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Le puissant fond d’un marais-sans-fin



 

 

 

Au marais-des-Poisseux, Bel-Bibite est perché en haut de son arbre et surveille toutes les allées et venues. Il intercepte alors Limace, une jeune fille à la poursuite de la plus grosse des bibites, celle qu’elle cherche depuis toujours. Ensemble, les deux enfants partiront en quête des secrets les mieux gardés du Marais. Ils rencontreront la noirceur des profondeurs, la cruauté des bancs de poissons, mais aussi la beauté de ce grand vertige qu’est la découverte de soi. Une pièce pour les petits et les grands, qu’on ait les pieds palmés ou pas....

 

Sarah Leblanc-Gosselin crédit photo: Samuel Pasquier

Le  concours de l’Égrégore est produit par le Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ) en collaboration avec le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) et le Jamais Lu. Ce concours a révélé le talent de plusieurs jeunes écrivains et metteurs en scène issus du réseau collégial. Le 1er janvier 2017, Sarah Leblanc-Gosselin, étudiante en interprétation théâtrale au Collège Lionel-Groulx, a reçu la palme de grande gagnante de l’édition 2016-2017 de l’Égrégore. Son texte, Le puissant fond d’un marais-sans-fin, sera mis en lecture publique le 22 avril prochain lors de la 31e édition de l’Intercollégial de théâtre au Cégep Limoilou à Québec, ainsi que le 10 mai 2017 au 16e Festival du Jamais Lu aux Écuries à Montréal…(1)

Sarah en est à sa quatrième année de formation collégiale en interprétation au Collège Lionel-Groux après avoir préalablement complété un diplôme d'études collégiales( DEC ) au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Marie Lacoursière échange avec elle.

Le puissant fond d’un marais-sans-fin est né durant un stage d’écriture dramatique, offert par Louis-Dominique Lavigne.« Le texte était comme  tout prêt et j’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à l’écrire, d’indiquer Sarah Leblanc-Gosselin.C’est quand même surprenant parce que c’est la première fois que je termine quelque chose… dans le sens où souvent je me bloque et me juge avant d’avoir terminé mes écrits. Ç’a été fluide et s’est tellement bien fait que j’ai décidé de le soumettre au concours l’Égrégore.. Même s’il n’y avait pas eu l’Égrégore, je l’aurais fait parce qu’il m’intéressait et que j’en étais satisfaite. Ce fut facile de m’exprimer. Je me suis rendu compte de ce qu’il portait pour moi, et ce sans rencontrer de blocage ou avoir à faire des choix difficiles. J’ai rapidement cerné ce qui constituait l’essentiel de ce que je voulais exprimer. »

Des suites prochaines

De très belles choses en perspective pour Sarah Leblanc-Gosselin dont le Festival du jamais Lu et l’Intercollégial de Québec. L’étudiante a hâte de vivre ce qui s’annonce à travers des mises en lecture emballantes. Elle se dit choyée d’avoir l’occasion de retravailler le texte avec Geneviève Billette,sa coach qui la guidera dans la réécriture. « Le texte ira plus loin que l’Égrégore qui constitue une occasion de plonger au cœur de l’écriture et d’améliorer ce rendu que j’aime beaucoup. J’ai des amis à l’école qui l’ont lu et partagent mon enthousiasme. J’aimerais même un jour en faire un show ou une pièce jeunesse. Il me revient donc de faire ce qu’il faut pour l’amener plus loin afin que des comédiens aient le goût de le jouer et de le faire avancer. Deux présentations de la pièce sont prévues sous peu. Je suis certaine que ce sera très inspirant. Je verrai des dimensions du texte que je n’avais pas imaginé, proposées par des comédiens et un metteur en scène. C’est fabuleux et excitant. »

