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Le SRAM, un organisme efficace et apprécié !



 Une entrevue avec M. Bernard De Serres,  nouveau directeur général du SRAM

Entré en fonction depuis le premier juillet, Bernard De Serres prend la direction générale de l’organisme qui gère les demandes d’admission depuis 1973. En 38 ans d’existence, le SRAM n’a connu que trois directions générales : Monsieur Jean-Pierre Bergeron a assumé cette fonction du début jusqu’en 2002, soit pendant 30 ans suivi de monsieur Gaétan Faucher qui a pris la relève et vient de prendre sa retraite le 1er juillet dernier. Ce qui témoigne d’une grande stabilité. On constate cette même stabilité au niveau du personnel.


M. De Serres n’est pas un nouveau dans l’organisme et dans le réseau collégial. Il a débuté au SRAM en février 2007 comme coordonnateur de l’admission et de la gestion du dossier pour devenir par la suite directeur du service de l’admission jusqu’en juillet 2011. Auparavant, il a travaillé dans plusieurs collèges tant à titre d’enseignant que d’aide pédagogique.  Il a de plus assumé les fonctions de registraire au Collège Édouard-Montpetit et au Collège Ahuntsic.

Un service d’admission qui déborde largement la région

Le « SRAM », Service régional d’admission du Montréal métropolitain, couvre un territoire beaucoup plus large que celui de la région de Montréal, explique monsieur De Serres: « À sa création, le SRAM est né du regroupement de 14 collèges de la région immédiate de Montréal. Aujourd’hui, 33 établissements en font partie. Le territoire s’étend de l’Abitibi jusqu’à Sherbrooke, Drummondville, de Shawinigan jusqu’à l’Outaouais. On couvre une très vaste partie du territoire québécois débordant ainsi largement Montréal et sa banlieue. D’autres organismes que les cégeps utilisent nos services d’admission, par exemple : l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe et le Campus Macdonald de l’Université McGill. »

Les cégeps de Montréal débordent

Les médias ont fait état que des étudiants avaient de la difficulté à trouver une place dans les cégeps de Montréal pour la rentrée. Comment expliquer cette situation? «  Si on regarde les données démographiques, on constate qu’autour de 2008, il y a eu une pointe démographique de jeunes en âge de fréquenter le collégial.  À cette époque, les collèges ont admis beaucoup d’étudiants. Bien que par la suite il y ait eu une légère décroissance du nombre de jeunes en âge de fréquenter le cégep, la répartition géographique n’est toutefois pas uniforme. Cette décroissance ne s’est donc pas traduite par une diminution du nombre de demandes dans la région de Montréal. En même temps est arrivée la crise économique. Dans ces périodes, on constate toujours un mouvement de retour aux études.

Par ailleurs, les collèges doivent respecter un devis pédagogique fixé par le ministère qui les limite dans le nombre d’étudiants qu’ils peuvent admettre. Si le collège dépasse le devis ministériel, il se voit exposé à des pénalités financières. On peut ainsi comprendre les réticences des collèges à  dépasser leur devis de clientèles. Il y a eu des négociations entre les collèges et le ministère en vue de trouver une solution. Pour cette année, le ministère a suspendu la pénalité financière. Résultat :  certains étudiants pourront se trouver une place avant le début des classes».

Quels sont les programmes qui ont la faveur des étudiants ?

 

Même si l’analyse des données pour les demandes d’admission pour 2011 n’est pas complètement colligée, Bernard De Serres dégage un certain nombre de tendances: «  Parmi les programmes qui attirent plus de candidats qu’il n’y a de places disponibles,  communément appelés programmes “contingentés”, trois domaines se démarquent. D’abord le domaine des techniques de la santé : soins infirmiers, radiodiagnostic, médecine nucléaire, radio-oncologie, techniques de denturologie, réadaptation physique... À la fin du premier tour, plusieurs programmes sont fermés et beaucoup de candidats sont refusés pour manque de places. Ils ont de bons dossiers, des dossiers admissibles, mais les collèges prennent les meilleurs candidats selon leurs critères de sélection. »

Dans le domaine des techniques humaines, il y a une forte demande pour les programmes de techniques policières (2667 demandes en 2010 pour 483 admis); techniques de sécurité incendie; techniques de travail social, technique d’intervention en délinquance (728 demandes pour 376 admis).

