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Des élèves du primaire et du secondaire en harmonie avec les grands du Cégep Marie-Victorin



Le Cégep Marie-Victorin a matérialisé sa volonté d’ouverture à son milieu en mettant de l’avant deux projets novateurs : L’École des grands et On joue ensemble. Une volonté clairement énoncée dans le Plan stratégique de développement 2014-2019 de l’établissement.

Alain Lallier en discute avec Alisha Wissanji, enseignante en Sciences de la nature, et Nathalie Baumgartner, coordonnatrice du Service des communications, du Cégep Marie-Victorin.

L’École des grands

Le projet L’École des grands est né de la volonté du Cégep Marie-Victorin de répondre à un besoin spécifique de la communauté environnante au regard du haut taux de décrochage scolaire à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) desservant entre autres l’arrondissement de Montréal-Nord. Le taux de décrochage s’y élève à 25,7 % comparativement à 15,3 % pour l’ensemble du Québec, la plaçant en tête des commissions scolaires pour le décrochage scolaire pour l’ensemble de l’île de Montréal. Soucieux de faire partie de la solution au problème, le Cégep Marie-Victorin a créé un partenariat avec la CSPI en vue de mettre en place l’École des grands, un véritable centre d’aide aux devoirs et d’éveil scientifique. L’objectif est de réduire les facteurs de risque liés au décrochage scolaire et à la pauvreté en augmentant la réussite scolaire des élèves du niveau primaire  provenant de milieux défavorisés et multiethniques. Travailler avec les élèves du primaire vise la prévention du décrochage à l’ordre secondaire.

Alisha Wissanji, enseignante en Sciences de la nature

Pourquoi des élèves du primaire?
Il est inhabituel qu’un collège travaille avec des élèves de l’ordre primaire et cela représente tout un défi. Paradoxalement, Alisha Wissanji affirme que cela n’a pas été si difficile : « Nous avons voulu répondre au besoin de décrochage scolaire au secondaire en faisant de la prévention au primaire. Nous avons créé une véritable collaboration entre la direction du Cégep, la direction de la CSPI et les directrices de ses écoles primaires. Nous avons travaillé ensemble et trouvé des solutions aux défis rencontrés. Tous les acteurs y mettent du leur et s’investissent, car ils croient en la vision du projet. »

L’école le samedi dans les locaux du cégep
Autre défi important, l’École des grands se déroule le samedi. On y accueille 60 élèves du primaire. « Il y a eu un engouement automatique des élèves du primaire dès qu’ils ont appris qu’ils pourraient faire des expériences scientifiques dans les laboratoires du cégep le samedi matin. Voici l’incitatif que nous avons choisi pour les amener à faire leurs devoirs le samedi matin. Cette idée s’appuie sur une thèse de doctorat démontrant que les élèves de Montréal-Nord s’inscrivent en sciences avec un taux plus faible que les autres élèves des quartiers de Montréal. D’où notre intérêt de développer leur intérêt en sciences et de développer leur curiosité intellectuelle. »

60 élèves du primaire et 30 tuteurs-étudiants du collégial
Les enseignants et les directions des écoles primaires sont responsables du recrutement des élèves. Le seul critère de sélection demeure celui d’une moyenne générale se situant entre 50 et 70 %. C’est une fenêtre où une aide aux devoirs par des étudiants du collégial peut encore être utile et efficiente. «Trente tuteurs étudiants du collégial en français et en mathématiques sont impliqués dans le projet. Nous avons six groupes de dix élèves du primaire par groupe. »

« Nos étudiants collégiaux sont des exemples pour les élèves du primaire. Comme tuteurs, ils deviennent grands-frères/grandes-soeurs et mentors »
Comment recruter des étudiants le samedi matin? Alisha compte plus de dix ans d’expérience dans le développement stratégique, dans l’opérationnalisation et l’implantation de centres d’aide auprès d’étudiants vulnérables issus de l’immigration au Québec. L’École des grands constitue l’aboutissement d’une très longue réflexion sur la mise en forme d’un programme durable du point de vue des ressources humaines et financières. Elle explique comment s’est orchestré le recrutement des tuteurs et tutrices à l’ordre collégial : « J’ai fait le pari que les valeurs entourant notre programme d’aide aux élèves défavorisés du quartier s’arrimeraient aux valeurs de nos étudiants collégiaux, à savoir celles d’humanisme, d’engagement, de créativité, de conscience sociale et de responsabilité. Ça a fonctionné, on a eu un excellent taux de réponse de la part des étudiants collégiaux. Nos partenaires étaient tous un peu surpris! Nos tuteurs sont des exemples pour les élèves du primaire; ils deviennent grands-frères/grandes-sœurs et mentors. Le choix d’offrir le programme dans les locaux du cégep inspire les élèves du primaire et les motive à s’engager dans des études postsecondaires et à aller de l’avant. Ça constitue un environnement d’apprentissage favorable. Les étudiants collégiaux qui participent à l’École des grands disent qu’ils s’engagent afin de faire une différence dans la vie d’un enfant. Ils en retirent une grande valorisation personnelle. »

L’impact sur les élèves

L’objectif du projet couvre plusieurs aspects de la scolarisation. Il vise à soutenir la réussite scolaire de tous les participants tant au primaire qu’au collégial. « Au niveau primaire, les effets ont été mesurés en collaboration avec une équipe en psychoéducation de l’Université de Montréal en comparant le groupe d’intervention au groupe contrôle. On mesure que la participation au projet a engendré une augmentation du rendement en français et une augmentation du rendement moyen (moyenne des notes en français, math et sciences) chez les participants par rapport au groupe contrôle. On mesure que plus un enfant participe à l’École des grands, plus son rendement moyen s’améliorera. On démontre également qu’une exposition répétée et prolongée à l’École des grands entraîne une amélioration du rendement scolaire. »

L’impact sur les étudiants de cégep
Les étudiants et étudiantes du cégep qui agissent à titre de tuteur retirent beaucoup de valorisation personnelle de leur expérience. Certains y trouvent un cheminement vocationnel vers l’enseignement ou le soin des enfants. S’ils respectent certains critères, ils peuvent obtenir une mention d’engagement étudiant sur leur bulletin, au terme de leur participation. Ce ne sont pas tous les tuteurs qui obtenaient cette mention d’engagement, ce qui ne les empêche pas de se réinscrire pour être tuteurs de session en session.