Évoluer en création

« Je suis actuellement active dans une jeune compagnie de jeux masqués «le Théâtre du Portage». Nous avons déjà un spectacle de monté et continuons à évoluer en création, ambitieux de nous inscrire à des festivals. Je sais donc que je m’impliquerai activement avec la « troupe du masque ». Nous voulons faire du jeune public et trouver des lieux où jouer, dont des écoles. En sortant de l’École, ce ne sont pas les contrats qui pleuvent. Je veux donc avec des amis faire de la création, de la musique et recommencer à danser. J’ai fait beaucoup de gigue une approche qui nourrit toujours mes envies. En terminant l’École, je recommencerai peut-être à danser pour mon plaisir. J’entends également pousser plus loin l’écriture de textes et de chansons et vraisemblablement de faire un stage en musique. J’aspire ainsi à évoluer par moi-même en choisissant ce qui m’intéresse plutôt que de m’inscrire dans un parcours scolaire. »

Intéressant...ludique et plus facilement créatif

« C’est la première fois que j’écris une pièce, que je travaille sur quelque chose qui s’adresse à un jeune public, ce que je trouve intéressant, ludique et plus facilement créatif. On dirait que, lorsque nous voulons écrire des choses pour un public de ma tranche d’âge ou au-dessus, il y a comme un sérieux qui intervient avec un désir de vouloir bien faire les choses, de parler de quelque chose d’intéressant. Cela exerce une pression sur moi. C’était vraiment la première fois, dans le dernier contexte jeune public, que je me donnais accès au principe du plaisir, qui a pris le dessus en me disant amuse-toi et profite du moment présent. Je ne pense pas que ce soit la seule chose qui m’intéresse, mais le bateau que j’ai dernièrement pris me plaît. J’y ai plongé et il m’a donné accès à un très beau port d’attache. Je n’ai aucune idée de ce qui m’arrivera en suite de l’Égrégore. Je vis le présent, demain on verra ce qui se passera. »

À la question qui lui est posée concernant l`âge auquel s’adresse son texte, Sarah précise l’ambiguïté dans laquelle elle était lors d’un échange sur le sujet avec Geneviève Billette, sa coach d’écriture. Cette dernière l’a incitée à ne pas écrire pour un groupe d’âge particulier. Elle se donne le loisir de dire les vraies choses, quel que soit le lectorat auquel elle s’adresse. Les enfants peuvent en prendre, se dit-elle ; et refuse de les épargner par le biais d’un écrit réservé. Sa fenêtre est à définir et demeure ouverte au petit comme au plus grand.

Se laisser surprendre et aller de l’avant

« Le texte a été écrit en me laissant surprendre par ce que j’écrivais et c’est ce qui m’a plu dans le processus. Je ne voulais pas chercher à vendre la pièce et ainsi me créer des blocages et c’est ce que j’entends continuer à faire en demeurant attentive à ce que les gens me proposeront. Je n’ai pas de désir par rapport à la suite des évènements, mais plutôt une ouverture me permettant d’aller plus loin. »

Au départ, Sarah n’avait pas d’idée précise du sujet dont elle voulait parler. C’est en cours de processus qu’un sens plus profond s’est dégagé du texte. Le principal sujet abordé dans sa pièce demeure cette difficulté qu’on peut avoir à s’apprécier et se percevoir d’un œil juste. Être son pire juge est un phénomène qu’elle remarque souvent chez elle comme chez d’autres, surtout en étudiant dans une école de théâtre. « En effet, il s’agit d’un contexte particulier où on s’en impose souvent beaucoup trop. Après quatre années à y passer la majeure partie de mon temps, je ne suis pas surprise que mon texte tourne autour du thème de la confiance fragile. Le désir de me lancer dans du théâtre jeune public s’est manifesté lorsque j’ai fait la rencontre de Limace et de Bel-Bibite. Je me suis rapidement attachée à ces personnages qui alimentaient beaucoup ma créativité. J’ai eu envie d’inventer autour d’eux et autour d’un marais. J’y ai trouvé une grande liberté, ce qui m’a permis de me prendre un peu moins au sérieux... ça fait du bien, des fois ! Le genre poétique, quant à lui, m’a toujours attirée. Et pour moi, il allait de soi que le texte revêt un langage très imagé et rythmé. Enfin, Le puissant fond d’un marais-sans-fin m’a donné l’occasion, de plonger tête première et de voir jusqu’où le courant allait me mener. »

(1) Nouvelle portail du réseau collégial février 2017

Entrevue et texte préparés par Mme Marie Lacoursière, Édimestre au Portail du réseau collégial.





 
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