Nouvelles
Deux collèges privés forcés de suspendre leurs activités
Le Collège supérieur de Montréal et celui de Sherbrooke se sont vu retirer leur permis d’exploitation par Québec.
Chanya Sedion et Lisa-Marie Gervais - Le Devoir
Deux collèges privés subventionnés, l’un à Montréal et l’autre en Estrie, se sont vu refuser leur demande de renouvellement de permis par le ministère de l’Éducation. Ce dernier promet des « mesures facilitatrices » pour les quelque 900 élèves touchés par cette décision, qui bouleverse le parcours éducatif et les démarches en immigration de plusieurs d’entre eux.
Dans une communication envoyée aux étudiants vendredi, le Collège supérieur de Montréal et le Collège supérieur de Sherbrooke, qui partagent la même administration, ont annoncé leur fermeture temporaire « jusqu’à nouvel ordre ».
Dans ce message, les deux collèges se disent, sans décrire les motifs du ministère, en « profond désaccord avec cette décision ». Ils entendent contester le choix de Québec, qui touche 878 étudiants, « presque tous internationaux », dont 296 à Sherbrooke et 528 à Montréal.
« Leur parcours scolaire, leur avenir et, pour plusieurs, leur projet de vie au Québec sont directement menacés par cette décision », déclare Noureddine Hajibi, directeur général des deux collèges. Il souligne que la plupart des étudiants touchés n’en avaient que pour « quelques jours ou quelques semaines » avant l’obtention de leur diplôme. Ces établissements offrent des formations courtes menant vers un emploi, notamment en secrétariat et en informatique.
Joint par Le Devoir, le ministère de l’Éducation indique que sa « priorité demeure d’assurer la protection et le bien-être des étudiants, la qualité des services éducatifs et la continuité de leur parcours ». Un message transmis aux étudiants concernés les informe que des démarches ont été entreprises afin de leur permettre de terminer leur formation dans une école du réseau public, à Montréal ou en Estrie.
Cette même lettre soutient que le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration mettra en place « des mesures facilitatrices afin de [réduire] les incidences sur [leur] cheminement scolaire ». Les étudiants seront tout de même tenus de présenter une nouvelle demande de sélection temporaire pour études.
Frustration chez les étudiants
Après avoir obtenu une attestation d’études collégiales au Collège supérieur de Montréal, Ayoub Maouni a réussi à terminer de justesse une attestation complémentaire en secrétariat au Collège supérieur de Sherbrooke avant la fermeture de l’établissement.
Cela ne l’a pas empêché de dénoncer cette « injustice » et d’exprimer sa solidarité avec ses camarades de classe lors d’une manifestation qu’il a organisée lundi matin devant le collège montréalais. « Ils ont tout perdu ! Il y a des étudiants qui ont des familles, ils sont dans un état critique », explique-t-il au Devoir.



