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Innovation sociale, créativité et échange avec la collectivité : le Cégep de Chicoutimi réinvente le modèle collégial



 

 

 

André André Gobeil, directeur du Cégep de Chicoutimi.

 

 

Un texte d’Élise Prioleau, rédactrice au Portail du réseau collégial

Lors de ses portes ouvertes le 26 janvier dernier, le Cégep de Chicoutimi a offert aux futurs étudiants et étudiantes ainsi qu’à la population du Saguenay Lac-Saint-Jean une expérience inédite dans le monde québécois des collèges : un jeu d’énigmes à saveur historique au cours duquel les participants et participantes découvraient des programmes du cégep. Un événement qui témoigne de la volonté de l’administration de repenser l’ancrage du collège au cœur la collectivité.

« Nous avons relevé le défi ! », se réjouit Vanessa Gaudreault-Frias, conseillère en communication au Cégep de Chicoutimi, qui estime à 350 le nombre de visiteurs aux portes ouvertes cette année, soit 100 de plus que l’an dernier. Ce succès s’explique notamment par l’organisation d’un jeu grandeur nature autour du thème L’énigmatique disparition du chanoine Laliberté, en collaboration avecl’Escaparium de Saguenay, une entreprise spécialisée dans les jeux immersifs.

Un clin d’œil à l’histoire
Les catacombes du cégep, sous-sol qui donne accès aux fondations qui datent de la construction du Séminaire de Chicoutimi en 1873, étaient le lieu idéal pour plonger dans l’histoire de notre collège, raconte Vanessa Gaudreault-Frias. À travers les trois scénarios qui représentaient des domaines d’études, les 75 personnes participant au jeu devaient trouver la clé de l’énigme de la disparition fictive du chanoine Jean Paul Laliberté, le premier directeur général du collège de 1967 à 1971 et fondateur de l’école de pilotage du Cégep de Chicoutimi.

Crédit photo: Le Quotidien

« Les participants devaient visiter la chambre, le bureau et la classe reconstitués du Chanoine afin de trouver des indices, explique la conseillère en communication. Des indices, comme autant de prétextes pour mieux faire connaître certains programmes d’études. Par exemple, relate Vanessa Gaudreault-Frias, l’observation de parasites dans un microscope ou la rencontre d’une carte du Centre québécois de formation en aéronautique nous ont permis de présenter nos programmes de technologie d’analyse biomédicale ou de foresterie. »

Créer des liens humains
L’approche ludique proposée par le Cégep de Chicoutimi a permis de rejoindre un public nouveau et diversifié, selon la conseillère. « Notre but était de faire parler du cégep positivement dans la collectivité pour mieux le faire découvrir à des citoyens qui autrement ne se seraient pas présentés aux portes ouvertes. »

Crédit photo: Le Quotidien

Pour mettre sur pied ce jeu d’évasion, le département de communications du cégep a mis en branle « un travail de recherche colossal », comme l’évoque Vanessa Gaudreault-Frias. « Pour créer la mise en scène, nous avons rassemblé des objets anciens, des microscopes des années 1960, des bocaux de formol anciens et des cartes d’époque, notamment. À notre grande satisfaction, plusieurs enseignants et enseignantes des programmes représentés dans le jeu ont contribué à débusquer des objets d’époque dans les locaux de leurs départements, en plus de tester le jeu en équipe la veille de l’événement. »

Si l’organisation du projet a permis de créer un climat d’entraide au sein du personnel, il a aussi eu l’effet de créer des rapprochements entre le collège et certaines institutions locales. « Le Monastère des Augustines nous a prêté des meubles anciens, relate la chargée de communication. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) nous a fourni des livres anciens, des archives et même un vieux jeu de psychologie pour meubler une bibliothèque. »

Réinventer le cégep
L’organisation des portes ouvertes a été l’occasion de créer des liens avec différents membres de la communauté dans laquelle s’inscrit le cégep, un principe qui est au cœur de l’orientation nouvelle que souhaite se donner le collège.

Un cégep au service des personnes et de sa communauté est le titre du plus récent plan stratégique du collège. « Il représente bien l’idéal qui nous inspire », affirme André Gobeil, directeur du Cégep de Chicoutimi. Un idéal inspiré par le modèle de gestion School at the service mis en œuvre notamment en Finlande par l’Université technologique, de commerce, de design et d’architecture Aalto, évoque monsieur Gobeil. « Nous partageons avec le modèle émergent de cette université européenne une même vision de l’institution d’enseignement en tant qu’espace d’échanges avec le reste de la société. »

Cette volonté de tisser davantage de liens avec la collectivité prend notamment la forme de services offerts à la population, comme le décrit le directeur. « Nous offrons entre autres des services en soin de santé gratuits ou à prix très réduits en hygiène dentaire, en physiothérapie et en inhalothérapie, énumère-t-il. Nous avons aussi un service de rénovation résidentielle intégré au département d’architecture. » 

À travers cette approche, la direction du collège entend faire du cégep un agent de développement impliqué dans son milieu, non seulement auprès des citoyens, mais aussi auprès des entreprises ainsi que des organismes communautaires et publics.

Faire face à la baisse démographique
Si les méthodes innovantes qui commencent à émerger au sein de l’administration du Cégep de Chicoutimi visent à séduire les étudiants et étudiantes des autres régions de la province et même ceux de la francophonie à l’international, elles sont aussi développées pour faire face au défi local que pose la baisse démographique au Saguenay Lac-Saint-Jean. Certes, la réalité est préoccupante, admet le directeur, car « la baisse actuelle de clientèle a un impact sur nos revenus et sur la diversité des services que nous sommes en mesure d’offrir ».

Pour faire face à ce défi et inverser la tendance, l’administration du collège a choisi de « faire preuve de créativité et de trouver des manières nouvelles de se mettre au diapason des besoins des jeunes et du monde actuel en évolution rapide ».

Le cégep est un vecteur de développement économique essentiel pour l’essor et la croissance d’une région, explique André Gobeil, qui considère essentiel de travailler main dans la main avec les acteurs économiques de la région. Parmi les initiatives qui permettent au cégep de créer des ponts avec le secteur économique, un cours de psychologie est donné dans les locaux d’entreprises installées au Saguenay. « Dans la classe, des employés en génie civil côtoient des étudiants du même domaine, cite le directeur. C’est une autre manière de repenser la classe en la déplaçant au cœur de la vie collective », et ajouterons-nous, de faire rayonner la culture générale.



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