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Les cégeps et l’écodéveloppement institutionnel



Par Robert Litzler, président de l’AQPERE

Bref historique

Dans l’évolution de l’écodéveloppement institutionnel du Québec, le Collège de Rosemont est sans contredit le point de départ, puisque dès 1975 le cours « Pollution, Énergie et Avenir de l’Homme » a marqué la volonté de six enseignants appartenant à des disciplines différentes de développer chez les étudiants un sens critique face à la responsabilité humaine dans la détérioration des écosystèmes de la planète.

Il a toutefois fallu attendre le rapport de la Commission Brundtland (1987) pour prendre conscience que, si le discours avait toujours sa place, l’action était plus propice aux changements souhaités. À l’échelle du Collège de Rosemont, cela signifiait qu’il fallait gérer autrement l’ensemble des activités institutionnelles et se donner des outils pour mesurer les progrès. Ces outils ont pour noms : politique environnementale, comité d’action et de concertation en environnement (CACE), fonds d’intervention en environnement, outils que le collège de Rosemont fut le premier à adopter en 1996. Pendant cette décennie, la reconnaissance de ses efforts a été soulignée par de nombreux prix et distinctions.

En 2010, plus d’une trentaine de cégeps ont une politique environnementale dont l’application est supervisée par un CACE et ont obtenu le statut de Cégep Vert du Québec pour souligner leur engagement dans l’environnement.

Quatre acteurs clés marquent le paysage de l’éducation relative à l’environnement (ERE) au Québec

On ne peut parler d’écodéveloppement institutionnel au Québec sans souligner l’apport majeur de l’AQPERE, de la CSQ, d’ENvironnement JEUnesse et de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement.

L’Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement (AQPERE), qui fête son 20e anniversaire en 2010, est née de la volonté des acteurs qui oeuvrent en ERE de se regrouper pour échanger sur les pratiques, les compétences, les outils pédagogiques développés par les uns et les autres. Le répertoire de l’AQPERE compte aujourd’hui plus de 800 références et est consulté par des milliers d’internautes de l’espace francophone oeuvrant dans ce domaine. L’AQPERE a joué un rôle important dans l’intégration de l’éducation à l’environnement dans la réforme scolaire en cours au Québec.

Le mouvement des Établissements verts Brundtland, né à la suite du Sommet de la Terre de RIO (1992) et qui compte aujourd’hui plus de 1 000 écoles, dont plusieurs cégeps, est le fleuron environnemental de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui tient tous les ans le Carrefour de la citoyenneté responsable et plusieurs sessions nationales de formation destinées aux enseignants. Son rayonnement dépasse largement les frontières du Québec.

La présence d’ENvironnement JEUnesse dans les cégeps est remarquable depuis de nombreuses années. C’est ENJEU qui a créé la certification Cégep Vert du Québec détenue aujourd’hui par plus d’une trentaine de cégeps. La Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement (ERE-UQAM), seule institution de recherche du Canada dédiée à l’ERE, occupe une place privilégiée sur la scène québécoise. Ses travaux de réflexion critique donnent un sens à toutes les actions entreprises sur le terrain par les acteurs en ERE. Le pilotage du récent congrès mondial d’éducation relative à l’environnement qui lui a été confié par le Secrétariat des conférences mondiales en dit long sur la reconnaissance de son expertise en ERE.

Des événements marquants en ERE dans les cégeps du Québec

Pour souligner l’importance de l’intégration de l’environnement dans les activités éducatives des cégeps, l’AQPERE et le Collège de Rosemont ont créé le Concours Pédagogie-Environnement qui en sera à sa 11e année en 2010. La popularité de cet événement n’a cessé de croître au fil des années. L’exposition des réalisations étudiantes, qui aura lieu les 20 et 21 février 2010 au Collège de Rosemont, réunira cette année 37 projets, provenant de 24 cégeps et plus d’une centaine d’étudiants. Cela portera le total des projets à plus de 250, le nombre de cégeps participants à près de 40 et le nombre d’étudiants à plus de 700. Ces passionnés d’environnement sont devenus, grâce à leur travail de recherche, de véritables ambassadeurs des questions environnementales dans la société.

