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Les filles du collégial lancent et comptent

2014-04-09


Les succès de l’équipe féminine de hockey aux derniers Jeux olympiques de Sotchi ont mis en évidence que les garçons n’étaient plus seuls sur la glace. Les deux buts de Marie-Philip Poulin dans le match décisif de la finale vont sans doute inspirer bien de filles à adopter ce sport. Quelques-unes des joueuses de l’équipe du Canada ont joué dans la ligue collégiale féminine du Québec. Mais quelle est la situation réelle de ce sport au niveau collégial? Nous en avons parlé avec monsieur Pascal Dufresne, entraîneur-chef de l’équipe féminine de hockey du Cégep Limoilou et madame Marie-Claude Roy, entraîneur-chef au Cégep de Saint-Laurent.

Actuellement, le réseau collégial compte deux divisions (1 et 2) en hockey féminin et l’on compte quatre équipes dans chaque division. Dans la division 1, on retrouve les cégeps Saint-Laurent, Limoilou, Dawson et Édouard-Montpetit; dans la division 2 : Champlain-Lennoxville, Lionel-Groulx, Rimouski et John-Abbott. La ligue existe depuis quatorze ans.

Le bassin de recrutement

Nous savons que le succès des équipes de sports au collégial ou à l’université repose sur un bon bassin de recrutement. Est-ce que cette base existe en hockey féminin? Selon Pascal Dufresne de Limoilou, « il y a un bon bassin et il y a eu une évolution au niveau de la base intéressante. Au cours des dix dernières années, nous assistons à une augmentation du nombre de joueuses. Mais ce bassin demeure insuffisant. Il est impossible d’avoir vingt équipes collégiales au cours des prochaines années. Nous avons de la difficulté à vivre avec huit équipes ».

 

 

Marie-Claude Roy, entraîneur-chef de l’équipe du Cégep de Saint-Laurent, nous dit qu’après les Jeux olympiques et une victoire de l’équipe nationale, on constate une effervescence. « L’effectif augmente. Mais, par ailleurs, il faut noter que le hockey en général devient moins populaire chez les jeunes. Les familles favorisent les activités en famille comme le ski, la randonnée. Les activités sportives se sont diversifiées. Le bassin de recrutement ne se trouve pas au niveau scolaire au secondaire, mais au niveau des équipes midget 2A et midget 3A. Le recrutement est de moins en moins facile, parce que nous courons tous après les mêmes recrues. Les équipes comptent une vingtaine de joueuses. Une année sur deux, il faut recruter près de dix nouvelles joueuses. »

Pascal Dufresne pense que la victoire de l’équipe féminine à Sotchi aura de l’impact, surtout sur les filles qui veulent l’essayer : « Le hockey féminin est un sport très accessible. Tu peux continuer tes études jusqu’à l’université dans un environnement sport-études. C’est aussi plus facile pour une fille de penser à aller aux Olympiques que pour les garçons, ce qui rend ce sport plus attrayant. »

La possibilité de continuer à l'université?

On connaît l’effet attractif des bonnes équipes universitaires sur le sport collégial. On pense bien sûr au Rouge et Or de Laval en football. Il en va autrement en hockey féminin, du moins dans la région de Québec. L’Université Laval n’a pas d’équipe de hockey féminin. « Nos filles doivent toutes s’expatrier quand elles veulent jouer au niveau universitaire. Seules l’Université de Montréal, McGill et Concordia possèdent une équipe », de dire Pascal Dufresne, entraîneur-chef  à Limoilou.

La présence d’un programme sport-études dans l’établissement facilite les choses.

Au Cégep Limoilou, tout est intégré à l’horaire et les activités se déroulent le jour. Les filles ont ainsi leurs soirées libres pour les études. Au Cégep Saint-Laurent, le programme Alliance Sport-Études permet aux joueuses de mieux conjuguer études et sport. Un aide pédagogique individuel est affecté aux athlètes, ce qui assure un meilleur suivi des horaires et des cheminements.

Mais, est-ce que les gars vont voir les matchs des filles?

Le Cégep Limoilou met l’accent sur ce sport pour attirer les filles, d’autant que le cégep est reconnu pour offrir une gamme élargie de programmes à fréquentation plus masculine. Mais, est-ce que les gars vont voir les matchs des filles? Pascal Dufresne affirme que oui : « C’est vraiment impressionnant. À toutes les fois qu’un amateur de hockey se déplace pour voir un match de hockey féminin, on l’accroche, c’est automatique par la qualité du jeu, la qualité de l’exécution, des systèmes de jeu, la rapidité. Tout le monde est impressionné. C’est un hockey sans violence. Il y a des contacts. On tolère ce qui se passe près des bandes. Mais, on ne tolère pas les projections ou ce qui est en dehors des bandes. »

Quatre joueuses du réseau de hockey féminin collégial participent au Championnat mondial qui se tient en Hongrie à la fin de mars.

Deux viennent de l’équipe de Limoilou; deux de l’équipe du Cégep Saint-Laurent. Elles ont dû se soumettre à un long processus de sélection qui a débuté à l’été 2013. Elles ont ensuite participé au championnat canadien où toutes les joueuses ont été évaluées. Une des deux joueuses de l’équipe de Limoilou sélectionnées, Maelle Rioux, jouera pour l’équipe de France. Elle est native de Paris et a la double nationalité française et québécoise.  Les deux joueuses du Cégep Saint-Laurent sont Ève-Audrey Picard et Alexandra Labelle.

Stéphanie Lalancette des Titans de Limoilou , représentera le Canada.

 

 

 

 

 

 

 

Maelle Rioux des Titans de Limoilou jouera pour l’équipe de France. Elle est native de Paris et a la double nationalité française et québécoise.

 

 

 

 

 

 

 

Alexandra Labelle,une des deux joueuses du Cégep Saint-Laurent

 

 

 

 

 

 

Ève-Audrey Picard de l'équipe du Cégep de Saint-Laurent

 

 

 

 

 

 

Les équipes de Saint-Laurent et de Limoilou ont terminé en tête du classement en saison régulière avec dix-sept victoires; Limoilou a gagné le championnat avec un point d’avance. Les séries éliminatoires se déroulent en mars dans une formule de tournoi à la ronde où chaque équipe rencontre deux fois le même adversaire. Les trois meilleures équipes se disputeront les grands honneurs lors des  championnats provinciaux dans le cadre de la Coupe Dodge qui se tiendra en Outaouais, les 12 et 13 avril prochain.

Entrevues et rédaction réalisées par Alain Lallier, édimestre et éditeur en chef du Portail du réseau collégial.



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