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Les jeunes en marche pour le climat



       

Un texte de mesdames Catherine Gauthier Directrice générale | Executive Director et Andréanne Brazeau , d'ENvironnement JEUnesse

Alors que la planète s’est déjà réchauffée d’un degré par rapport aux niveaux pré-industriels, que les négociations climatiques internationales offrent peu de solutions concrètes et que le Forum économique mondial accueille des dirigeant(e)s en jet privé, l’urgence d’agir face aux changements climatiques se fait sentir plus que jamais. Les initiatives, tant locales que nationales, se multiplient.

En 2018, la jeune militante suédoise Greta Thunberg a inspiré un mouvement de grève climatique aux quatre coins de la planète. Tous les vendredis, elle sèche les cours pour protester pacifiquement devant son parlement. De même, un appel mondial à une grève étudiante a été lancé pour le 15 mars, et le mouvement Earth Strike appelle à une grève climatique mondiale le 27 septembre prochain.

Le mouvement arrive d’ailleurs en force au Québec: les étudiant.e.s de plusieurs établissements ont lancé une campagne provinciale de grève pour le climat.

Les étudiant.e.s du Québec rejoignent un mouvement mondial

L’Université du Québec à Montréal, l’École de technologie supérieure, l’Université Concordia, l’Université McGill, l’Université du Québec à Chicoutimi, l’Université Laval, les cégeps Saint-Laurent, Montmorency, Lionel-Groulx, le Collège de Montréal et d’autres établissements, qui composent le collectif La planète s’invite à l’Université, font front commun pour le climat en lançant un mouvement de grève qui débutera le 15 mars 2019.

Mu par un sentiment mêlé d’angoisse et d’urgence, un groupe d’étudiant.e.s venu.e.s de différents programmes d’études se sont accordé.e.s sur le fait qu’il fallait agir, pour exhorter leurs représentant.e.s (gouvernements et institutions d’enseignement) à réagir face à l’urgence climatique, «parce qu’il est grand temps que l’on prenne les choses en main».

Les demandes du collectif

Le collectif revendique trois demandes principales:

1. Aux gouvernements d’établir un programme d’éducation à l’écologie et de sensibilisation à la crise climatique, en partenariat avec des jeunes citoyens et citoyennes;

2. Aux gouvernements d’adopter une loi climatique forçant l'atteinte des cibles recommandées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius. Le GIEC demande que la réduction des émissions mondiales de CO2 soit de 50% d’ici 2030, que les émissions nettes de CO2 soient de zéro en 2050, et demande également une réduction de près de 50% des émissions de méthane d'ici 2050;

3. Aux institutions d’enseignement une plus grande transparence concernant leurs investissements, le retrait des investissements dans les énergies fossiles et la tenue d’un bilan carbone institutionnel afin de pouvoir cibler les plus grandes sources d’émission de GES en vue de les réduire.

Plus concrètement, le collectif estime que le Québec doit se soustraire à toute forme de projet lié à l’exploitation et au transport d’énergies fossiles sur son territoire, et mettre fin à toute subvention gouvernementale et tout allègement fiscal accordé aux compagnies dont l’activité est liée au secteur des énergies fossiles. Entre 2011 et 2017, ce sont plus de 1,7 milliard de dollars qui ont été investis dans ce secteur par l’État québécois, ainsi que plus de 18 milliards de dollars qui ont été investis par la Caisse de dépôt et de placement du Québec en 2017.

Le collectif dénonce entre autres les projets d’exploitation du gisement Galt Sud-Ouest (par Cuda Pétrole et Gaz  Inc. et sa filiale Junex) et le projet Gazoduq/Énergie Saguenay (GNL Québec). De tels projets entrent non seulement en contradiction directe avec la lutte contre le réchauffement climatique, mais nuisent à la santé des écosystèmes. Le projet Gazoduq Énergie Saguenay menace trois bassins versants et trois territoires ancestraux autochtones, soit le Nitakinan anishinabe, le Nitaskinan atikamekw et le Nitassinan innu, alors que le projet gaspésien menace le territoire ancestral Mi’kmaq. De plus, le tracé du gazoduc et le trajet d’exportation maritime menacent un vaste territoire constituant l’habitat d’espèces menacées telles que le caribou forestier et le béluga du Saint-Laurent.

Une volonté populaire de changements évidente au Québec

Cette annonce des jeunes québécois.e.s s’insère dans une longue série d’initiatives citoyennes d’envergure. Plus de 5,6 millions de citoyen.ne.s ont endossé la Déclaration d'urgence climatique (DUC), via leur municipalité au cours des cinq derniers mois. Plus de 260 000 personnes ont signé Le Pacte pour la Transition qui demande d’adopter un projet de loi pour contraindre le Québec à respecter ses engagements climatiques.

Conformément au mouvement La planète s’invite au Parlement, La planète s’invite à l’Université demande des actions conséquentes à échelle nationale en termes de lutte aux changements climatiques.

Une marche mondiale pour le climat le 15 mars 2019

Afin de faire écho aux grèves locales du vendredi qui se multiplient d’un océan à l’autre, une marche mondiale pour le climat aura lieu le 15 mars 2019, dont le Québec fera partie. Une autre grève mondiale pour le climat s’organise pour le mois de septembre.

Le mouvement québécois rejoint ainsi une campagne lancée au Canada, Fridays For Future Strikes #FFF – ou les Grèves du vendredi pour l’avenir. Des jeunes de Toronto, Ottawa, Edmonton, Vancouver et Victoria et 7 autres villes ne vont plus à l’école une fois par mois pour manifester pour le climat. D’ailleurs, le vendredi 3 mai prochain, une marche canadienne pour le climat aura lieu, alors que les manifestations se dérouleront simultanément d’un bout à l’autre du pays.

Une mobilisation qui se poursuivra jusqu’à l’automne

Le mouvement lancé le 8 février dernier s’inscrit dans un contexte international, où dans plusieurs pays (notamment l’Australie, la Suède, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas), des jeunes ont décidé de ne pas se résigner. Au Québec, La planète s’invite à l’Université tient à accentuer et à étendre la présence étudiante au cœur d’un mouvement social déjà présent, incarné par La planète s’invite au Parlement.

Afin de faire entendre ses revendications, le collectif La planète s’invite à l’Université invite les étudiant.e.s à voter une grève le 15 mars et une grève le 27 septembre 2019. Lors de ces grèves, toute.s les jeunes du Québec seront appelé.e.s à manifester collectivement et pacifiquement.

Contacts et édition, Marie Lacoursière, édimestre pour le Portail du réseau collégial



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