« Ça fait chaud au cœur de voir que l’on donne une chance à des élèves »
Nous avons demandé à Alisha Wissanji si cette expérience l’avait aussi fait grandir. Pour elle, donner à la communauté constitue une responsabilité citoyenne. « Je retire beaucoup d’humilité et d’apprentissages de cette expérience. Ça fait chaud au cœur de voir que l’on donne une chance à des élèves. »

Alisha conduit actuellement une recherche sur les effets que retirent les cégépiens et cégépiennes qui participent à l’École des grands sur leur réussite scolaire, leur persévérance et leur motivation.

 

Rassemblement des harmonies de la CSPI : On joue ensemble

 

Nathalie Baumgartner, coordonnatrice du Service des communications, du Cégep Marie-Victorin.

 

Le projet On joue ensemble  en était en février dernier à sa neuvième année. Projet d’une grande ampleur : il réunit six écoles secondaires et deux écoles primaires de la CSPI; quatre concerts sont présentés par les élèves du secondaire pour 2800 élèves du primaire. Jocelyne Boucher en constitue la bougie d’allumage. Enseignante de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, elle a eu l’idée du projet On joue ensemble. Au début, il s’agissait seulement d’une journée de concert. Nathalie Baumgartner résume les étapes de la réalisation du projet : « L’idée de valoriser la musique auprès de trois niveaux scolaires nous a séduites d’emblée. Au fil des ans, le projet s’est structuré. Un comité mixte formé de trois représentants de la commission scolaire et de trois représentants du cégep coordonne le tout. Jocelyne Boucher assure la coordination avec les écoles participantes de la CSPI, et j’assume la coordination avec les gens du collège. »

Un tel projet met bien sûr à contribution le Département de musique du cégep. La coordonnatrice du département, Nathalie Deschamps, siège au comité et travaille à l’organisation des activités offertes par les étudiants en musique de l’établissement.

Pour les étudiants du cégep
Pour les étudiants et étudiantes du cégep, ça représente deux heures de concert ou d’atelier qu’ils offrent aux élèves du secondaire à la période du dîner durant les deux jours de concerts. Ils parlent de leur expérience, de leur passion, des raisons de leur choix professionnel. « C’est pour eux fort stimulant de partager leur passion musicale, leurs connaissances, d’encourager ces jeunes qui ont un intérêt pour la musique à se voir en musique au cégep. Quelques-uns de nos étudiants actuels ont d’ailleurs participé à On joue ensemble. Le fait d’avoir vécu cette expérience rend ces étudiants plus aptes à animer de tels ateliers. Ils se rappellent leur propre expérience à l’école secondaire. Ils en sont très émus. Le porte-parole de cette année, Alexis Brien-Langevin, est un ancien de la Commission scolaire de la Pointe de l’île qui a participé quatre fois à On joue ensemble. Nos étudiants sont fiers de participer à la motivation des élèves et contents de partager ça avec eux. »

Une source de persévérance scolaire incroyable
Pour les élèves du primaire et du secondaire, le projet est une source de persévérance scolaire incroyable. C’est la raison pour laquelle l’évènement est maintenant inscrit dans la semaine de la persévérance scolaire. « Pour ces jeunes, ça leur permet de se projeter dans un avenir plus loin en musique, observe Mme Baumgartner. Maintenant qu’il y a moins de place pour la musique dans les commissions scolaires, c’est motivant de voir qu’ils peuvent poursuivre des études en musique dans un cégep près de chez eux. La fréquentation d’un grand cégep constitue de ce fait une expérience valorisante. Donner un concert dans une grande salle de spectacle constitue une expérience motivante pour eux. Les étudiants du collège sont des modèles très crédibles pour ces jeunes. »

Une participation de l’Orchestre métropolitain
Cette année, l’Orchestre métropolitain s’est joint au projet. Il a réalisé une vidéo de promotion de la musique. Et deux musiciens de l’orchestre ont participé à deux concerts avec les élèves et les étudiants. « Pour les jeunes, voir deux musiciens de l’orchestre, c’est impressionnant. Ils se sentaient importants. Un autre musicien est venu donner un atelier sur l’heure du dîner pour les élèves du secondaire et les étudiants du cégep. »

Travailler à maintenir la musique vivante
Marie-Victorin offre le programme de musique depuis plus de 35 ans. De plus en plus, la communauté collégiale reconnaît l’activité On joue ensemble  comme un évènement important à titre d’implication dans la communauté. « Nous sommes conscients qu’il y a moins de ressources consacrées à la musique dans les commissions scolaires et que ce phénomène risque de nous toucher à court et moyen terme. Nous travaillons à maintenir la musique vivante et à faire valoir les perspectives d’avenir dans ce domaine », affirme en conclusion Mme Baumgartner.

Entrevues et article réalisés par Alain Lallier, éditeur en chef et édimestre, Portail du réseau collégial du Québec.





 
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