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Les cégépiens de plus en plus vulnérables

Article publié par Le Devoir.com - Catherine Couturier Collaboration spéciale
25 janvier 2020

Photo: iStock Une récente étude ontarienne rapportait ainsi que 46% des étudiants se seraient déjà sentis déprimés au point d’avoir de la difficulté à fonctionner, contre 40% trois ans plus tôt.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Anxiété, découragement, détresse : les cégeps multiplient les initiatives pour prévenir les troubles de santé mentale chez leurs étudiants.

« On entend beaucoup dans le milieu qu’il y a une forte hausse des consultations », confie Lucie Charbonneau, coordonnatrice au Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES). Même son de cloche du côté de la Fédération des cégeps : « Plus du tiers des étudiants collégiaux ressentent de l’anxiété », ajoute Geneviève Reed, coordonnatrice des affaires étudiantes par intérim. Ces chiffres sont en hausse constante. Une récente étude ontarienne rapportait ainsi que 46 % des étudiants se seraient déjà sentis déprimés au point d’avoir de la difficulté à fonctionner, contre 40 % trois ans plus tôt.

Contexte changeant

« Traditionnellement, les écoles semblaient agir comme facteur protecteur », raconte Marc Martineau, psychologue et enseignant retraité du cégep de l’Outaouais. Les étudiants au cégep avaient un meilleur profil mental que ceux qui n’y étaient pas. « Or, il semble que ça a changé », ajoute-t-il. Parmi les facteurs de risques, on note l’âge charnière des étudiants du cégep : le passage à l’âge adulte, entre 15 et 29 ans, entraîne une certaine vulnérabilité. « Les jeunes adultes font des explorations de toute sorte ; ils sont aussi dans un entre-deux, à la fois adultes et jeunes », explique Lucie Charbonneau, qui a publié undocument de synthèse sur la santé mentale chez les étudiants du postsecondaire en 2018.

En plus de ce facteur intrinsèque, les conditions sociales, physiques, financières peuvent être des facteurs de risques. L’âge collégial correspond également au moment où les trois quarts des troubles de santé mentale apparaîtront, rappelle M. Martineau.

Autre facteur qui explique peut-être la hausse de prévalence des problèmes de santé mentale ? « C’est davantage dans la conscience collective, on en parle de plus en plus. Ça ne veut pas dire qu’il y en a plus », avance M. Martineau.

Initiatives multiples

Pour promouvoir une meilleure santé mentale, les cégeps mettent sur pied plusieurs initiatives de sensibilisation, de promotion-prévention et de déstigmatisation des troubles de santé mentale. « La recherche nous dit qu’une partie de la réponse est d’offrir des services de consultation, mais surtout de travailler en amont », explique Mme Charbonneau. Selon Geneviève Reed, les intervenants travaillent sur les habitudes cognitives par rapport aux choix à faire, à la promotion des saines habitudes de vie, et sur les facteurs de protection reconnus, comme le sentiment d’efficacité personnelle, le sentiment d’appartenance à sa famille et le soutien social.

« On a peut-être un peu trop individualisé la santé mentale, remarque toutefois M. Martineau. Pendant ce temps, on ne s’attaque pas aux coupes dans l’aide sociale ou dans l’aide financière aux étudiants », poursuit-il, notant que ce sont d’immenses facteurs de risques en santé mentale. La résilience doit d’abord et avant tout être une affaire de communauté, prise en compte dans toutes les décisions des collèges.



 
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