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Les collèges de l'Ontario fêtent aussi leur 50e anniversaire



 

 

 

Un entretien avec Mme Lise Bourgeois, présidente du Collège La Cité à Ottawa

 

 

 

 

 

 

Les cégeps du Québec ne sont pas les seuls à souligner leur 50e anniversaire. Les collèges de l'Ontario souffleront également leurs 50 chandelles en 2017. Qui sont-ils ? Comment se sont-ils développés ? Quelles sont leurs forces et les différences avec les collèges québécois ? C’est de ces questions que Mme Lise Bourgeois, présidente du Collège La Cité, nous a entretenus.

On retrouve en Ontario 24 collèges d’arts appliqués et de technologie (CAAT) dont 22 anglophones et deux francophones (La Cité et Boréal). Le Collège La Cité, situé principalement à Ottawa, existe depuis 26 ans et le Collège Boréal de Sudbury, depuis 20 ans. C’est sous le gouvernement du premier ministre Bill Davis que la première loi des collèges a été adoptée. En 2002, la loi et le règlement ont été amendés afin de préciser la gouvernance et la responsabilisation des collèges. En 2002 toujours, le règlement a aboli la règle des régions et les collèges sont tous devenus des collèges à vocation provinciale abolissant la notion de territoire et permettant ainsi une plus grande mobilité des étudiants entre les collèges.

Une différence importante avec le Québec : l’accès au collège après une 12e année
Une des différences majeures du système des collèges ontariens par rapport à celui du Québec réside dans le fait que les élèves du secondaire sont admis au collège après une douzième année scolaire. Nous parlons ainsi d’accès aux études supérieures, soit collégiales ou universitaires, selon le choix de parcours professionnel effectué.

La plupart des programmes des CAAT sont d’une durée d’un ou deux ans. Les collèges offrent également des programmes de trois ans et des baccalauréats. À titre d’exemple, La Cité offre un baccalauréat spécialisé en biotechnologie qui a permis au collège de prendre de l’expansion dans le domaine de la recherche appliquée. Les règles de la recherche pour les collèges exigent la production d’un nouveau produit. La recherche doit être menée avec une entreprise, en collaboration avec un chercheur et avec la participation d’étudiants.

Les collèges relèvent du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle (MESFP). « On parle en Ontario de " collèges communautaires " afin de répondre dans un premier temps aux besoins de l’employabilité et du marché de l’emploi de nos régions et de nos communautés, mais également aux besoins du marché de l’emploi dans des domaines spécifiques à l’échelle de la province », d’expliquer Mme Bourgeois.

Des collèges plus gros avec plusieurs campus
Avec 12 millions d’habitants, l’Ontario compte 24 collèges. Le Québec en compte 48 pour 8 millions de citoyens. Nous comprenons ainsi pourquoi les collèges Ontariens sont souvent de taille importante et se déploient sur plus d’un campus. Par exemple le Humber College à Toronto compte 22 145 étudiants et étudiantes (équivalents temps complet [ETC]) et le Seneca College à Toronto, 21 583 étudiants ETC. Les plus petits collèges : Northern College : 1170 et le Collège Boréal : 1648 ETC. Chaque année, plus de 500 000 étudiants et clients sont desservis par les collèges d’arts appliqués et de technologie de l’Ontario. De ce groupe, plus de 200 000 sont des étudiants à temps plein.

À l’automne 2016, 58 % des nouveaux étudiants fréquentant un établissement postsecondaire de l’Ontario étaient inscrits à un collège. Les collèges ont ainsi une force d’attraction plus grande que les universités pour les élèves sortants ou diplômés du secondaire.

« Le Collège La Cité comprend trois campus et deux satellites. Comme la population étudiante est en décroissance, le Ministère ne permet plus le développement de campus depuis quatre ans et exige également que soit évité le dédoublement de l’offre pour la même région. La formule de campus et de points de service permet ainsi d’être là où sont les besoins ; ce qui nous donne la capacité de bouger rapidement afin de répondre aux nouveaux besoins de nos clientèles ou du marché », explique Mme Bourgeois.

Des frais de scolarité exigés
Une autre différence majeure entre les systèmes québécois et ontarien : pour être admis dans un collège en Ontario, les étudiants doivent payer des frais de scolarité annuels de l’ordre de 2000  à 3000 dollars. Les frais peuvent varier selon la lourdeur du programme requérant à titre d’exemple des laboratoires en santé ou en biotechnologie.

La formation continue en croissance
La formation continue occupe également une place d’importance dans les collèges ontariens. Mme Bourgeois précise que « de plus en plus, les étudiants sont des adultes qui ne proviennent pas directement de l’école secondaire. Certains sont à la recherche d’une deuxième carrière, d’autres effectuent un retour aux études après un séjour sur le marché du travail suite à leurs études au secondaire. Ils viennent ainsi chercher des crédits ou parfaire des formations. Le marché du travail changeant tellement vite, les technologies deviennent rapidement désuètes, cette clientèle est donc grandissante dans les collèges ».

