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L’admission vue par le SRAM : les grandes tendances de l’automne 2019




Par Élise Prioleau

Quels programmes ont été les plus populaires auprès de la nouvelle génération de cégépiens? Les techniques informatiques sont-elles toujours aussi courues ? Comment se portent les programmes préuniversitaires ? L’écart entre les demandes d’admission féminines et masculines continue-t-il de se creuser ? Bernard De Serres, directeur du Service régional d'admission du Montréal métropolitain (SRAM), nous offre en primeur les grandes tendances de la rentrée.

  Bernard De Serres, directeur du SRAM

 

Les 71 703 candidats qui ont soumis une demande d’admission dans l’un ou l’autre des 32 cégeps membres du SRAM étaient un peu moins nombreux que l’an dernier. Il s’agit d’une diminution de près de 1000 demandes par rapport à 2018. « Entre 2011 et 2019, cela représente une baisse d’environ 7 000 candidatures. Par ailleurs, le ministère avait annoncé il y a environ dix ans une baisse démographique chez les jeunes du secondaire », explique Bernard De Serres, directeur du SRAM.

Depuis trois ans, la baisse du nombre de candidats s’est aussi fait sentir chez les candidats plus âgés, qui représentent près de 40 % de la clientèle. « Lorsque l’économie se porte bien pendant une période assez longue, on remarque souvent qu’il y a moins de candidats en provenance du secteur adulte du secondaire, du secteur universitaire ou encore du marché du travail pour un retour aux études. »

 

« À l’automne 2019, 60 653 candidats ont été admis dans le cadre des trois tours, ce qui représente 84,6% de l’ensemble des candidats. »
-Bernard De Serres, directeur du SRAM

 

Les programmes les plus populaires en 2019

Les programmes techniques offerts dans les cégeps du SRAM attirent un peu plus de la moitié des candidats. 52 % d’entre eux ont choisi une technique à l’automne 2019. Ce sont d’ailleurs dans les techniques humaines et dans le secteur de la santé que l’on retrouve le plus grand nombre de refus au 1er tour. C’est le cas notamment en Techniques policières, Techniques de santé animale, Techniques d’éducation spécialisée, Techniques de travail social, Techniques d’intervention en délinquance, Techniques d’hygiène dentaire, Techniques de radiodiagnostic et Techniques de soins hospitaliers d’urgence. À cette liste s’ajoutait cette année le programme de Technologie de l’échographie médicale, un tout nouveau programme offert au Collège Ahuntsic qui était très en demande et dont les places étaient limitées. Un fait a retenu notre attention: bien que le programme de Techniques policières demeure un programme très convoité, le nombre de demandes a chuté de près de 35 % depuis 2010.

« Les techniques de l’informatique, de gestion de commerces et de comptabilité de gestion connaissent une forte croissance depuis 10 ans, malgré la baisse des demandes dans l’ensemble des programmes collégiaux. »
- Bernard De Serres, directeur du SRAM

 

Des baisses d’admission qui inquiètent

En 2019, les demandes d’admission au programme Soins infirmiers étaient encore en baisse. En 10 ans, il s’agit d’une diminution de près du quart des demandes. Alors que des refus pour manque de places ont été enregistrés aux trois tours dans certains cégeps de la métropole, des places sont demeurées vacantes en région.
« Cette situation en soins infirmiers est préoccupante », selon Mr. De Serres. « Il s’agit d’un domaine important de la société dans lequel il y a de nombreux postes à combler », plaide-t-il. « Ce qu’on entend dans les médias concernant les conditions de travail, la lourdeur de la tâche et les longues heures de travail n’aide pas au recrutement », conclut-il.

Autre baisse significative : le programme préuniversitaire de Sciences humaines qui est passé de 17 518 demandes à 14 853 entre 2012 et 2019. Les programmes préuniversitaires en art ont aussi connu une diminution assez constante dans la dernière décennie. Par contre, en Sciences de la nature, les demandes se maintiennent autour de 9 000 par année, une situation relativement stable.

 

Réduction de l’écart entre les sexes

En 2019, les 32 cégeps membres du SRAM ont admis 8 067 femmes de plus que d’hommes. Un écart qui tend à se résorber. En comparaison, elles étaient 10 067 de plus que les hommes en 2013. Par ailleurs, le SRAM s’implique activement pour attirer les étudiants de sexe masculin. « Une campagne de sensibilisation sur les médias sociaux sera lancée ce mois-ci », dévoile Mr. De Serres.

Les secteurs qui attirent une majorité d’hommes ou de femmes demeurent les mêmes, selon les statistiques du SRAM. Les techniques humaines et biologiques attirent plus de 80 % de femmes. Les hommes, quant à eux, sont davantage intéressés par les techniques physiques, par exemple génie civil ou mécanique du bâtiment. « Même si des initiatives existent pour favoriser une plus grande mixité dans ces programmes genrés, il reste beaucoup de travail à accomplir », conclut Mr. De Serres.

 

Dossier préparé par Mme Élise Prioleau, rédactrice au Portail.



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