Dans le domaine des arts, les programmes de dessin animé, techniques d’animation 3D et synthèse d’images (413 demandes pour 84 admis), techniques d’intégration multimédia (572 demandes et 349 admis) attirent un bon nombre de demandes.
Pour le domaine des techniques physiques, où beaucoup d’emplois sont disponibles et une pénurie de main-d'œuvre est appréhendée pour les prochaines années, on constate une certaine stabilité du nombre de demandes depuis 2009, sinon une légère hausse ce qui constitue une amélioration par rapport aux années précédentes.

Le taux d’accès au collégial se maintient avec une avance significative des filles

Dans son dernier rapport annuel, le SRAM constate que le taux d’accès au collégial demeure relativement stable (à tout âge; le taux est exprimé par rapport à l’ensemble de la population) : de 58% en 2004 à 64 % en 2009. M. De Serres explique : «  Il y avait eu une baisse dans les années 1997 à 2004 environ, mais nous avons retrouvé le niveau d’avant 97. Depuis quelques années, ça ne bouge pas beaucoup. L’écart entre les gars et les filles se maintient depuis 2002 ;  74 % de filles accèdent aux études collégiales versus 55% pour les garçons. 

Les candidats internationaux augmentent

Depuis 2006, le SRAM reçoit de plus en plus de candidatures internationales. Le nouveau directeur général du SRAM tient à rappeler que cela résulte entre autres  d’une volonté gouvernementale d’accroître la présence du Québec sur la scène internationale motivée par  la pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs. Le SRAM, tout comme les autres Services régionaux (SRACQ, SRASL), a investi ce dossier à la demande des collèges et accru ses efforts de recrutement sur la scène internationale. Depuis 2006, il y a une hausse constante de demandes d’admission. De 927 demandes en 2006, on est passé à 2097 demandes en 2010. Le nombre d’admis est aussi en hausse : 828 admis en 2010.

Il est important de noter que les places offertes aux étudiants internationaux ne touchent pas tous les programmes. Les collèges ont une offre pour les étudiants étrangers qui est restreinte par rapport à celle qui est faite aux étudiants du Québec Les programmes où le nombre de demandes excède le nombre de places disponibles ne sont généralement pas offerts aux candidats internationaux. Il faut bien constater que le nombre d’admis demeure cependant relativement minime par rapport à l’ensemble. Pour l’automne 2011, pour l’ensemble des collèges du SRAM, il y 61,720 candidats admis. Les 828 étudiants internationaux admis représentent donc un faible pourcentage du nombre total. 

Des outils de recherches pour les collèges

Par delà ses services d’admission, le SRAM a toujours poursuivi des activités de recherche sous deux volets. Un premier volet en support aux collèges : le système PSEP permet de suivre le comportement de cohortes d’étudiants admis et le système DÉFI permet de forer plus en détail des problèmes éventuels qu’un collège aurait pu identifier à l’intérieur d’une cohorte. Ces outils permettent de cibler certains problèmes particuliers reliés à la réussite. Le SRAM offre ainsi un service de soutien professionnel aux collèges.

Le deuxième volet de recherche permet de travailler sur des problèmes plus spécifiques : chaque année, le SRAM produit des tableaux statistiques sur le pourcentage de réussite en première session, le taux de réinscription en 3e session, la persévérance des étudiants et le taux de diplomation.

“Les étudiants du renouveau sont-ils  mieux préparés ou non aux études collégiales que les étudiants d’avant la réforme? ».

Les étudiants du renouveau sont entrés au collégial en août 2010. La question sur toutes les lèvres : “les étudiants sont-ils  mieux préparés ou non à entreprendre des études collégiales que les étudiants d’avant la réforme? ». Bernard De Serres explique que l’on pourrait être tenté de regarder les statistiques de la première année et d’en tirer des conclusions. Selon lui, il serait prématuré de le faire. Pour tirer des conclusions, il faut un échantillonnage plus étendu. Une seule cohorte ne suffit pas. Le SRAM va suivre  ce dossier avec beaucoup d’attention. “On ne peut pas tirer de conclusions avant d’avoir observé  plusieurs cohortes”.

