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Bouclez la boucle - Gros plan sur les activités du CTTÉI de Sorel-Tracy



Note de l'éditeur : l'article qui suit était déjà écrit, suite à une entrevue de M. Emmanuel Rondia avec Mme Hélène Gignac, directrice du CTTÉI, au moment où le journal La Presse a publié dans un portfolio Sorel-Tracy un article de Mme Émilie Laperrière sur ce même Centre, sous le titre "Développement durable _ Vers le titre de première technopole en écologie industrielle du monde". Les lecteurs pourront se référer aussi à cet article, pour un complément d'information : La Presse affaires, Portfolio 19 octobre 2011, p 18.

Dans le cadre de notre série de capsules consacrées aux Centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT) actifs en environnement, nous vous invitons à découvrir les activités du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI) de Sorel-Tracy.

Écologie industrielle, symbiose industrielle, 3 RV, gestion des matières résiduelles… Pour en savoir plus sur ces différents domaines d’activités, nous avons posé quelques questions à la Directrice générale du CTTÉI, Mme Hélène Gignac.

Consolider l'expertise des entreprises québécoises dans le domaine de l’écologie industrielle
Le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI) est né en 1999 de la volonté du Cégep de Sorel-Tracy et de la région Pierre-De Saurel de mettre le cap sur l'environnement suite à la 1re Conférence internationale sur l’écologie industrielle tenue à Sorel-Tracy en 1998. Le Centre a pour mission d’accroître la performance des entreprises et des collectivités par la recherche et le développement d’approches et de technologies novatrices en écologie industrielle, en privilégiant la mise en valeur des résidus, les écoproduits et l’établissement de synergies industrielles.

Les domaines et créneaux d’expertises du CTTÉI couvrent sept secteurs :

  • La mise en valeur des résidus (métallurgiques, organiques, produits électroniques);
  • Les écomatériaux;
  • Les gaz à effet de serre;
  • La Synergie des sous-produits ou symbiose industrielle;
  • La Bourse des résidus industriels;
  • La chimie verte;
  • Et les technologies de tri et de gestion des matières résiduelles.

Depuis 2009, le CTTÉI travaille à mettre en place, de concert avec le Technocentre en écologie industrielle, une véritable plateforme de recherche et développement sur l’écologie industrielle et le développement durable, soit des installations de recherche, de développement et d'essais dans l’ancienne mairie de Tracy située en face du Collège. Le réaménagement du CTTÉI dans ces nouveaux locaux est prévu en 2012.

L’écologie industrielle, quand le déchet devient ressource.
Faire la démonstration que le déchet peut devenir une ressource et constituer une valeur ajoutée pour l’entreprise, voici le principal mandat du CTTÉI. De contrainte, l’environnement devient opportunité d’affaires via le développement de nouveaux produits et de technologies propres. Le but ultime est l’optimisation totale du cycle de vie des matériaux, de l’eau et de l’énergie utilisés par l’ensemble de l’activité économique, stratégie visant la réduction des impacts environnementaux des activités industrielles. Cette stratégie, le CTTÉI la résume dans son slogan : « Bouclez la boucle ».

Optimiser la gestion des ressources : La symbiose industrielle
Parmi les projets menés par le CTTÉI, la symbiose industrielle illustre bien cette volonté de  «Boucler la boucle». Ce concept récent contribue à la mise en place d’un réseau d’entreprises maillées entre elles par des échanges ou des synergies de matières résiduelles, d’énergie, d’eau ou de services. L’objectif de tels projets est de créer des liens entre les entreprises d’un territoire donné, pour que les résidus des uns deviennent des matières premières pour d’autres.

La première description d’une symbiose industrielle a été effectuée en 1995 à partir du site industriel de Kalundborg (Danemark). Ce premier système s’est créé grâce à la volonté des neuf entreprises présentes. Depuis, quelques projets de symbioses industrielles ont été développés à travers le monde visant à structurer une méthodologie de mise en place d’un tel réseau. Cependant, les exemples sont rares et peu ont quitté le montage théorique pour être confrontés à la réalité des industriels. Le projet de Bécancour est d’ailleurs le tout premier projet de ce type au Québec.

Trois projets de symbiose industrielle réalisés avec des entreprises de Rivière-du-Loup, de Shawinigan et de la grande région de Lanaudière ont permis au CTTÉI de raffiner son approche et de susciter une plus grande participation des entreprises. L’appui des instigateurs de ces projets et les communications visant à publiciser la démarche faite par ces derniers ont largement contribué au succès de ces initiatives. Pour preuve, pas moins de 26 synergies ont été réalisées entre les 90 entreprises participant au projet de Lanaudière, en 8 mois seulement. Une centaine d’autres seront implantées au cours des mois à venir.

Prendre conscience de la valeur des matières résiduelles
S’inscrivant en lien avec la Politique de gestion des matières résiduelles québécoises, l’approche du CTTÉI consiste à favoriser la hiérarchie des 3 RV où la réduction et le réemploi priment sur le recyclage et la valorisation énergétique. Réemployer une matière en un nouveau produit sans la transformer chimiquement ou réintroduire un rejet de production dans le procédé lui-même, c’est la première solution que le CTTÉI propose aux entreprises.

