mis sur les innovations québécoises, sur les recherches au Québec. Un gala tenu aux deux ans permet de reconnaître les meilleures pratiques et entreprises. « Le colloque représente le plus grand évènement francophone en éolien en Amérique du Nord. Ça regroupe des gens du Québec, mais aussi de l’Europe, des États-Unis et ailleurs au Canada. »

Des projets de développement
Parmi ses projets de développement, le directeur général signale que le centre est à terminer la mise en place d’une tour météorologique de 126 mètres. « Avec celle qui était déjà en place, nous aurons les deux plus hautes tours météo au Canada. Nous poursuivons aussi nos développements dans le secteur du jumelage éolien-diesel. Il faut réaliser que le plus grand réseau isolé de production d’énergie du Québec, c’est celui des Îles-de-la-Madeleine. L’essentiel des sources d’énergie provient du diesel. L’augmentation des coûts rattachés à l’utilisation d’une telle source d’énergie invite à regarder d’autres alternatives. Il y a aussi une préoccupation de réduire l’empreinte carbone. Dans ce contexte, nous évaluons la possibilité de produire sur des petits réseaux soit avec de l’éolien ou des panneaux solaires. C’est un champ d’études porteur d’avenir. Nous voulons aussi continuer à développer notre expertise en  opération et maintenance des centrales éoliennes. Nous entendons miser sur le privilège d’avoir des infrastructures grandeur réelle. »

Mise en place d'une tour météorologique de la recherche en énergie éolienne (Voir la nouvelle sur le Portail en date du 28 mai)

Des collaborations nombreuses
Le TechnoCentre collabore avec d’autres centres de transfert. Il intervient entre autres avec le Centre industriel de robotique et de visualisation industrielle de Lévis, la chaire Terre du Cégep de Jonquière pour les sites isolés et l’Institut de maintenance industrielle du Cégep de Sept-Îles sur les questions de maintenance de parcs éoliens. Au niveau universitaire, le Centre collabore avec l’Université du Québec à Rimouski, l’ÉTS et l’Université du Québec à Chicoutimi au niveau du givre. Dans le projet conjoint reconnu par FQRSTmines, le Centre est partenaire avec Sept-Îles, l’ÉTS et l’UQAR pour l’électrification d’un camp avec des énergies renouvelables.

Le vent de l’avenir…
On parle toujours de notre richesse en eau au Québec. On oublie souvent de noter que nous sommes aussi riches en vent. « Quand on regarde l’atlas des vents du Québec, nous constatons qu’il y a un beau potentiel en Gaspésie, dans l’Est-du-Québec, sur la Côte-Nord. Le fleuve Saint-Laurent crée un effet tunnel. Il y a aussi de très beaux potentiels dans le Nord-du-Québec. Sur la frontière du Labrador, il y a beaucoup de minerais, mais aussi beaucoup de vent. Au Québec, nous sommes très bien pourvus de ce côté-là. Voilà autant de ressources naturelles renouvelables. Avec l’éolien, on pourrait dire que nous sommes dans le vent… et riches d’une ressource d’avenir renouvelable. »

Entrevue et texte d’Alain Lallier, édimestre et éditeur en chef, Portail du réseau collégial





 
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