Les secrets de la cote de classement

Le SRAM établit une cote de classement pour chacun des dossiers d’admission qui lui est soumis. Il est impossible pour un élève ou des parents, de calculer cette cote. Par contre, le conseiller d’orientation du secondaire peut aider le candidat à comprendre quelles sont les pondérations qui sont appliquées à ses résultats pour l’aider dans son choix de programmes. Dans le calcul de la cote finale, plusieurs éléments entrent en ligne de compte.  La note d’un cours est pondérée par rapport à la moyenne du groupe. Une deuxième pondération prend en compte les cours choisis par l’étudiant tels les cours de mathématique, de chimie, de physique. Plus les cours sont exigeants, plus importante sera la pondération appliquée à ses résultats.

Le collège identifie des matières plus importantes pour un programme qui seront donc pondérées positivement. Ex. en sciences de la nature, les préalables en mathématique, chimie et physique sont ciblés.  La langue d’enseignement est toujours prise en compte dans la pondération. “On sait qu’un étudiant qui réussit bien en français va généralement bien performer dans les autres matières” le nombre d’unités réussies par l’étudiant contribue également à la pondération de la cote. Normalement, l’étudiant suit 36 unités en secondaire IV et 36 unités en secondaire V. L’étudiant qui prend plus d’unités verra sa cote bonifiée en conséquence. “La cote finale reflète les chances de réussite de l’élève en première session. Plus la cote est élevée, plus l’étudiant a des chances de bien réussir sa première session, l’inverse étant également vrai. Les collèges apprécient beaucoup cet outil précieux dans le choix des candidats”.

Les conseillers d’orientation du secondaire communiquent avec le SRAM pour obtenir les informations nécessaires à la bonne compréhension de cette mécanique. Chaque année, le SRAM organise aussi un événement intitulé Rencontres secondaire-cégep où des ateliers et conférences sur des aspects plus techniques liés à l’admission sont présentés.

Les guides pratiques d’études

Le SRAM publie annuellement deux guides : Le Guide pratique des études collégiales au Québec (20 000 copies) et le Guide pratique des études universitaires au Québec (15 000 copies). Le premier touche tous les programmes du Québec autant ceux des collèges publics que privés  sur tout le territoire québécois. “C’est vraiment un document de référence pour le jeune qui veut passer du secondaire au collégial, mais aussi pour le jeune adulte qui veut réintégrer les études collégiales”

La demande d’admission est maintenant entièrement électronique

Le site Web du SRAM (http://sram.qc.ca) est aussi une autre source d’information. Une nouvelle mouture est arrivée l’an dernier. Il y a aussi un site d’admission où l’étudiant remplit sa demande d’admission. “Il faut comprendre que la demande n’est plus papier. La demande se fait par internet en ligne. Depuis l’hiver 2007, la demande est entièrement électronique. Il n’y a plus de formulaire papier. Les étudiants pourront utiliser une nouvelle version encore plus conviviale au cours de  la prochaine année»  soutient Bernard De Serres. La plupart des étudiants n’ont pas à fournir de documents, ni acte de naissance, ni bulletins. Maintenant les résultats viennent directement des banques de données du ministère. Les résultats de l’année courante sont transmis directement par les commissions scolaires. Une bonne nouvelle pour les étudiants : les frais de la demande d’admission passeront de 35$ à 32$ pour 2012 . La masse critique des demandes gérées par le SRAM permet de maintenir les frais et même de les diminuer. Le SRAM autofinance ses activités et ne reçoit pas de subventions récurrentes du ministère.

Une organisation souple et efficace

Le SRAM possède un comité aviseur de registraires de collèges. Ce comité donne des avis au Conseil d’administration composé de 7 directeurs des études des collèges membres et du directeur général du SRAM. Ce conseil est chapeauté par une assemblée générale où siège chacun des directeurs des études des collèges membres. Madame Sylvie  Le Sieur du collège de Shawinigan préside le conseil d’administration.

Bernard De Serres prend la direction d’une organisation bien rodée, efficace et appréciée tant par les étudiants que par les collèges.  Souhaitons-lui un bon mandat.

Entrevue réalisée par Alain Lallier, le 16 août 2011.





 
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