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Un cursus de formation bilingue conjoint entre les cégeps Vanier et Saint-Laurent



Par Mme Marie Lacoursière, en collaboration avec M. Éric Lozowy, directeur adjoint des études au Cégep Vanier.

Détenteur d’un doctorat en littérature comparée, monsieur Lozowy a enseigné la langue et la littérature russes à l’Université McGill pendant une dizaine d’années avant de devenir professeur de russe et de français à Vanier. Il a été coordonnateur du Département de français pendant quelques années, a mis sur pied une majeure en études slaves et a ensuite accédé à la Direction des études.

À l’heure où le débat portant sur les parcours d’apprentissage bilingues au Québec demeure l’objet de nombreux échanges, le Cégep Vanier et le Cégep de Saint-Laurent s’associent dans la mise en place d’un profil de formation bilingue en sciences de la nature et en sciences humaines. Ce cursus bilingue avu le jour dans les deux établissements à la rentrée d’automne 2013. Nous en avons discuté avec monsieur Éric Lozowy, responsable du programme en sciences de la nature au Cégep Vanier.

   

La naissance d’un cursus de formation bilingue conjoint entre les collèges Vanier et Saint-Laurent
« Le projet était sur la table à dessin depuis longtemps, avant même ma venue au Cégep Vanier, précise monsieur Lozowy. Je sais cependant que, pour des raisons administratives ou politiques, il a tardé à se mettre en place. Dans l’esprit de bien des gens, il existe une frontière étanche entre les collèges anglophones et les collèges francophones. Le défi était de taille, car il fallait vaincre une résistance profondément ancrée dans les mentalités. » Il s’agissait essentiellement pour les deux collèges de mettre en place un parcours de formation qui s’adresserait à une tranche spécifique d’élèves. Ceux-ci suivraient certains cours en français et d’autres en anglais. La proximité de Vanier et de Saint-Laurent – quelques centaines de mètres à peine les séparent – permettrait aux étudiants de suivre des cours dans les deux établissements simultanément tout au long d’une même session.

Le projet chemine et prend forme en 2010
Les discussions départementales et les échanges au niveau des comités de programmes et des commissions des études ont porté fruit et vaincu les résistances, de confirmer monsieur Lozowy qui résume ainsi le cheminement : « Les programmes d’études et les cursus de formation ont été élaborés et adoptés unanimement par le personnel enseignant et la direction des deux collèges. L’approbation ministérielle de l’offre de formation a cependant tardé. Le titre du programme “DEC bilingue” suscitait des questions. Il a finalement reçu l’aval ministériel comme “DEC français-anglais”. Le Service régional des admissions (SRAM) l’a cependant affiché à l’offre de formation collégiale à titre de “DEC bilingue”. L’appellation est restée et nous apparaît plus percutante. Elle résume clairement et en un seul mot le sens même de l’offre de formation mise de l’avant. Nous avons finalement reçu notre première cohorte d’environ vingt étudiants cet automne. »

Un programme destiné exclusivement aux élèves qui souhaitent obtenir un des deux diplômes d’études collégiales (Sciences humaines ou Sciences de la nature) dans les deux langues

 

Les étudiants qui s’inscrivent au « DEC bilingue » doivent démontrer une excellente compréhension (écrite et parlée) de l’anglais et du français puisque les cours sont offerts dans les deux langues. Les étudiants de chaque établissement sont soumis à des tests de classement en anglais au collège Vanier, qui offre trois niveaux de classement au premier cours de littérature anglaise. Les nouveaux admis en provenance d’une école secondaire anglophone doivent se soumettre à un test de classement en français. Il est prévu que les élèves puissent compléter leur programme d’études en quatre sessions. En fin de parcours,tous les étudiants seront soumis aux épreuves obligatoires de français et d’anglais.

Une offre de formation aux multiples avantages

Il faut le souligner,précise monsieur Lozowy, « les critères d’admission au programme étaient élevés. Les étudiants admis devaient avoir une moyenne académique de plus de 80 %. La polyvalence que les étudiants développeront dans le cadre de leur formation est unique. Ceux-ci devraient terminer leur collège parfaitement bilingues.Dans cette perspective, les portes de toutes les universités québécoises, canadiennes et nord-américaines leur seront ouvertes. Le fait de maîtriser les deux langues constituera un avantage additionnel quant à leur accessibilité au marché du travail. En vivant au quotidien dans deux univers et en ??? d’un code social à l’autre, ils auront de plus eu accès à une formation interculturelle de première ligne ».

Des étudiants enthousiastes

Monsieur Lozowy a dernièrement rencontré les étudiants de première session et peut confirmer que ces derniers réagissent très bien. « Ils sont très enthousiastes et aiment beaucoup le programme. Ils trouvent parfois un peu lourd de se promener d’un collège à l’autre et disent dans ce sens appréhender l’hiver. Ils admettent avoir des horaires très chargés comparativement aux élèves inscrits dans les programmes réguliers, mais adorent l’expérience de l’interinstitutionnel, de l’interculturel. Ils ont d’ailleurs fait une très belle analyse comparative des deux établissements et savent composer avec les différentes ambiances. La population étudiante est différente d’un établissement à l’autre, mais ils semblent s’y adapter facilement et développent un esprit de corps intéressant.
» Il faudra certes au fil des ans recruter un plus grand nombre d’étudiants qui, soyons francs, auront besoin d’être sécurisés. Les inscrits ne veulent certes pas voir leurs chances d’admission dans des programmes universitaires de pointe diminuer. »

Les effets d’un cursus bilingue dans l’échiquier québécois de la formation collégiale?

« L’initiative suscite énormément d’intérêt et, personnellement, je pense qu’il faudrait multiplier ce genre d’initiative. Il m’apparaît clair que, sur l’échiquier de la formation collégiale, ce genre de programme devrait occuper une place plus importante. Certains passages du projet de loi n° 14suggèrent d’ailleurs l’augmentation de l’offre de cours en langues secondes. Tous les experts s’entendent, il faut que les compétences en anglais augmentent dans les collèges francophones et, vice versa, que les compétences en français augmentent dans les collèges anglophones.  […] Nous en sommes au balbutiement mais, sur papier et en théorie, c’est un très beau projet qui suscite cependant de nombreuses questions. À titre d’exemple : le fait de transiter entre deux institutions aura-t-il à la longue un effet négatif sur la réussite? Quels seront les effets réels d’un projet aussi exigeant sur la réussite en fin de parcours? Sur le plan neurolinguistique, qu’arrive-t-il quand nous passons continuellement d’une langue à l’autre? Ce sont là des questions auxquelles nous devrons répondre. »

Un projet visionnaire

« Je pense réellement que le projet de formation que nous avons entrepris en août dernier est visionnaire, affirme monsieur Lozowy.  Les étudiants admis dans ce programme, chez nous comme au Cégep Saint-Laurent, sont entièrement consacrés à leurs études et possèdent les habiletés requises pour réussir. Ce sont les étudiants de demain, qui maîtrisent les deux langues et transcendent les concepts de cloisonnement qui caractérisent trop souvent nos organisations. Nous le croyons, la mise en place du DEC bilingue constitue une excellente occasion de briser des solitudes, et nos organisations travaillent ensemble à la mise en œuvre d’un profil de formation adapté aux besoins et aux exigences de la société contemporaine. »





 
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