Afin de faire connaître aux entreprises la valeur que peut recéler certaines des matières résiduelles qu’elles envoient à l’enfouissement, le CTTÉI a mis en place en 2005 la Bourse des résidus industriels (BRIQ), en collaboration avec RECYC-QUÉBEC et le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. Cette bourse d’offres et de demandes permet aux PME et aux grandes entreprises d’afficher leurs besoins en termes de matières et de favoriser les synergies entre les entreprises. À titre d’exemple, des résidus de papier non recyclables entrent dans la composition de combustible alternatif ou la fabrication d’un isolant cellulosique recyclé ; des eaux usées sont utilisées comme matière résiduelle fertilisante en agriculture et des cendres volantes, dans le béton (Site Internet de la BRIQ : www.briq.ca).

Une diversité de projets et de volets de recherche appliquée et d’aide-conseils
Dans le cadre de ses activités, le CTTÉI est amené à développer des projets diversifiés comme en témoignent les deux exemples suivants :

  • Extraction d’oméga-3 par CO2 supercritique à partir de résidus québécois de production et de transformation de la moule bleue (mytilus edulis)

L’industrie québécoise de la culture et la transformation de la moule génère de grandes quantités de biomasse marine résiduelle, dont l’enfouissement constitue une problématique environnementale et économique importante. Le projet actuel vise à démontrer la faisabilité technique et à définir les paramètres optimaux pour l’extraction d’un concentré d’oméga-3 à partir des moules déclassées générées par l’industrie gaspésienne. La technique choisie est une méthode de la chimie verte, soit l’extraction par CO2 supercritique, qui permet d’extraire des composés lipidiques sans utilisation de solvant organique. Le rendement et la qualité de l’huile obtenue permettront d’évaluer le potentiel pour un transfert technologique, qui permettrait à l’industrie de générer une nouvelle activité économique à partir de résidus problématiques.

  • Faisabilité de la récupération et du recyclage du polystyrène post-consommation

Le CTTÉI a été mandaté pour la réalisation d’une vaste étude visant à évaluer la faisabilité technique et économique de collecter et recycler le polystyrène post-consommation au Québec. Financé par de nombreux partenaires privés et publics, dont le Consortium de recherche en plasturgie et composites du Québec (CRPCQ), RECYC-QUÉBEC et ÉcoEntreprises Québec, ce projet d’envergure permet de comparer la collecte en centre de tri à la collecte par point de dépôt, de vérifier les propriétés mécaniques du polystyrène récupéré, d’identifier les marchés potentiels et d’évaluer les scénarios de collecte et de mise en valeur les plus intéressants économiquement. À l’heure actuelle, la majorité du polystyrène prend le chemin de l’enfouissement.

Un réseau solide de partenaires et de collaborateurs
Le CTTÉI regroupe, outre le Cégep de Sorel-Tracy, des industries génératrices de rejets désireuses de s'inscrire dans le développement durable, des PME du secteur de l'environnement, et des partenaires gouvernementaux. Il compte aujourd’hui une douzaine de professionnels (ingénieurs, chimistes, techniciens) qui travaillent au développement de nouveaux produits à partir de matières résiduelles. Un parc d’équipements de laboratoire et d’essais permet de caractériser les matières et de les mettre en forme.

Des liens étroits avec l’enseignement
Le personnel du CTTÉI accompagne régulièrement les étudiants dans leur participation à des concours et à la réalisation de projets synthèses. Depuis 2002, en complicité avec la Fondation du Cégep de Sorel-Tracy, le CTTÉI finance une bourse en environnement de 400 $ remise à des étudiants qui se sont démarqués au cours de la dernière année dans le cadre de réalisations concrètes, une initiative qui a été renouvelée pour les cinq prochaines années.

Deux professeurs-chercheurs collaborent régulièrement aux travaux du CTTÉI dans le cadre des projets financés par le Programme d’aide à la recherche technologique (PART) : Marie-Claude Brouillard et Marc Olivier, tous deux enseignants au DÉC en Environnement, Hygiène et Sécurité au travail (EHST). Dans chacun de ses projets PART, le CTTÉI inclut également la participation d’un stagiaire du DÉC en EHST et fait appel à certains étudiants pour des travaux de caractérisation ou de gestion des matières résiduelles. Ainsi, trois étudiants du DÉC ont été appelés à collaborer sur différents projets au cours de la dernière année. À l’inverse, le personnel régulier du CTTÉI fait à l’occasion des interventions dans le cadre de certains cours afin de présenter aux étudiants des cas concrets de mise en valeur de résidus industriels. Ces présentations sont combinées à des visites des laboratoires où les équipements et leurs usages sont discutés.

Pour en savoir plus
Visitez le site Web du CTTÉI : www.cttei.qc.ca ou contactez le Centre au 450-742-6651 poste 5301.





 
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