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Feu au Cégep de Gaspé: 280 évacués, dont 70 à reloger

Nouvelle publiée par Le Soleil, - Geneviève Gélinas
 

GASPÉ – Le Cégep de la Gaspésie et des Îles s’occupe de reloger 70 des 280 étudiants évacués à la suite d'un incendie mercredi dans les résidences du campus de Gaspé. Sa cause est toujours inconnue, mais les pompiers ont eu bien du mal à l’éteindre.

Entre 40 et 50 pompiers sont intervenus pour contrôler le brasier, qui s’est déclaré vers 6h35 mercredi matin. La fumée s’échappait encore en abondance vers 13h. À 15h30, la fumée avait disparu mais les pompiers arrosaient toujours.

Selon le chef des pompiers de Gaspé, Carl Sinnett, le feu a été «très difficile à éteindre». «C’était dans le centre du bâtiment», explique-t-il. Il ne savait toujours pas, mercredi en fin de journée, ce qui avait causé l’incendie. Des experts en sinistres seront sur les lieux jeudi matin pour tenter de répondre à cette question.

Aucun étudiant n’a été blessé et personne ne manque à l’appel. Seul un pompier a été incommodé par la fumée et transporté à l’hôpital.

Le feu a pris naissance dans le pavillon X (aussi nommé Saint-Jean), qui communique par des corridors avec les autres hébergements et avec le bâtiment principal du Cégep.
Le pavillon X, où résident 19 étudiants, est une ruine. Le pavillon W, où se trouvent la réception et l’administration des résidences, a surtout été touché par l’eau. La fumée a envahi l’ensemble des résidences.
La nuit chez un prof

Des 280 évacués, une bonne partie a trouvé refuge chez de la famille ou des amis. Le Cégep s’occupe de reloger les autres, soit environ 70. «Beaucoup d’enseignants et de membres du personnel ont offert d’héberger temporairement des étudiants», indique la porte-parole du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Marie-Christine Fortin. Les autres s’installeront à l’Auberge de jeunesse Forillon et dans les résidences de l’école secondaire de Gaspé.

«Les pompiers sont là jusqu’à [jeudi] matin pour s’assurer que les flammes ne reprennent pas. [Jeudi] matin, on aura des nouvelles des tests de qualité de l’air. Si c’est correct, on pourra aller évaluer les dommages», indique Mme Fortin.

La Croix-Rouge s’est déployée sur le campus. Le comptoir vestimentaire de Gaspé a offert du linge gratuit aux sinistrés. Le Cégep prend en charge leurs repas via sa cafétéria.
Cours suspendus
Le Cégep a été fermé toute la journée mercredi, ce qui affecte 700 étudiants et 200 membres du personnel. L’épreuve uniforme de langue, que les finissants devaient passer mercredi, a été remise à samedi. Cet examen est obligatoire pour obtenir le diplôme collégial.
Les cours demeureront suspendus jeudi et vendredi, le temps que les étudiants se réorganisent. Ils seront repris lundi et mardi, et la période d’examens sera réajustée, indique le Cégep.
***


Antoine Pierre, Loup Franchetto et Isabelle Plante font partie des 280 évacués des résidences du campus de Gaspé.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

19 ÉTUDIANTS ONT TOUT PERDU
Des étudiants n’ont plus que les vêtements qu’ils portent sur le dos après l’incendie qui a ravagé une partie des résidences du campus de Gaspé. En pleine période d’examens, ils trouvent que ce feu tombe bien mal mais gardent le moral.

Antoine Pierre, un étudiant en Foresterie, a été réveillé vers 6h30 par l’alarme d’incendie. «Je suis resté dans mon lit, et ça s’est arrêté. L’alarme est repartie et c’est Loup qui est venu me chercher», dit-il en désignant son voisin, Loup Franchetto.
«Je me suis habillé et c’est tout. J’ai laissé mon portefeuille, mon passeport, ma clé USB avec plusieurs projets que je devais remettre. J’allais être gradué dans trois semaines. Après, j’avais un mois de stage», rapporte M. Pierre, l’un des 19 résidents du pavillon X, parti en fumée.

Antoine Pierre et Loup Franchetto sont Français. Ils sont à Gaspé pour un an d’études afin d’avoir deux diplômes, un québécois et un français. Loup Franchetto a aussi laissé toutes ses affaires derrière lui. «Je me retrouve sans rien. Mon ordinateur a dû flamber, mes données sont parties en fumée… surtout qu’on est en plein dans les examens.»
«Ce qui fait le plus mal, ce sont les souvenirs. Comme on est ici pour un an, il y a toutes les petites choses achetées», ajoute-t-il.

Interviewés sur l’heure du midi, les deux étudiants étaient attablés devant une poutine offerte par le Cégep. Leur voisine de table, Isabelle Plante, portait toujours son pyjama. La chambre de cette étudiante en sciences humaines se trouve dans une partie des résidences touchée par l’eau et la fumée. «Je n’ai pas accès à mon appartement, à mes manuels, mes cahiers de notes. Mes examens sont dans les deux prochaines semaines.

Je viens de Montréal, je n’ai pas d’amis ici [pour me loger].»

Croisée plus tard dans l’après-midi, Isabelle Plante s’était déjà réorganisée. Elle avait loué une chambre de motel pour la nuit, histoire de se dépanner. Elle avait fait des emplettes et changé son pyjama pour une tenue de jour.
«Réveil brutal»

Élie Lassalle, étudiant en Techniques de tourisme d’aventure, vivait au 3e étage du pavillon Saint-Jean, où le feu a pris naissance. Il a eu un «réveil brutal» quand l’alarme a sonné.

«Je suis sorti en boxer, tout dépeigné. Ça sentait le cramé. Je suis descendu au 2e, il y avait de la fumée au plafond. Ça venait de l’atelier, un endroit où il y a des planches, des outils, de la peinture.»

«On a fait le tour pour s’assurer que tout le monde était réveillé. En peut-être cinq minutes, ça commençait à se remplir de fumée. On a pris nos effets personnels. Moi je me suis habillé, j’ai pris mon cellulaire et mon portefeuille. Je n’ai pas pris mon kayak et mes skis. Je pense qu’ils sont en train de fondre», poursuit-il.



 
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