L’année 2010 sera aussi celle du 10e colloque en ERE de Montréal qui aura lieu en novembre à l’école Père-Marquette, première école secondaire Brundtland au Québec. Organisé par l’AQPERE, en collaboration avec de nombreux partenaires, ce colloque attire plus de 500 acteurs en ERE et est considéré par les participants comme la journée de formation par excellence. En cette année internationale de la biodiversité et du rapprochement des cultures, le thème portera sur ces deux aspects.

Le Cégep de Sorel-Tracy sera en mai 2010 l’hôte du 4e colloque sur l’écodéveloppement des institutions d’enseignement du Québec. Ce cycle de colloques, initié par le Collège de Rosemont et l’AQPERE en 2004, réunit le personnel cadre et professionnel des institutions d’enseignement pour mesurer les avancées et les perspectives de l’écodéveloppement institutionnel. Il soulignera cette année les liens avec les acteurs du milieu communautaire.

Le Centre d’innovation pédagogique en sciences au collégial, mieux connu sous le nom de Saut Quantique, dont de nombreux cégeps sont membres, a pris le virage vert en 2008 et présentera au 30e colloque de l’AQPC, au mois de juin 2010 à Sherbrooke, le second « Rendez-vous de l’environnement avec la pédagogie collégiale ». Le fait le plus marquant des projets qui seront présentés est leur intégration dans le curriculum collégial.

Ce qui fait tendance

La prochaine année scolaire marquera l’entrée au cégep des premiers élèves qui auront reçu une formation en environnement sur six problématiques environnementales. Y aura-t-il une continuité dans la formation environnementale au cégep ? Le sondage réalisé en 2009 par deux enseignants du Cégep de Saint-Hyacinthe porte à croire que oui. L’arrimage secondaire-collégial s’amorce. Des recherches sont en cours pour étudier de manière systématique les entrées environnementales dans les cours des programmes préuniversitaires

Et la récente conférence de Copenhague 2009, quelle place à l’ERE ?

On ne peut nier l’importance que les changements climatiques ont pris dans la conscience environnementale des citoyens de la planète. Quand on songe au rôle majeur que peut et doit jouer l’éducation relative aux changements climatiques, on peut s’étonner qu’il n’en ait pas été question à la récente conférence de Copenhague, alors que nous sommes à mi-chemin de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation au service du développement durable. Même si cette réalité nous déplaît, nous devons poursuivre l’effort individuel de lutte contre les gaz à effet de serre (GES), conscients que l’adhésion collective à cette lutte pourra faire toute une différence.

Notes biographiques

Détenteur d’un doctorat en chimie de l’Université de Strasbourg, Robert Litzler a enseigné comme professeur au département de chimie du Collège de Rosemont pendant 30 ans et comme chargé de cours à l’UQAM et à l’UQTR. 

Il est à l’origine du virage environnemental du Collège de Rosemont. En avril 1991 il crée la SOPECOR, dont les actions innovantes, tant au sein de l’institution que dans la communauté montréalaise, donneront au Collège de Rosemont sa réputation de chef de file en environnement au Québec, notoriété qu’il conserve encore aujourd’hui, tant son engagement en environnement continue de progresser non seulement sur la scène québécoise, mais aussi au Canada et dans la francophonie.

En 1995, Robert Litzler est nommé à la présidence de l’Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement (AQPERE), fonction qu’il occupe toujours. Durant ces quinze années, l’AQPERE participera comme partenaire majeur de la naissance du mouvement Planèt’ERE, né au Québec et destiné à réunir tous les quatre ans au forum Planèt’ERE, les acteurs oeuvrant en éducation relative à l’environnement des pays, ayant le français en partage. Robert Litzler est membre de l’exécutif de l’Organisation Internationale Planèt’ERE.





 
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