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Prévention de la radicalisation violente et vivre-ensemble : un défi collectif



 

Un texte préparé par l'équipe du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV)

Le premier organisme à but non lucratif en Amérique du Nord ayant comme mandat la prévention des phénomènes de radicalisation menant à la violence.

Créé en 2015 par la Ville de Montréal avec le soutien du gouvernement du Québec et la mobilisation de ses partenaires communautaires et institutionnels, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) est le premier organisme à but non lucratif en Amérique du Nord ayant comme mandat la prévention des phénomènes de radicalisation menant à la violence, ainsi que l’accompagnement des individus touchés par cette réalité : personnes en situation de radicalisation, proches, amis, intervenants de première ligne ou encore membres de la communauté.

Distinction importante qu’il convient de faire entre  "radicalisation" et "radicalisation violente"

Le CPRMV définit la radicalisation comme un « processus selon lequel des personnes adoptent un système de croyances extrêmes – comprenant la volonté d’utiliser, d’encourager ou de faciliter la violence – en vue de faire triompher une idéologie, un projet politique ou une cause comme moyen de transformation sociale ». En effet, le CPRMV insiste sur la distinction importante qu’il convient de faire entre « radicalisation » et « radicalisation violente ». Toute radicalisation ne mène pas nécessairement à un aboutissement violent. Par conséquent, il apparaît primordial de ne pas traiter toute prise de position divergente ou opinion radicale rejetant le statu quo comme étant a priori négative ou dangereuse. La radicalisation ne devient un problème collectif que lorsqu’elle conduit les individus à faire le choix de favoriser ou d’avoir recours à la violence pour faire valoir leurs idées ou sa vision du monde.

Favoriser la prévention en amont des tous les phénomènes de radicalisation violente à l’échelle du Québec

Parce qu’elle remet en jeu les règles du vivre ensemble, la radicalisation menant à la violence se pose aujourd’hui comme un enjeu collectif qui ne peut se contenter d’un traitement policier ou sécuritaire. Ancrée dans une perspective préventive, le CPRMV a pour mission de favoriser la prévention en amont des tous les phénomènes de radicalisation violente à l’échelle du Québec, et ce indépendamment qu’ils soient de nature politico-religieuse, d’extrême-droite, d’extrême-gauche ou associés à une cause unique (anti-avortement, anti-femmes, citoyens souverains, etc.).

Recherche, prévention et intervention

Afin de remplir cette mission, le CPRMV s’appuie sur le savoir-faire d’une équipe multidisciplinaire, mais, surtout, sur ses relations avec l’ensemble de la communauté et différentes institutions partenaires. Structuré autour de trois modules — recherche, prévention et intervention – le CPRMV travaille au développement et à la mise en œuvre d’une gamme complète de mesures préventives.

La création d’une série d’outils

Depuis son inauguration, le CPRMV s’attache à développer une expertise de pointe en matière de prévention de la radicalisation. Cette expertise s’est déjà traduite par la création d’une série d’outils (incluant le « baromètre des comportements ») destinés aux acteurs de terrain (travailleurs sociaux, enseignants, policiers…), mais également rendus disponibles à l’ensemble de nos concitoyens.
À côté de ces outils, le CPRMV développe également une série de formations qui visent à mieux outiller les acteurs de première ligne face aux phénomènes actuels de radicalisation. Prévenir la radicalisation passe en premier lieu par la formation de ceux qui peuvent, chaque jour et au quotidien, exercer une vigilance bienveillante face aux signes précoces de la radicalisation.

Collectivement, tous les membres de la société québécoise (parents, éducateurs, professionnels, etc.) ont une responsabilité quant à la prévention des phénomènes de radicalisation menant à la violence et de leurs causes. En effet, un ensemble de circonstances sociopolitiques et socioaffectives peuvent façonner certaines situations de malaise social ou identitaire, pour certains individus – en particulier les plus jeunes – plus fragiles que d’autres psychologiquement, socialement ou en raison d’épisodes de vie parfois difficiles. C’est souvent à l’entrecroisement de ce malaise social/identitaire et des parcours de vie individuels qui peut se produire une remise en question par l’individu, de sa place au sein de la société et de son adhésion aux valeurs collectives du vivre-ensemble.

Les milieux scolaires ont un rôle crucial à jouer.

Face à ces questionnements, ces demandes de réponses ou encore un besoin, parfois légitime, de contester de l’ordre établi, il convient que l’ensemble des membres de la société québécoise puisse rappeler les règles du vivre-ensemble. Il s’agit d’envisager le projet du vivre ensemble non pas comme une utopie irréalisable, mais plutôt comme un projet de société sans cesse renouvelée qui passe par un effort conscient et collectif de créer des espaces de dialogues et de discussions, le tout dans le respect mutuel et dans l’acceptation de chacun.

Dans cette perspective, les milieux scolaires ont un rôle crucial à jouer. Ils doivent travailler à la fois à prévenir les conditions de naissance des phénomènes de radicalisation en renforcement les principes du vivre-ensemble, mais également à mieux s’outiller afin de prendre en charge les situations de radicalisation qui le nécessitent. Le CPRMV a été créé afin de pouvoir développer en partenariat avec eux les mécanismes, les stratégies et les outils qui permettront à tous les établissements scolaires du Québec de rendre effectives leurs actions en matière de prévention de la radicalisation.



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