Une présence importante d’étudiants étrangers
Les collèges ontariens accueillent un nombre appréciable d’étudiantes et étudiants étrangers. Plus de 42 000 étudiants internationaux étaient inscrits dans les collèges de l’Ontario en 2016. Les collèges de Toronto reçoivent de grandes cohortes d’étudiants en provenance de l’Inde et de la Chine qui souhaitent étudier dans le domaine des nouvelles technologies. Dans les collèges francophones, les étudiants proviennent surtout de l’Afrique, de la Belgique, de la France et d’Haïti.

Offre-t-on de la formation générale ?
Comme les étudiants admis dans les différentes formations ont complété une 12e année au secondaire, ils ont le choix par la suite d’aller à l’université ou au collège. Les programmes des CAAT sont plus largement axés sur les compétences reliées à l’emploi. Ils offrent par contre des cours de langues associés au domaine d’apprentissage choisi par l’étudiant et des cours de formation générale pour certains programmes dans les thèmes suivants : les arts et la société, le citoyen, le social et le culturel, la croissance personnelle, et la science et la technologie.

Les CAAT peuvent décerner des grades universitaires
Les collèges ontariens sont également autorisés à décerner des grades universitaires sans être nécessairement associés à une université. Nous parlons ici d’un baccalauréat du collège. Le programme doit cependant être approuvé et répondre aux exigences du Ministère selon des normes de qualité prédéfinies. « Nous concluons cependant de plus en plus d’ententes d’arrimage avec des universités qui permettent à l’étudiant de ne pas refaire certaines formations. Les universités reconnaissent certains crédits. Nous avons aussi une formule 2 + 2, à savoir une double accréditation, par exemple en relations publiques/communications, qui peut être complétée en deux ans au collégial et deux ans à l’université, ou vice-versa. En quatre ans, l’étudiant  obtient ainsi deux diplômes. »

Des indicateurs de rendement clés (IRC) annuels
Depuis 1998, le gouvernement de l'Ontario demande aux collèges de recueillir et de transmettre les données sur leur rendement ayant trait à cinq domaines : satisfaction des diplômés, satisfaction des étudiants, satisfaction des employeurs, taux d'emploi et taux de diplomation. La satisfaction des étudiants est calculée par rapport à leur perception de la pertinence de leur programme, la qualité des apprentissages, les services et les ressources physiques. Les diplômés sont, quant à eux, interrogés six mois après l’obtention de leur diplôme. Recueillis sous forme de sondages par une entreprise de recherche indépendante, les résultats des IRC font état de la satisfaction des étudiants, des diplômés et des employeurs. (Voir les résultats sur le site du Ministère)

Des collèges proches du monde des entreprises
Une des caractéristiques des collèges ontariens réside dans leur proximité avec les entreprises. « Nous pourrions presque affirmer que nous sommes collés sur le monde des affaires et des entreprises, de dire Mme Bourgeois.  Chaque programme doit avoir un Comité consultatif d’employeurs afin d’assurer l’arrimage de l’offre de programmes avec le marché de l’emploi. Cela nous permet d’ajuster fréquemment nos programmes afin qu’ils répondent au marché du travail. Lorsqu’un programme n’est plus en demande ou si la clientèle n’est pas au rendez-vous, le conseil d’administration du Collège peut le suspendre temporairement ou de façon permanente. »

Un réseau de collèges en demande au niveau du financement
« En Ontario, le réseau des collèges ontariens reçoit le plus bas taux de financement, inférieur à celui des autres provinces. Les collèges demandent que leur financement soit augmenté afin de répondre à la demande croissante. Nous souhaitons également des modifications dans le processus de l’approbation des programmes afin qu’il (le processus) soit plus adapté aux nouvelles réalités. La diversité des clientèles provenant de l’international ou présentant des besoins spéciaux commande des financements additionnels. Il nous faut donc mettre en place de nouveaux services adaptés aux besoins des étudiants », affirme Mme Bourgeois.

Des échanges avec les collèges du Québec
Pour les deux seuls collèges francophones de l’Ontario, les contacts avec leurs collègues du Québec et leurs collègues francophones des autres provinces oeuvrant en milieu minoritaire s’avèrent précieux. Madame Bourgeois participe aux activités de divers regroupements à l’échelle canadienne, notamment à celles du Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada [RCCFC] et de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne , dont elle est la coprésidente. « Nous développons et élaborons plusieurs projets avec les collèges francophones québécois. Nous faisons conjointement des demandes de financement afin d’augmenter la capacité des établissements francophones en termes de ressources pédagogiques. C’est un réseau avec lequel nous travaillons étroitement. »


Dossier préparé par Alain Lallier, éditeur en chef, Portail du réseau collégial

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